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COXALGIE

SYMPTÔMES

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I Elle peut se développer à tous les âges de la vie, cependant elle est beaucoup plus (Commune dans l’enfance et l’adolescence qu’à tout autre âge. Son maximum de ! fréquence est entre là deuxième et la quinzième année.

§ n. — Ganses-

Les causes les plus variées ont été invoquées dans la production de la coxalgie. Il y a lieu ici, comme dans les tumeurs blanches en général, de les classer sous deux chefs correspondant à leur mode d'action. 1° (le sont des causes prédisposantes, parmi lesquelles figurent en première ligne le lymphatisme et la complexion scrofuleuse. C’est grâce à cette prédisposition que les provocations les plus légères peuvent donner lieu à la maladie. C’est à titre de prédisposition , sans nul doute, qu’intervient l 'hérédité dont l’influence est incontestable. Quant à Y âge, nous venons de dire que la coxalgie est l’apanage de l’enfance. Ainsi Crocq (1) compte h h pour 100 au-dessous de dix ans, et seulement 22 pour 100 au-dessus de cet âge. On a aussi attribué une influence à la répercussion et même à la simple action de certains exanthèmes, tels que la rougeole, la variole et la scarlatine. La rougeole, selon Bonnet, serait celle qui prédisposerait le plus à l’arlhropathie. 2° Les causes occasionnelles sont très -nombreuses, et si l’on peut jusqu’à un certain point et le plus généralement, leur refuser tout pouvoir sans le concours de la prédisposition, il en est cependant une qui semble jouir d’une action propre d’une incontestable efficacité : c’est la tuberculisation de la séreuse articulaire ou des parties osseuses qui composent l’articulation. Des auteurs mettent aussi sur le compte de la syphilis un certain nombre de tumeurs blanches de la hanche (Lloyd, Brodie, Crovvther). A côté de la tuberculisation et de la syphilis se place le rhumatisme articulaire, mais dont l’action n’a évidemment d’effet qu’autant que l’aptitude spéciale de l’organisme se prête à l’altération qui constitue la coxalgie. Viennent ensuite les violences extérieures, comme les chutes, les contusions, les écarts, les fatigues excessives, etc. , etc. Ces dernières peuvent retentir directement sur les os des jointures.

« De ce que les parties molles articulaires, disent Martin et Collineau (2), sont les victimes accoutumées des violences extérieures, il ne faudrait pas conclure que les parties osseuses soient à l’abri de leurs effets. L’immunité de celles-ci est presque une question de hasard. Elle dépend du point où la puissance que comporte le traumatisme se brise contre la résistance que lui opposent les tissus organiques. Combien de violences extérieures respectent les couches cellulaire, fibreuse, musculaire qui recouvrent les os, pour porter sur la diaphysc de ceux-ci la somme de leur action désorganisatrice ? Les périostites, les ostéites, les fractures directes, nous en fournissent des exemples journaliers. »

§ III. — Symptômes.

La douleur et la claudication , un sentiment de fatigue plutôt que de la douleui proprement dite; une paresse dans les mouvements du membre plutôt qu’une claudication véritable, voilà, en effet, dans leur subtilité initiale, les troubles pré-

(1) Crocq (de Bruxelles), Traité des tumeurs blanches des articulations. Bruxelles, 1853.

(2) Martinet Collineau, toc. cit., p. 3(jG.

MALADIES DE J.’APPAKEIL LOCOMOTEUR

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curseurs de la coxalgie. I.a durée de cet étal est d’une appréciation diffièile, d’abord il échappe à l’attention, et c’est par le souvenir que l’on constate le moment de son apparition alors que déjà il est aggravé (Martin et Collineau).'

La douleur est quelquefois d’une violence extrême dès l’abord, d’autres fois elle est obscure, fugace, et le lieu où elle se fait sentir est variable. C’est le plus souvent au niveau du pli de l’aine, en dedans de l’artère crurale ou bien en arrière du grand trochanter. La pression en ces lieux la réveille ordinairement. On la provoque plus sûrement encore au moyen d’un léger choc exercé avec la paume de la main sur le grand trochanter, ou mieux encore sur le genou plié en donnant une secousse au fémur de bas en haut. Guersant conseille d’imprimer au membre de faibles mouvements de rotation de dehors en dedans, la cuisse étant légèrement lléchie. La douleur se fait encore sentir loin de la hanche, au genou vers les condyles du fémur, au jarret, à la face antérieure de la rotule, dans toute l’articulation tibio-fémorale, dans la partie supérieure de la jambe, et même jusque dans l’articulation tibio-tarsienne. La douleur du genou est quelquefois assez intense pour faire croire à une affection de cette partie. On a donné différentes théories pour expliquer cette douleur sympathique, mais nous ne pouvons les rapporter ici.

En même temps que la douleur et souvent avant son apparition, il n’est pas rare d’observer que dans la station verticale, le sujet, au lieu de tenir ses deux jambes sur le même plan, laisse l’une d’elles, celle qui est malade, sur un plan un peu antérieur. Le genou de ce côté fait un léger relief, l’extension de la jambe est incomplète et la pointe du pied regarde un peu en dehors. Dans la marche, l’agilité du membre paraît amoindrie, la pointe du pied effleure légèrement le sol.

Bientôt après on remarque dans le membre malade des variations de longueur apparente ou réelle. Le bassin s’incline transversalement et s’infléchit en avant, de telle manière qu’une des crêtes iliaques s’abaisse, tandis que l’autre se relève et que la partie inférieure du bassin se porte en arrière. Les changements de rapport entre le fémur et le bassin qui résultent de celte position, font paraître les deux membres d'inégale longueur à la vue et à la mensuration. Mais, tandis que ces variations ne sont qu’apparentes, il peut en survenir de réelles, soit que le fémur du côté affecté soit en effet plus court que l’autre, soit que la tête ait éprouvé un déplacement. Nélaton (1) fait remarquer que le raccourcissement du fémur du côté malade ne s’observe que chez les individus qui ont été affectés de coxalgie dans leur enfance. Le membre condamné à l’inaction pendant la durée de l’affection articulaire subirait une espèce d’atrophie, avec arrêt de développement, ce qui produirait entre les deux membres une différence de longueur d’autant plus prononcéequela maladie durerait plus longtemps. La luxation de la tête du fémur dans la fosse iliaque externe, ou son passage à travers la cavité cotyloïde perforée, produisent un raccourcissement réel, tandis qu’au contraire il y a allongement quand la luxation a lieu dans la fosse ovalaire.

Les déviations du bassin et les déplacements du fémur s’accusent chez les coxalgiques par des déformations de la hanche. Le pli de la fesse est abaissé ou remonté, et chez les petites filles on remarque que la grande lèvre du côté correspondant à

(1) Nélaton, Éléments rie pathologie chirurgicale, t. II, p. 204.

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