‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 142 sur 494 · TOUR DE REINS · texte numérisé non relu

TOUR DE REINS

La plupart des auteurs, avant ces derniers temps, regardaient le tour de reins comme une variété du lumbago . Quelques auteurs récents ont attribué la douleur 'vive qu’éprouvent les sujets qui en sont atteints à une rupture de quelques fibrilles des muscles sacro-lombaires. Aucune de ces opinions ne doit être adoptée, quoique la première se rapproche plus de la vérité. Nous avons observé maintes fois le tour fie icins, et nous n avons jamais rien vu qui ressemblât à la rupture des fibres musculaires ou aponévrotiques ; d’un autre côté, comme on le verra plus bas, des douleurs semblables peuvent se montrer dans les membres et dans les parties du îonc autics que les lombes, sans qu’il y ait eu un effort assez considérable pour <[ pi on puisse supposer que des fibres musculaires ont été rompues; ces raisons nous

(1) Bonnet, Maladies des articulations. Paris, 1845, t. II, p. 527.

Gosselin, Rapport à la Société de chirurgie sur un travail de Gillebert d’Hercourt, De immobilité ‘prolongée et du redressement lent et gradué de l’incurvation vertébrale dans le | 'traitement de la maladie de l'oit ( Gazette médicale des hôpitaux, 1858,p. 72).

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MALADIES DE L’APPAREIL LOCOMOTEUR

paraissent suffisantes pour faire rejeter l’opinion qui attribue le tour de reins à la rupture des fibres musculaires ou aponévrotiques.

Mais est-ce un rhumatisme, un lumbago? C’est ce qu’on ne peut admettre dans le sens absolu du mot, parce que la contraction violente du muscle suffit pour produire la douleur, et que le nom de rhumatisme implique l’idée d’une autre cause qu’une simple violence extérieure. Il y a cela de remarquable, que cette douleur se produit presque toujours chez des sujets qui ont éprouvé plus ou moins fréquemment des atteintes de rhumatisme musculaire. Quand on regarde, ainsi que nous l’avons fait, ce rhumatisme comme une névralgie ayant son siège dans les muscles, ce que l’affection a de singulier au premier abord disparaît bientôt. Dans un certain nombre de cas, la névralgie peut se produire brusquement; pourquoi n’en serait-il pas de même du rhumatisme musculaire, qui est de la même nature ?

§ I. — Définition, synonymie, divisions.

Le tour de reins n’est autre chose que le résultat d’une contraction violente de la masse musculaire des lombes, chez des sujets ordinairement prédisposés, résultat qui consiste en une douleur très-vive et survenue brusquement.

Cette affection a été décrite sous le nom de lumbago , lumbago aigu. Elle est assez fréquente; on l’observe principalement dans les hôpitaux, où se trouvent les sujets qui font le plus fréquemment des efforts pour soulever des fardeaux, etc.

§ n. — Causes.

Ceux qui y sont le plus sujets sont les rouliers, les camionneurs, ceux, en un mot, qui exercent des professions dans lesquelles il faut se baisser pour saisir à terre un objet très-lourd et l’enlever avec effort. C’est au moment même où les muscles de la partie postérieure du tronc entrent vivement en contraction pour enlever le fardeau de terre, que la douleur se déclare et arrête le mouvement commencé. Il suffit quelquefois d’un redressement brusque du tronc, d’un mouvement rapide de torsion, pour produire le même effet, et on le conçoit bien, puisque la seule condition qui soit nécessaire pour la production de la maladie est une contraction très-rapide et généralement très-puissante du muscle affecté. Nous disons généralement, parce qu’il y a encore ici une restriction à faire. Il n’est pas très-rare, en effet, de voir des individus être saisis brusquement d’une douleur lombaire des plus vives, dans un mouvement peu violent. Cet effet a lien principalement chez les sujets très-exposés au rhumatisme musculaire.

§ III. — Symptômes.

Les symptômes sont très-simples. La douleur est des plus vives. Elle ne se manifeste guère que dans le mouvement; mais alors elle est telle, que le malade ne peut absolument pas se retourner dans son lit, et que, s’il veut chercher à se mettre sur son séant, à peine a-t-il commencé la contraction nécessaire pour cela, qu il s’arrête et retombe. Le décubitus sur le dos est presque toujours forcé.

La douleur à la pression n’est nullement en rapport avec celle que produisent les moindres mouvements.

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