‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 158 sur 494 · URTICAIRE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

URTICAIRE. — TRAITEMENT

grouper autour de quelques articulations ; qu’apparaissant ordinairement le soir et la nuit, elle se développe pourtant quelquefois pendant le jour sous l’influence du froid ; qu 'enfin , elle s’accompagne de picotements et d’élancements plutôt que de démangeaisons vives, Bazin rattache à l’arthritis l’origine de cette urticaire, dont la durée varie de quelques mois à plusieurs années.

Urticaire chronique dartreuse (cnidosis dartreux de Bazin). — Cette urticaire répond assez exactement à Yurticaria evanida. I.es plaques sont arrondies ou irrégulières, quelquefois figurées en forme de lignes sinueuses et saillantes ( urticaria tU/rata ) , tantôt complètement pâles et dépourvues d’auréole érythémateuse, ou bien décolorées à leur centre. Ces plaques sont habituellement disséminées çà et là sur les diverses parties du corps; d’autres fois, elles se groupent sur des surfaces plus ou moins étendues ( urticaria conferta), d’où résulte un gonflement particulier ( urticaire œdémateuse ) qui se produit dans les régions où le tissu cellulaire est lâche et peu abondant (scrotum, paupières) (Bazin). La chaleur du lit, les approches de la nuit, favorisent le développement de l’éruption. Affection des plus tenaces et des plus promptes à récidiver ; elle est précédée et s’accompagne d’un prurit porté au plus haut degré d'intensité, qui souvent même persiste après elle, alors que pendant le jour, on ne retrouve plus que de simples papules rosées, à peine reconnaissables. ]

§ IV. — Diagnostic.

« Dans le lichen urticans, qui pourrait en imposer pour quelques cas d’urticaire, les papules sont arrondies, bien moins étendues, moins saillantes ; leur teinte est plus foncée ; elles sont plus résistantes sous le doigt ; elles ne disparaissent jamais spontanément, et enfin elles présentent toujours, aux environs, les éléments propres du lichen : de véritables papules, qu’il suffit d’avoir vues une seule fois, pour ne jamais les confondre avec les plaques de l’urticaire.

» L 'urticaria tuberosa pourrait, dans quelques circonstances, être confondue avec Vertphema nodosum. La marche aiguë, continue et persistante de l’érythème suffira, dans tous les cas, pour le séparer de cette variété grave de l’urticaire, qui se présente avec des caractères tout à fait opposés. » (Cazenave. )

§ V. — Traitement.

Nous signalerons l’utilité des émissions sanguines, et principalement de la saignée générale , lorsque la fièvre est intense et l’agitation grande. Toujours, en pareil cas, la saignée apporte du jour au lendemain un calme remarquable, et jamais elle n'entraîne le moindre accident.

« L urticaire, qui est le résultat de causes directes, ne réclame, le plus souvent, aucun traitement. Des applications locales acidulées , un bain tiède ou deux, des limonades légères, seraient les seuls movensà employer, si l’éruption ne disparaissait pas promptement. Des lotions avec 1 acétate de plomb liquide é. tendu d’eau, avec une dissolution de sous-carbonate de potasse, ou même des bains entiers, rendus alcalins par l addition de ce sel, sont quelquefois nécessaires pour calmer les démangeaisons très-vives, surtout lorsque l’éruption a été produite par le contact de certaines chenilles.

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAT

« 1/ urticaire fébrile simple cède facilement à un régime sévère, à des boissons rafraîchissantes et à quelques bains tièdes. De légers purgatifs sont souvent utiles. Alais lorsqu’elle est le résultat de l’ingestion de certains aliments, il faut se hâter de provoquer le vomissement , s’il n’a pas déjà eu lieu. On donnera ensuite une boisson fortement acidulée (eau d’orge avec 1 ou 2 grammes d’acide sulfurique médicinal par pinte), ou bien de l’eau sucrée, et, chaque demi-heure , de trente à quarante gouttes d'éther sur un morceau de sucre. »

Stanislas Martin (1) avance qu’une cuillerée à bouche A' alcoolat de mélisse dissipe presque instantanément le ballonnement du ventre, les envies de vomir et les démangeaisons de la peau, lorsque l'urticaire est produite par des aliments irritants, et surtout par les moules.

[Selon la nature arthritique ou dartreuse de l’urticaire, on prescrirait les médications que réclament ces deux maladies constitutionnelles, indépendamment des moyens thérapeutiques indiqués précédemment et applicables à toutes les espèces d'urticaires.

Dans les cas d’urticaires symptomatiques de maladies fébriles, le traitement doit s’adresser à l’état morbide dont 1’alîection cutanée n’est le plus souvent qu’un symptôme ou une complication sans importance. L’indication consisterait à s’efforcer de calmer les démangeaisons par les moyens usités en pareils cas, à la condition qu’ils ne puissent être contre-indiqués par rien dans l’état morbide principal. ]

Dans un cas très-rebelle, où un grand nombre de médications avaient été employées en vain, Fabre (2) conseilla au malade de s’envelopper quelque temps avant la période d’exacerbation, dans un drap mouillé qu’il renouvelait au besoin s’il s’échauffait trop vite. Après trois semaines de ce traitement, l’exanthème avait disparu.

Marrotte (3) a obtenu la guérison d’une urticaire chronique, qui avait résisté pendant plus de six mois à des médications diverses, à l’aide de pilules contenant 5 centigrammes d’extrait d’aconit, à la dose de deux par jour d’abord, et portées rapidement jusqu’à douze. En trois semaines, la guérison fut complète.

« Lorsque l’urticaire accompagne une fièvre intermittente, il faut combattre cette dernière affection par une médication convenable. C’est ainsi que l’on obtient quelquefois beaucoup de succès du sulfate de quinine; les accès fébriles cessent, et le plus souvent avec eux disparaît l’éruption. Enfin, si le quinquina avait échoué et si l’urticaire intermittente se présentait avec les symptômes graves dont nous avons parlé, on pourrait avoir recours à la solution de Fonder avec des chances de succès. » (Cazenave. )

(1) Stanislas Martin, Bulletin général de thérapeutique, mai 1850, p. 410.

(2) Fabre, Ann. de ta Soc. de rnéd. de Bouler s, et Journal des cannants, rnéd-chir.p

1 6 mai 1851 .

(3) Marrotte, Annotes de thérapeutique, et Journal des connaissances médico-chi'rurg . ,

août 1847.

HERPES

CAUSES

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