ECZÉMA CHRONIQUE
Toujours accompagné d’un peu de suintement.
Prurit.
Siège indifférent.
PSORIASIS.
Squames sèches, chatoyantes, minces.
Prurit nul.
Siège de prédilection : coudes, genoux.
Pronostic. — A l'état aigu, l’eczéma est généralement line affection légère dont la guérison est prompte. A l’état chronique, il peut, ainsi que nous l’avons vu plus liant, durer un temps illimité et devenir une maladie, sinon grave, au moins très-incommode par sa ténacité. Dans ce cas, du reste, le pronostic est subordonné à certaines conditions qu’il est facile de prévoir, telles que la cause de la maladie, la constitution du sujet, etc. , etc.
La fréquence des récidives e st une circonstance qui impose une certaine réserve quand il s’agit de porter le pronostic de l’eczéma.
[ Mais l’attention doit surtout être éveillée, si, en face d’un de ces eczémas chroniques généralisés dans lesquels le produit de suintement en se concrétant à la surface de tout le corps, forme une sorte d’enduit imperméable, on se rappelle l’importance du fonctionnement régulier de la peau et les célèbres expériences dans lesquelles des animaux recouverts d’une couche de vernis servaient à démon-
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trer le danger inhérent à la suppression brusque d’une pareille surface d’exhalation. Nous ne pouvons ici insister plus longtemps sur l’importance d’un pareil sujet, et nous devons seulement rappeler les métastases que l’on a signalées comme s’observant fréquemment dans le cours de l’eczéma. Quoique plusieurs auteurs la rangent parmi celles-ci, la tuberculisation pulmonaire paraît n’être, pour Bazin, qu’une période plus avancée de la maladie (scrofule) qui aurait reçu pour ainsi dire un coup de fouet d’un traitement intempestif mis en usage. Notons encore le catarrhe bronchique ou intestinal, l’hydropisie de quelqu’une des grandes séreuses, états morbides qui sont généralement acceptés à titre de métastases ou au moins de complications assez fréquentes de cet eczéma que plusieurs auteurs s’accordent à décrire sous le nom de dartreux. ]
§ VIII. — Traitement.
Pendant bien longtemps l’eczéma a été décrit avec d’autres affections de la peau sous le nom vague de dartres. A l’occasion du traitement, nous retrouvons tous les inconvénients de cette confusion et du vague dans lequel étaient nécessairement les auteurs en présence d’espèces mal caractérisées. Cette fâcheuse condition, qui se représentera plus d’une fois dans l’étude des maladies de la peau, nous obligera à ne pas insister sous le rapport thérapeutique, sur des moyens dont les indications sont pour nous incertaines, le diagnostic des affections contre lesquelles ces moyens étaient employés n’étant pas encore établi sur des données positives. C’est après avoir constaté ce fait, et en rappelant que beaucoup d’agents employés et vantés dans cette affection ont besoin du contrôle d’une observation nouvelle, fondée surtout sur un diagnostic précis, que nous allons exposer le traitement de l’eczéma.
[C’est ici qu’il est indispensable de rappeler combien il est nécessaire de s’enquérir, avant d’établir un traitement de l’eczéma, si le malade ne vit pas sous l’empire d’une diathèse héréditaire ou acquise ; le plus souvent tout le secret de la thérapeutique est là. (Bazin.)]
1° Traitement de T eczéma aigu. — Si l’eczéma aigu se présente sous sa forme simple, si l’inflammation est franche et modérée, on prescrira la diète , les émollients, le repos de la partie malade. Si le sujet est jeune et robuste, et que l’éruption s’accompagne de quelques symptômes de congestion, pu y joindra les émissions sanguines générales ; mais il est rare que l’intensité de la maladie soit telle que ce moyen devienne nécessaire.
A Y intérieur, on prescrira les acides végétaux, et à Y extérieur on recouvrira la surface enflammée de cataplasmes de fécule de pomme de terre et d’eau de guimauve, mais tièdes seulement ; on fera des lotions émollientes ou légèrement narcotiques. On administrera des bains amidonnés ou gélatineux, et si l’éruption, devenue moins aiguë, tendait à se continuer, on recourrait aux bains alcalins et aux lotions alcalines.
Ce sont surtout Y eczema rubrum et Y eczema impetiginodes qui réclament l’emploi de ces derniers moyens ; mais lorsque l’inflammation est peu considérable, lorsqu’elle s’est notablement calmée, on peut, comme l’expérience nous l’a fréquemment démontré, recourir avec un grand succès à des topiques actifs qui seront indiqués tout à l’heure dans le traitement de l’eczéma chronique, et prin-
AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAl\
cipalement à la pommade suivante, que nous avons trouvée utile dans un grand nombre de maladies de la peau, lorsque l’irritation n’était pas trop vive :
Axonge 50 gram. | Calomel -. 2 à 5 gram.
Mêlez.
2° Traitement de l’eczéma chronique. — C'est surtout contre Y eczéma chronique que les auteurs ont préconisé une foule de moyens dont , le plus souvent, nous ne pouvons pas apprécier la véritable influence. Les uns ont vanté les applications locales, et font consister tout le traitement dans les médicaments topiques; les autres s’adressent plus particulièrement aux moyens généraux ; beaucoup ont réuni les deux espèces de médications, et le plus souvent, il est diffici e de dire quelle est la part de chacune d’elles, dans les effets obtenus. Quoi qu’il en soit, nous allons présenter les agents thérapeutiques qui ont été le plus généralement employés.
Médication externe. — Les bains sont très-fréquemment administrés dans toutes les formes de l’eczéma chronique; donnés simples, h une température généralement peu élevée, rendus émollients par l’addition des mucilages, de la gélatine (500 grammes par bain), ils sont surtout utiles quand il existe un certain degré d’inflammation. Dans le cas contraire, on prescrit les bains sulfureux artificiels (60 à 125 grammes de sulfure de potasse, 6 à 8 grammes d 'acide chlorhydrique pour un grand bain), ou mieux encore les bains d’Enghien, de Baréges, de Cauterets, etc.
Les bains de vapeur sont aussi administrés dans un certain nombre de cas. A. Cazenave les conseille quand l’eczéma est sec et squameux; il les administre à la température de 30 à 32° R. ; leur durée est d’un quart d’heure; mais cet auteur préfère encore les douches de vapeur dirigées sur la partie malade. Les bains alcalins qu’on fait en ajoutant à l’eau de la baignoire 100 à 125 grammes de carbonate de potasse, ont été aussi utiles dans un bon nombre des cas rapportés par les auteurs.
Les lotions alcalines sont recommandées pour calmer les démangeaisons. Thompson (1) conseille de laver les parties avec la solution suivante :
If Acide cyanhydrique 4 gram. | Émulsion d’amandes amères. 240 gram.
On a aussi vanté les lotions avec Veau de son vinaigrée , l’eau de Goulard, le sulfate d’alumine; Compagnon) (2) a recommandé les lotions de sublimé; Bertrand (3) a conseillé celles de sulfure de potasse.
Enfin, suivant Biett et Cazenave, la solution suivante aurait une très-grande utilité dans les mêmes circonstances :
gC Borax 2à8 gram. | Eau commune 600 gram.
Dissolvez. Pour lotions, trois ou quatre fois par jour.
Dans le but de changer le mode de vitalité de la peau, on a conseillé l’applica-
(1) Thompson, voy. Copland, toc. cit.
(2) Compaguero. Gazette médicale, 1831.
^3) Bertrand, Recueil périodique de la Société de médecine, t. XLVI11.