ECZÉMA. — TRAITEMENT
tion d’un vésicatoire sur la partie môme occupée par l’éruption. C'est dans le même but qu’on a employé la cautérisation avec le nitrate d’argent, l’acide chlorhydrique, etc. En général, la cautérisation est dangereuse; Cazenave la rejette comme hase de traitement.
Nous rapprocherons de ces moyens les pommades dont plusieurs médecins font peut-être un usage excessif. Les plus communément employées sont celles dans lesquelles l’axonge se trouve unie au camphre (25 centigr. à 1 gram. pour 35 gram. ), à Y oxyde de zinc (5 à 8 décigrammes pour 30 grammes); au calomel (de 1 à 2 et 5 grammes pour 50 grammes); au protoiodure de mercure (de 5 décigr. à 2 gram. pour 30 grammes); au goudron (de 2 à à grammes), etc., etc.
Miallie nous a donné la formule de la pommade suivante :
If Axonge récente AO gram. | Extrait d’opium 1 gram.
Turbilh nitreux 2 gram. |
Dissolvez l’extrait d’opium dans quelques gouttes d’eau; ajoutez le turbilh, puis l'axonge, et broyez le tout dans un mortier de porcelaine, jusqu’à ce que le mélange soit parfaitement homogène. Cette pommade s’emploie en onctions légères, matin et soir.
Trousseau (1) emploie les bains de sublimé à la dose de 15 grammes, dans l’eczéma impéligineux des enfants.
« Quant aux moyens locaux à employer contre l’eczéma chronique, s’ils sont moins limités que dans la forme aiguë, ils doivent cependant être conseillés avec la plus grande sobriété. Il faut avant tout, et même dans les cas les plus rebelles, éviter les topiques irritants. S’il y a sécrétion abondante, on fera mettre, le jour, sur les parties malades, un linge fin recouvert de taffetas gommé; le soir, on saupoudrera avec de l’amidon... En général, d ne faut pas employer de pommades; mais il faut principalement bannir du nombre des topiques, dans le traitement de l’eczéma, les sulfureux, que l’on a cependant vantés comme une panacée. » (A. Cazenave. ) Ajoutons néanmoins que nous avons vu souvent réussir, dans ces cas, les onctions avec la pommade au goudron ou à Y huile de code, sans oublier de mentionner ici un fait extrêmement remarquable que Cossy a observé dans le service de Louis, et dont il a rendu compte (2).
Un homme malade depuis un grand nombre d’années, et ayant tout le corps couvert d’une couche épaisse de squames, fut guéri par le brossage à l’aide d’une brosse très-dure mouillée avec un liquide dont celui qui dirigeait le traitement ne voulut pas faire connaître la composition. Le brossage était fait si rudement, que, dans les premiers temps surtout, la peau était couverte de sang, et que dans le cours du traitement, qui dura plusieurs mois, on usa une brosse jusqu’au bois, et une autre à moitié. Le malade fut parfaitement guéri de son eczéma, qui lui rendait la vie insupportable, et qui avait résisté à un très-grand nombre de moyens de traitement, dont plusieurs avaient été mis en usage à l 'hôpital Saint-Louis pendant très- longtemps. Le liquide employé paraissait alcoolique.
Un résultat semblable ayant été obtenu par Thiry (3), à l’aide de moyens qui nous sont connus, meniionnons-le ici.
(1) Trousseau, Bulletin général de thérapeutique, février 1847.
(2) Cossy, Archives de médecine , 4e série, t. XI, p. 318.
(3) Thiry, Presse médicale belge , et Journal des connaiss. mcd.-chir. . janvier 1850.
qoî5 AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU.
Il s’agissait d’un eczéma chronique occupant tonie la surface du corps, durant depuis deux mois, ayant produit de nombreuses croûtes, ainsi que l’épaississement du derme, donnant lieu à un suintement abondant, à une vive démangeaison, à la rétraction permanente des muscles, it des accidents généraux très-graves. La guérison fut obtenue en six semaines par le traitement suivant :
A V extérieur, bains de carbonate de potasse et bains d’amidon alternant tous les deux jours. Tous les jours, frictions prolongées avec l’onguent suivant :
3e Suie de bois 30 gram.. | Axonge 120 gram.
Ajoutez :
Huile de jusquiame noire, .. h gram. | Huile d’amandes douces. ... 4 gram.
Mêlez.
Compression graduée des membres au moyen de bandes roulées el amidonnées, et soutenues par des cartons dans les points où il y a beaucoup de muscles.
A Y intérieur , le mélange suivant :
lodure de soufre 50 centigr. ! Eau de sureau 120 gram.
Rob de sureau 8 gram . [
Mêlez. Dose : quatre cuillerées par jour.
Pour boisson, décoction des quatre bois sudorifiques.
Pour régime, légumes et viandes blanches.
Enfin, "Wilson a guéri des eczémas tant aigus que chroniques en murant la surface malade d' une couche de collodion , moyen sur lequel nous aurons plusieurs fois occasion de revenir à propos des autres affections cutanées.
Moyens internes. — Souvent administrés comme adjuvants, ils sont choisis, tantôt dans les purgatifs, tels que les eaux de Sedlitz, de Pullna, l’huile de ricin, le calomel (20 centigrammes le matin à jeun, Biett), les pilules de Plummer; tantôt dans les eaux minérales salines ou sulfureuses; tantôt dans les acides minéraux. Biett et Plumbe ont recommandé les limonades nitrique , sulfurique, chlorhydrique. Le soufre, donné à l’intérieur, n’a paru h Rayer avoir d’action appréciable sur les eczémas chroniques que lorsqu’il produisait un effet purgatif.
[Pour Bazin, le soufre est nuisible ou inutile dans la dartre; le plus ordinairement nuisible dans l’arthritis; et seulement efficace dans les affections scrofuleuses. Jusqu’à présent, il ne le donne que dans la scrofule, et peut-être l’emploierait-il aussi dans les cas d’association de cette dernière maladie et de l’arthritis (1).]
Comme médication spéciale, surtout dans les cas d’éruption ancienne et rebelle, on a préconisé à l’intérieur la teinture de cantharides , à la dose de 3, k et 5 gouttes par jour.
Biett a mis en honneur les préparations arsenicales , dont il dit avoir retiré des avantages signalés. 11 employait de préférence Yarséniate de soude et celui d'am-
(1) Bazin, Iscons sur les affections cutanées de nature arthritique et dartreuse, p. 78.
Paris, 18üQ.