GALE OU MALADIE AG ARIENNE
TRAITEMENT
nave et Schedel conseillent de désinfecter les vêtements , surtout ceux de laine, par un courant de gaz acide sulfureux, et de continuer pendant quelques jours l’usage des bains simples.
Récemment, Bazin (1) a établi en principe que les frictions doivent être pratiquées sur tout le corps, et que c’est là le point capital du traitement. Tous les moyens proposés pour la guérison de cette maladie arrivent à ce but en un peu plus ou un peu moins de temps, mais toujours avec une grande rapidité, si l’on a soin de frictionner tout le corps. Les préparations auxquelles Bazin donne la préférence sont la pommade d’Helmerich, qui guérit la gale en deux frictions lorsque la maladie est simple, l’huile de goudron ou la pommade de Bajard dans les gales compliquées d’eczéma, d’ecthyma et d’impétigo. Bazin est arrivé même à cette conclusion importante, qu’en faisant des frictions générales, on peut se servir d’un corps rjras quelconque, sans que le traitement soit très-notablement prolongé, et qu’on guérit de cette manière la gale toujours beaucoup plus rapidement que par les procédés ordinaires; car les malades qui, auparavant, avaient besoin de douze à quinze jours pour compléter leur traitement, ont été guéris de cette manière dans l’espace de deux ou trois jours.
Hardy emploie une médication encore plus prompte; il guérit en moins de deux heures :
Dès que le malade arrive, on lui frotte tout le corps pendant une demi-heure avec du savon noir, et ce nettoyage a déjà pour effet de rompre quelques-uns des sillons où se loge l’acarus; puis un bain simple d’une heure est administré, qui ramollit l’épiderme, et dans lequel le galeux continue à se frotter ; après le bain, une friction générale d’une demi-heure est faite. Le traitement dure en tout deux heures.
La pommade dont se sert Hardy ressemble, mais n’est pas identique, à la pommade d’Helmerich; elle est moins irritante et se compose de :
Axonge 300 gram. I Sous-carbonate de potasse. . . 25 grara.
Soufre 50 gram. |
Dans la pratique de la ville il sera souvent difficile de faire ce traitement : on peut alors faire frictionner le malade avec des essences étendues d’eau ou de glycérine (glycérine, 200 grammes; essence de menthe ou de lavande, 3 à U grammes).
Des bains simples dissipent otdinairement, au bout de quelques jours, les éruptions secondaires qui accompagnent la gale.
« Quatre cents malades ont été soumisà ce traitement; la guérison a été obtenue rapidement chez tous, excepté chez quatre, dont deux étaient des enfants qu, s’étaient frottés incomplètement; la gale a reparu, ainsi que chez deux autres-. Peut-être chez ces derniers avait-elle été contractée de nouveau. »
[Il ne faut cependant employer les agents parasiticides que quand l’acuité des éruptions inflammatoires concomitantes a presque complètement disparu sous l’influence des antiphlogistiques généraux et locaux. ]
Ce traitement un peu modifié a donné, à l’hôpital militaire du Gros-Caillou, des résultats tellement avantageux que, conformément au Rapport fait par le conseil
(1) E. Bazin, Nouveau mode de traitement de la gâte {Union médicale, 9 juillet 1850).