‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 198 sur 494 · MALADIE PÉDICULAIRE (PIITHIRIASE DE QUELQUES AUTEURS · texte numérisé non relu

MALADIE PÉDICULAIRE (PIITHIRIASE DE QUELQUES AUTEURS

[Quelques-unes des formes éruptives décrites dans les précédents chapitres se rencontrent sur des sujets qui portent en même temps des insectes parasites appartenant à l’ordre des hémiptères (3) : ces insectes sont connus sous le nom général de poux , et l’ensemble des désordres qui accompagnent leur présence, a reçu la dénomination de maladie pédiculaire. Ce terme est celui qui convient le mieux pour exprimer la relation entre la présence des poux et les diverses éruptions ' concomitantes. La dénomination de p/ithiriase (phthiriasis), à laquelle se rattache une opinion qui prévalait surtout autrefois et qu’aujourd’lmi on tend à abandonner, paraît s’appliquer plus spécialement à l’ensemble des troubles qui accompagnent la présence d’une espèce particulière de poux, les poux des malades ( pediculi tabescentium de Alt); c’est donc une expression improprement employée, quand il s’agit de grouper sous elle des faits pathologiques qui, nous le verrons, offrent entre eux des différences assez tranchées, et n’ont de commun que l’existence concomitante d’animaux parasites appartenant à un même ordre.

Outre la ressemblance zoologique plus grande qui rapproche les poux de tête [poux communs) et les poux de corps (vulgairement poux blancs ), il y a, en outre, dans les affections cutanées qui coïncident avec leur présence, quelques analogies : le pou du pubis, au contraire, facile à distinguer des autres espèces du même genre, en zoologie (û), s’en éloigne encore, par son siège tout spécial à la base des poils étrangers au cuir chevelu, par son mode de piqûre et la sensation douloureuse qu’elle détermine, et enfin par quelques autres particularités sur lesquelles nous aurons à insister.

Nous nous occuperons successivement des désordres qui s’observent : 1° au cuir chevelu, en coïncidence avec la présence des pediculi capitis ; 2° à la surface génei'ale du téf/ument envahi par les poux de corps ou les poux des malades ;

(1) Laitier, Communication à la Société méd. des hôpitaux, séance du 24 mai 1865.

(2) Lailler, /oc. cit. ( Union médicale , nouvelle série, t. XXVI, p. 620. Paris, 1865).

(3) Cependant Fabricius regarde ces animaux comme des hémiptères dégradés et privés d ailes (Burmeister). Telle est aussi l’opinion de A. F. de Fourcroy ( Entomologia Parisiens ù, p. 517. Paris, 1785) et de Latreille ( Familles naturelles du règne animal , p. 333. Paris, 1825), qui, tous deux, rangent les poux parmi les insectes aptères.

(4) Leacli a proposé même d'en faire un genre distinct sons le nom de phi h iras ; ce que Latreille a fait aussi de son côté (lac. cil., p. 333).

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU

enfin, 3° nous examinerons les troubles produits par la présence des pediculi pubis(\ ).

§ H. — Description et étiologie.

1° Poux de in tète. — Le pou de la tête (fig. 59) se rencontre chez les sujets malpropres, mal peignés, et surtout chez les enfants, si l’on excepte toutefois, parmi ces derniers, les individus très-jeunes, ceux, par exemple, qui n’ont pas encore mangé (Nalalis Guillot).

L’animal pique et suce le cuir chevelu à l’aide de l’appareil buccal représenté dans la figure 60 ; quant aux démangeaisons particulières qu’éprouvent les patients, elles sont produites par l’aiguillon abdominal du mâle (fig. 59, b).

Fig. 5!). — l'ou do lu têtu. — A, femelle vue do dus; /?, extrémité tllidoininule du mâle pour montrer son petit aiguillon; C, œuf ou lente attachée à un poil. (De Gcer.)

Fig. 60. — ltoslre A, mamelon buccal qui commence à faire saillie ; H, le même très-allongé et devenu tubuleux ou rosir,» ; a, corps du rostre; b, crochet de son extrémité; c, aiguillon formé de quatre soies capillaires.

Relativement aux piqûres que l'insecte fait à la peau, on a cherché à savoir dans quel but il pouvait les faire et l’on a pensé que c’était afin d’y introduire ensuite son suçoir. On a soutenu aussi que les œufs étaient par cette voie déposés dans l’épaisseur du derme et donnaient ultérieurement naissance â des tumeurs particulières sur l’histoire desquelles nous reviendrons. Mais on sait aujourd’hui, à n’en plus douter, que les œufs des poux, encore connus sous le nom de lentes (fig. 59, c), se montrent sous la forme de petits corps blanchâtres, oblongs ou même un peu piriformes, agglutinés aux cheveux.

Les poux de tête peuvent être plus ou moins nombreux. Si leur nombre est très-considérable, l’irritation qu’ils déterminent peut être suivie de la production de pustules et de croûtes impétigineuses. « Il est même une variété d’impétigo, Y impétigo granulata , qui s’accompagne presque constamment de poux, en sorte que, surtout dans ces cas, il serait impossible de dire si c’est l’impétigo qui attire les poux ou si ce sont les poux qui déterminent l’impétigo.

» Dans les cas où les poux sont en très-grande abondance, la tête est presque constamment le siège d’une sécrétion humide et visqueuse qui agglutine les cheveux. Il n’est pas rare, par suite de l’inflammation locale, de voir en même temps

(1) Caractères différentiels des quatre espèces de poux qui vont nous occupa' :

/cendré (très-lobé) 1. Pou de la tête

Corps

f oblong, à corselet distinct j blanchâtre> avec abdomen f arrondi, à corselet confondu é. Pou du pubis.

(lobé.. . 2. Pou du corps, /sinueux 3. Pou des malades.

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