MALADIE PÉDICULAIRE. — DESCRIPTION ET ÉTIOLOGIE
les pustules d’ecthyma, des furoncles, se développer à la surface du cuir chevelu, t mémo de véritables abcès se former dans le tissu cellulaire sous-jacent. Ces bcès s’ouvrent spontanément et se recouvrent d’une croûte jaunâtre, au-dessous de laquelle on a trouvé quelquefois la cavité de l’abcès remplie de poux (1). » De emblables poches pédiculaires ont été vues par plusieurs auteurs, notamment >ar A. Devergie(2), sans qu’on puisse en expliquer le mode de formation d’une açon satisfaisante ; et leur existence a servi et sert encore quelquefois de base à la théorie de la génération spontanée des animaux. Nous n’insisterons pas plus longemps sur cette question; on trouvera rapporté dans les traités spéciaux le fait singulier observé par Rust et publié par Bremser (3) ; et nous nous bornerons à rappeler cette hypothèse émise par P. Rayer, à savoir, si les poches pédiculaires ne fieraient pas formées par des follicules cutanés, dilatés, dans lesquels des pédicule miraient pénétré et se seraient reproduits (h) ?
Quoi qu’il en .soit, lorsque les poux sont réunis en nombre considérable sur le cuir chevelu, ils donnent lien aux diverses formes éruptives que nous avons déjà •appelées; souvent alors, il s’exhale du cuir chevelu une odeur particulière, pénérrante, nauséeuse, et c’est un piquant spectacle que celui de certaines chevelures animées et rendues mouvantes par leurs nombreux parasites.
2° Poux du corps. — Le pou du corps ou des vêtements !ifig. 61), longtemps confondu avec celui de la tète, en a été (distingué par de Gcer. Il se rencontre dans les différentes parties du corps, surtout auprès du cou, et dans les vêtements.
Il occasionne de très-vives démangeaisons et s’accompagne or- Idinairement de prurigo. Nous avons déjà indiqué précédemment (5) à quels caractères le prurigo pédiculaire peut être soupçonné le plus habituellement ; ajoutons qu’on l’observe principalement chez les gens âgés et placés dans de mauvaises FlG- Cl- ~ Pou du
... .... corps.
conditions hygiéniques.
3° Poux des malades. — C’est le pou des malades qui paraît produire celte maladie longuement décrite autrefois sous le nom de pkthiriase, maladie presque oubliée aujourd’hui, et dont les auteurs ont rapporté des exemples où les insectes parasites étaient tellement abondants qu’on fit intervenir l’hypothèse de la génération spontanée pour expliquer leur rapide apparition. Les faits relatés par Bremser, Moronval, Bernard Valentin, G. Ileberden, ont été souvent mis en doute (6); cependant, Jules Cloquet a vu, chez un malade, des milliers de poux accumulés dans une poche sous-cutanée; et Cazal (d’Agde) cite un vieillard de soixante-cinq ans, qui ne pouvait se gratter sans faire sortir de son cou et de ses épaules un véritable essaim de vermine. Il règne du reste sur l’origine des poches qui renferment les pediculi tabescentium , la même incertitude que pour les ftedicidi capitis.
4° Pou* du pubis. — Le pou du pubis (fig. 62), connu sous le nom vulgaire
(1) Hardy, Leçons sur les maladies de la peau. Paris, 18G3, 2e partie, p. 190.
(2) A. Dcvergie, Traité pratique des maladies de la peau, 3° édition. Paris, 1863, p. 516.
(3) P. Rayer, Dictionnaire de médecine en 21 volumes. Paris, 1826, t. XVI, p. 4 43.
(4) A. Devergie, loc. cit., p. 516.
.(5) Voy. plus haut, art. Prurigo.
(6) P. Rayer, lac. cit.., p. 445.
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île morpiun , s’attache aux poils des parties sexuelles, à ceux des aisselles, aux cils, aux sourcils, aux favoris, et jusqu’aux paupières mêmes (Celse). Cependant, ce parasite, qui, selon Moquin-Tandon (1), n’aurait été jusqu’ici rencontré que dans
la race blanche, n’envahit pas le cuir chevelu, et ne se montre qu’exceptionnellemenl en dehors de la région pubienne. Sa piqûre est plus forte que celle des autres poux; et la peau se couvre, à la suite, de petites taches rougeâtres et de gouttelettes de sang. L’insecte demeure du reste solidement attaché au tégument, et se fixe par son suçoir à la base des poils, ce qui le rend quelquefois difficile à apercevoir. Le pou du pubis ne répullule jamais avec autant de facilité que les Fw. a. — Pou du pubis. — a, son œuf, autres espèces du même genre ; et l’on peut attaciio a un poil. toujours arriver à reconnaître manifestement son
origine, étrangère à l’individu qui le porte ; ce qui n’est pas toujours possible pour les autres poux.
§ III. — Marche, pronostic.
« La maladie pédiculaire de la tête est le plus souvent fort discrète, et c’est surtout] le cas où elle a été contractée d’enfant à enfant, ou d’adulte à adulte; car alors elle ne présente pas les mêmes phénomènes. Ainsi, lorsqu’un enfant se coiffe d’un bonnet qui contient un ou plusieurs poux, ceux-ci s’attachent aux cheveux; ils donnent lieu à des pontes successives, et les poux se disséminent peu à peu à toute la surface de la peau, en y déterminant des démangeaisons, à la suite desquelles surviennent de légères érosions, par suite de grattages. L’enfant n’en est pas autrement incommodé; la peau pas autrement malade. Lorsque, au contraire, l’affection naît spontanément, il se montre des démangeaisons d’abord ; puis la peau sécrète bientôt une humeur très-visqueuse qui agglutine tous les cheveux, les rend collants, plastiques, humides à un tel point que, à la première vue, on reconnaît la maladie pédiculaire de la tête. Chose remarquable, il y a toujours une seule portion du cuir chevelu qui est affectée, à moins que la date du mal ne soit ancienne. Les poux se répandent bien sur la totalité des cheveux; mais le foyer du mal, qui est unique ou multiple, est très-nettement circonscrit. D’une part, il en résulte que les cheveux sont agglutinés en mèches plus ou moins considérables ; et, d’autre part, les poux, en se disséminant et en abandonnant le foyer d’origine, déposent, au fur et à mesure du trajet qu’ils parcourent, des lentes sur les cheveux, en sorte que ces derniers sont recouverts sur leur longueur de petits points grisâtres, arrondis, qui bientôt deviendront des insectes. La peau elle-même est excoriée, suintante, croûteuse; le derme est à nu, et, dans quelques cas même, il y existe des ulcérations grisâtres de mauvais caractère.
» Abandonnée à elle-même, la maladie pédiculaire de la tête est, pour l’enfant et pour l’adulte même, une source puissante d’incommodités; elle surexcite le système nerveux, elle amène l’insomnie, l’agitation, bientôt l’inappétence et 1 amai-
(1) A, Moquin-Tandon, Éléments de zonloc/ie médicale , 2e édit. Paris, 1862, p. 286.