‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 200 sur 494 · MALADIE PÉDICULAIRE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MALADIE PÉDICULAIRE. — TRAITEMENT

crissement ; de sorte que si l’on continuait à respecter les poux, 1 enfant pourrait omber dans une sorte de marasme (1). »

Nous ajouterons encore que, dans plusieurs auteurs, on trouve cités des cas de mort déterminée par la phthiriase : un roi, Antiochus, le philosophe Phérécyde, le liclateur Sylla, Agrippa, Yalère-Maxime, l’empereur Arnould, le cardinal Duprat >t Philippe II, roi d’Espagne, auraient été atteints de la maladie pédiculaire et auraient succombé, etc., etc. Mais, si la maladie pédiculaire a pu produire, dans quelques cas, de fâcheux effets, « elle peut, en revanche, dans certaines maladies graves, être considérée comme une solution critique très-avantageuse (A. Devergie) » (2). Nous devons nous borner à rappeler cette manière de voir, sans insister davantage.

^ IV. — Traitement.

On a souvent discuté et l’on discute encore, pour savoir s’il est toujours opportun de faire disparaître les poux. On a cité des cas qui semblent contre-indiquer •toute intervention destructive de ces parasites ; mais, en examinant de près les choses, il nous semble qu’on a prêté à la suppression des poux des inconvénients iqu’elle n’a réellement pas, et qu’il eût été plus exact de les rattacher aux moyens 'thérapeutiques eux-mêmes. Si, chez des enfants par exemple, on anéantit, sans •ménagements, une chevelure tout entière pour détruire quelques poux, il est assez naturel de croire que les troubles ultérieurs sont imputables à ce traitement intemîpeslif. L’analyse des faits nous amène à une conclusion générale semblable à la •manière de voir que nous venons de formuler, et telle est aujourd’hui l’opinion de la plupart des médecins. Il en est, des poux et des éruptions qui les accompagnent, comme de la plupart des affections cutanées, il est utile de les guérir, mais il faut

• apporter une extrême prudence dans le choix des moyens curatifs et dans la façon de les mettre en usage.

Pour guérir la maladie pédiculaire de la tête, « on fera brosser les cheveux afin d’en détacher le plus de lentes possible. On peut même faire couper la sixième ou la cinquième partie de leur longueur, et répéter celte opération tous les deux ou trois jours, en prenant le soin de faire couvrir [la tête dans la portion où ces ■ sections en enlèvent le vêtement naturel (3). » Chez les jeunes enfants, on aura rarement recours à la section des cheveux, qui pourrait devenir dangereuse, et l’on devra préférer à ce moyen les soins ordinaires de propreté. On devra, du reste,

• saupoudrer le cuir chevelu avec de la poudre de stophisaigre, ou pratiquer des onctions , soit avec de l'axonge ou de l’huile , soit avec une pommade mercurielle , soit avec la pommade alcaline suivante :

^ Axonge 30 gram. | Carbonate de potasse. 2 grain. (A. Devergie).

Le pou de corps disparaît facilement à l’aide de bains sulfureux on de fumigations cmabrêes ; mais on le détruit avec plus de promptitude encore, en employant simultanément la poudre de staphisaigre (Hardy).

(1) A. Devergie, toc. cit., p. 519.

(21 A. Devergie, toc. cit., p. 521. — Voy. aussi, pour plus de details sur le sujet, P. Rayer, lue. cit. , p. 445 et 446 (indicat. bibliographiques).

(3) A. Devergie toc. cil., p. 522,

AFFECTIONS ET MALADIES 1)E LA FEAL

Les poux (lu pubis sont facilement détruits à l’aide de frictions mercurielles ou de lotions au sublimé.

Enfin , quelle que soit l’espèce de pou que l’on ait à combattre , on doit faire changer les vêtements des malades, les faire nettoyer, lessiver, passer au soufre.

Il faut aussi, dans les cas rebelles, lorsqu’on voit répulluler les poux, s’attaquer h la constitution du malade, modifier ses conditions hygiéniques et relever les forces en administrant un traitement général.

Nous devons encore ajouter, quoique cela puisse paraître futile, qu’un même malade peut avoir à la lois la gale et la maladie pédiculaire (indépendamment d’une syphilidc) (1), et qu’en pareil cas, un examen attentif est nécessaire; puisque, à son défaut, on pourrait prendre le change sur la réalité de l’une des deux affections.]

(ARTICLE II

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