‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 202 sur 494 · FA VUS OU TEIGNE FAVEÜSE. — CAUSES · texte numérisé non relu

FA VUS OU TEIGNE FAVEÜSE. — CAUSES

1° FAVUS OU TEIGNE FAVEUSE.

§ I. — Définition.

[ Le favus est une affection contagieuse du cuir chevelu caractérisée par des croûtes sèches, de couleur jaunâtre, présentant au début la foi me de godets, et dues à la présence dans les cheveux et sur le cuir chevelu d’un parasite végétal particulier, VAc/iorion Schœnlclnii (fig. 63 et 6 û).] Le nom de favus, donné

Fig. 03. — Acliorion de Fig. 64. — Achorion de Schoenlein. — a, b, filaments du réceptacle;

Schoenlein. c, d, spores.

à cette affection, vient de ce que la pustule forme une croûte jaune, offrant une dépression centrale, ce qui lui donne un certaine ressemblance avec les alvéoles d’une ruche à miel. C’est aussi d’une ressemblance avec les semences du lupin que jui vient le nom de porrigo lupinosa.

§ IL — Causes.

1° Causes prédisposantes. — Le favus s’observe à tous les âges; cependant il se développe particulièrement dans l’enfance et dans la jeunesse. Aucun sexe, aucune saison n’y paraissent prédisposer plus particulièrement. Il en est de même du tempérament et de la constitution. Si celle-ci paraît faible et détériorée chez un certain nombre de teigneux, il faut moins regarder cet état comme une cause que comme un effet de la maladie elle-même.

A ces causes nous ajouterons la misère , la malpropreté, les fatigues, dont il est impossible d’apprécier rigoureusement l’influence ; et l’ hérédité, qui, sans nous être beaucoup mieux connue, a paru évidente dans un certain nombre de cas,

2° Causes occasionnelles. — Le porrigo favosa est essentiellement cçntagieux : Ce mode de transmission est reconnu par la plupart des médecins modernes, et entre autres par Biett, Rayer* Cazenave, Bazin, Hardy, La contagion s’opère parle contact immédiat ou par des objets ayant servi à des individus malades, tels que bonnets, linge, éponges, peigne, etc. 5 ces faits sont faciles à apprécier quand les enfants sont réunis en grand nombre, comme dans les pensions, les hôpitaux. <• Il eu est de la contagion du favus, dit Rayer, comme de celle de plusieurs autres maladies transmissibles par contact ou inoculation ; l’application des croûtes dit favus sur la peau n’entraîne pas constamment l’inoculation de cette dégoûtante éruption, a Les travaux des micrographes modernes donnent une explication très-simple de la contagion de la maladie, puisque, suivant leurs recherches, elle est constituée par

AFFECTIONS ET MALADIES DE LA PEAU

une végétation qui se reproduit avec la plus grande facilité. (Schœnleiu, Link, llemak, Lebert, Ch. llobin, Bazin, etc.)

§ III. — Symptômes.

Au début, le pot'rigo favosa apparaît sous forme de pustules extrêmement petites, ne dépassant pas le niveau de la peau, dans l’épaisseur de laquelle elles sont comme enchâssées ; elles sont d’un jaune remarquable, comme safranées, et toujours elle sont traversées par un cheveu. Liquide au commencement, la matière qu’elles renferment se concrète rapidement , et donne lieu à des croûtes qui de prime abord offrent un caractère particulier et qu’on peut regarder comme un signe pathognomonique de la maladie.

Ce mode)de début est propre h la forme appelée favus disséminé, par opposition à une autre forme à laquelle on a donné le nom de favus en cercle. Dans cette dernière, l’affection se manifeste sous forme de plaques plus ou moins nombreuses, assez régulièrement arrondies, et dont l’apparition est précédée de démangeaisons assez vives. Ces surfaces, qui varient en étendue de 2 à 3 centimètres, présentent tout d’abord un état grenu, chagriné, constitué par le gonflement de l’extrémité de chaque conduit pilifère que surmonte bientôt une petite squame blanche, sèche, adhérente. Cet état peut durer quelques semaines, et alors on voit seulement apparaître au-dessous des lamelles les petits points jaunes qui constituent le favus (1).

La croûte faveuse, à peine formée, présente une dépression centrale, qu’on peut toujours reconnaître à la loupe, souvent même à l’œil nu. À mesure quelle se développe, sa dépression augmente; elle devient de plus en plus prononcée, et prend la forme d’un godet. Ordinairement traversée par un cheveu, elle offre une couleur jaune de plus en plus foncée; son volume, très-petit d’abord, peut acquérir jusqu’à 2 centimètres de diamètre.

Ainsi formées, les croûtes faveuses affectent diverses dispositions. Tantôt isolées, distinctes, elles se développent sans se confondre et offrent chacune le type parfait du favus; tantôt confluentes, elles se touchent et se confondent par leurs bords, et donnent naissance à des plaques jaunâtres où l’on ne retrouve plus la forme arrondie, mais bien une foule de dépressions alvéolaires correspondant chacune à une pustule primitive. Quelquefois les croûtes, comme réunies en une seule, ne présentent plus que par places, et sur les bords, la forme ronde et la dépression caractéristique. Souvent adhérentes, elles deviennent d’une sécheresse remarquable, pulvérulentes, et tombent au moindre frottement. Cet état se rencontre chez les individus affectés depuis longtemps de porrigo, et qui ont négligé toute espèce de soins. En pareil cas, la tête exhale une odeur nauséabonde, qu’on a comparée à celle de l’urine de chat ; en outre les croûtes ont perdu leur couleur jaune habituelle; elles sont d’un blanc sale; c’est à peine si, à travers cette couche épaisse, on voit percer quelques cheveux grêles, comme lanugineux.

Après la chute des croûtes, on aperçoit de légères érosions; la peau est rouge, humide; mais bientôt apparaissent de nouvelles pustules qui donnent lieu à des croûtes nouvelles. Cette circonstance est importante à noter, puisqu’elle sépare

A) Chausit, Traité é/ém. des maladies de la peau. Paris, 1853, |>. 142.

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