INFLAMMATION DES PAUPIÈRES. — TRAITEMENT
ssymptômcs presque insignifiants d’une inflammation qui porte en elle-même les i éléments dont elle s’entretient, et s’accroît au point de devenir tout à fait incurrable. On voit, en effet, des blépharites persister des années entières, ou même inddéfiniment, tout en montrant, suivant les saisons, des périodes d’exacerbation eî de rémission. Le printemps et l’été favorisent ordinairement les premières.
§ III. — Diagnostic, pronostic.
Une simple inspection des paupières suffit pour établir le diagnostic. La seule i chose dont le médecin ait à se préoccuper ; est la recherche de la cause et du degré de la maladie; car il est évident que le pronostic sera subordonné à l’ancienneté ide l’affection, aux progrès qu’elle a faits, ainsi qu’à la nature de la cause. Tout étant égal d’ailleurs, la guérison sera plus rapide si la blépharite est d’origine accidentelle que si elle provient d’une diathèse] héréditaire ou acquise.
§ IV. — Traitement.
Le traitement est local ou général , hygiénique ou médicamenteux. Le traitement général s’adresse à la constitution, et consiste en une nourriture substantielle et de bonne qualité, dans l’habitation à la campagne, et dans l’administration à l’intérieur de l’huile de foie de morue, du vin de quinquina, et des ferrugineux. Mais quelle que soit l’importance des modificateurs généraux, il ne faudra jamais exclusivement compter sur eux : le succès se ferait trop attendre , et pendant ce temps la maladie ferait des progrès au point de devenir incurable.
Une condition indispensable à la réussite des topiques astringents ou caustiques habituellement dirigés contre la blépharite, est de nettoyer le bord ciliaire aussi bien que possible, et de le débarrasser des croûtes qui l’incrustent. Mackenzie (1) conseille d’employer dans ce but une cuillerée à café de lait dans laquelle on aura fait fondre un morceau de beurre frais ; on y trempe le doigt, et l’on en enduit les paupières, en frottant légèrement les cils agglutinés. On place ensuite pendant quelques minutes sur les paupières un morceau d’éponge douce trempée dans l’eau chaude et que l’on a exprimée; quand cela a été bien fait, le malade parvient à ouvrir ses paupières sans efforts et sans douleur. Deval (2) recommande les lotions avec de l’eau aussi chaude qu’elle pourra être supportée; pendant que l’on pratique des douches ou des lotions d’eau chaude, il sera utile, à l’exemple de Chassaignac (3), de ramener les cils en dehors et de les coucher doucement le long du bord ciliaire de dedans en dehors, par un mouvement transversal exécuté avec les doigts ou avec un linge fin. Foucher (fi) se loue beaucoup de l’emploi de la glycérine et des glycérolés. La glycérine, pure appliquée plusieurs fois par jour sur les bords palpébraux, les nettoie parfaitement en ramollissant et dissolvant les croûtes.
Dans les cas graves, il faut laisser en permanence, pendant la nuit, les topiques
(1) W. Mackenzie, Maladies de l'œil, p. 197.
(2) Deval, Maladies des yeux, p. 850.
(3) Chassaignac, Du décapage des cils dans tes ophthalmies ( Archives cTophthalmologie , t. II, p. 88).
(û) Foucher, De l emploi de la glycérine dans le traitement des ophthalmies ( Bulletin de thérapeutique. Paris, 1860).
MALADIES DES YEUX
émollients appliqués sur les yeux. Les cataplasmes de mie de pain, de fécule, auxquels on mélange un peu de beurre frais ou d’huile d’olive, un morceau de ruban enduit de cératdoux, ont rendu de grands services à Mackenzie.
Le nettoyage des bords de la paupière est insuffisant dans les blépharites invétérées; il faut nécessairement enlever les cils qui ne peuvent plus être redressés et qui poussent dans toutes les directions. Il faut les enlever en plusieurs séances, à quelques jours d’intervalle, en ayant soin de tirer sur eux, suivant leur axe, sans les casser (1).
Après ces précautions préparatoires et indispensables, il faut procéder au traitement local par l’application de collyres et de lotions caustiques et astringentes, par l’emploi de pommades depuis longtemps connues des ophtalmologistes. Toutes ces préparations, diversement combinées, ont pour principes actifs des substances peu nombreuses : ce sont les sels d’argent, de zinc, de plomb. Il est nécessaire de connaître quelques-unes des formules les plus usitées.