MALADIES DES VOIES LACRYMALES
Les voies lacrymales comprennent la glande lacrymale et ses conduits excréteurs, les points et les conduits lacrymaux, le sac et le canal nasal. Ces différents con -
(1) Jungken, Lehre von der Augenkrankheiten, p. 778.
(2) De Graefe, Archiv fur Opkthalmoiogie, t. I, p. 440.
(3) Desmarres, loc. cit., t. III, p. 609.
Valleix, 5* édit.
(luils sont séparés les uns des autres par le long espace qui s’étend de l’angle externe des paupières à leur angle interne ; mais cette interruption n’èsl pas absolue : un canal incomplet, résultant de l’adossement des bords palpébraux, soi t de trait d’union entre les canaux excréteurs de la glande lacrymale et les voies lacrymales proprement dites. Dans un traité spécial sur les maladies desyeux, il faudrait, pour être complet, traiter séparément des maladies des différentes parties constituantes des voies lacrymales. Mous nous contenterons de faire l’histoire de l’inflammation catarrhale et phlegmoneuse du sac lacrymal, et 11e donnerons qu’une très-courte indication des affections intéressant les autres parties.
Les maladies de la glande lacrymale sont toutes excessivement rares : son inflammation ( dacryodenitis ), décrite dans tous les livres, a été observée par un petit nombre de médecins. Schmidt (1) cependant prétend qu’elle n’est pas rare ; Todd (2), qui l’a bien étudiée, l’attribue à la propagation jusqu’à la glande lacrymale des inflammations de la muqueuse palpébrale. Elle est caractérisée par une sensation de sécheresse à la surface de l'œil; par de la douleur et le gonflement de la paupière supérieure. Lorsque la tuméfaction est considérable, l’œil est poussé en dedans et la vue est plus ou moins altérée. La dacryodenitis aiguë marche comme un phlegmon, se termine parla suppuration ou passe à l’état chronique et détermine l’induration de la glande lacrymale. Lorsque la portion palpébrale seule de la glande est intéressée, la saillie phlegmoneuse est limitée à la paupière. Mackenzie, qui en a constaté quelques exemples, dit que, dans ces cas, la paupière supérieure est gonflée, rouge, douloureuse à son angle externe, et que l’inspection de la muqueuse fait découvrir les acini augmentés de volume, rouges au début, plus tard blancs et remplis de pus. Le diagnostic repose tout entier sur le siège de l’inflammation et doit rester toujours incertain, car il nous paraît impossible de savoir si la glande elle-même est malade ou le tissu cellulaire environnant. Le pronostic 11’est sérieux que dans le cas où le tissu cellulo-adipeux de l’orbite participe à la phlegmasie. Le traitement doit être antiphlogistique et proportionné à l’intensité de la maladie : applications locales de sangsues, frictions avec l’onguent mercuriel, cataplasmes et ouverture de la collection purulente aussitôt que la suppuration se manifeste.
Les autres altérations de la glande lacrymale consistent dans son hypertrophie simple, sa dégénérescence cancéreuse , et une altération particulière probablement de nature cancéreuse et décrite sous le nom de chloroma , ou tumeur verte (3) ; on y rencontre également des kystes et des dacryolithes principalement constitués par du phosphate de chaux, une petite quantité de carbonate de chaux et des traces de matière animale.
Les troubles de la sécrétion 1 2 3 lacrymale 11e sont jamais ou presque jamais idiopathiques. On a dit que la suppression des larmes entraînait la sécheresse de l’œil ( xèrome lacrymal , xérophthalmié). Mais il est prouvé que le mucus palpébral lubrifie d’une manière suffisante le globe de l’œil, comme le prouve une obser-
(1) J. A. Schmidt, Ueber die Krankheiten der Tliranenorrjans. Wien, 1803, p. 134.
(2) Todd, Dublin Hospital Reports , 1822, vol. III, p. 408.
(3) Mackenzie, toc. cit., t. I, p. 122, et Monthly Journal of medical Science, 1853, p. 98.