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INFLAMMATION DU SAG LACRYMAL ET DU CANAL NASAL

Division. — Elle se divise naturellement en deux variétés, selon que l’inflammation reste limitée à la muqueuse, c’est Y inflammation catarrhale, ou qu’elle se propage au tissu cellulaire sous-cutané, c’est l'inflammation phlegmoneuse, inflammation catarrhale du sac lacrymal et du canal nasal (dacryocystitc chronique, blennorrhée du sac, tumeur lacrymale, mucocèle).

§ I. — Historique et bibliographie.

Il n’est peut-être pas de maladie qui ait suscité autant de travaux que celle qui nous occupe en ce moment. Les anciens la connaissaient; mais leur ignorance absolue de l’anatomie normale des voies lacrymales leur suggérait des idées excessivement fausses sur l’origine et la nature du mal. Maitrejean (2), le premier, en donna une description satisfaisante à plusieurs points de vue, mais incomplète sur beaucoup d’autres. Après Maitrejean, vint Anel, qui attacha son nom à un

(1) Jarjavay, De la tumeur lacrymale formée pur la dilatation des conduits excréteurs des larmes (Gazette des hôpitaux, 1851, n° 124, p. 493).

(2) Maitrejean, Traité des maladies de F œil, p. 455, 456, 467. Troyes, 1707.

MALADIES DES YEUX

instrument dont on se sert encore aujourd’hui (1). J. L. Petit a fait sur le môme sujet une série de mémoires justement estimés (2), de 1734 à 1 744. Vers 1801, Scarpa (3) émit des idées nouvelles : il nia, pour ainsi dire, les maladies du sac et du canal nasal, en déclarant que les produits inflammatoires que l’on trouve dans ces conduits proviennent de l’inflammation de la conjonctive des paupières. La théorie de Scarpa ne pouvait être acceptée; cependant elle eut pour effet d’attirer l’attention sur la véritable cause de la tumeur lacrymale, c’est-à-dire sur l’élément inflammatoire qui la détermine. Outre les travaux de Dupuylren, Bégin, Velpeau, Mackenzie, Malgaigne (4), etc. , on consultera avec intérêt les monographies plus récentes de Bowman (5), de Arlt, de Béraud (6), de Fano (7).

§ H. — Causes.

1° Prédispositions individuelles. — De l’avis de tous les observateurs, les femmes sont plus prédisposées à cette affection que les hommes. Sur vingt observations, Fano n’a trouvé qu’un homme et deux enfants du sexe masculin et dix-sept femmes qui étaient atteintes de cette maladie. Elle se manifeste à tous les âges, mais plus souvent dans Page adulte. Le tempérament scrofuleux coïncidant avec un écartement exagéré des yeux et un aplatissement prononcé du dos du nez, a été depuis longtemps considéré comme une cause prédisposante. Cependant Wecker et Arlt signalent une conformation diamétralement opposée comme susceptible de produire le catarrhe lacrymal, à cause de l’aplatissement latéral du canal nasal résultant de cette mauvaise conformation. C’est à celte circonstance qu’ils rapportent la fréquence relative de la tumeur lacrymale chez les Israélites.

2° Causes prédisposantes morbides. — L’étroitesse congénitale ou acquise du canal nasal et son oblitération par un corps étranger et une tumeur développée dans son voisinage ont été et sont encore, par différents auteurs, invoquées comme l’une des causes prédisposantes et occasionnelles les plus certaines. C’était là l’opinion de Maitrejean et de J. L. Petit. Les recherches de Béraud démontrent qu’il est loin d’en être toujours ainsi. Fano, partisan exclusif de l’origine primitivement inflammatoire du catarrhe lacrymal, résume dans les proposions suivantes les rapports qu’il croit exister entre les altérations du canal nasal et le catarrhe du sac: 1 0 11 peut exister un rétrécissement du canal nasal, sans qu'il y ait une tumeur ou une fistule du sac lacrymal. Béraud (8) rapporte un fait qui démontre la vérité de cette assertion. 2° Il peut y avoir une tumeur et même une fistule du sac, alors que le canal nasal est resté tr'es-perméable, alors même qu'il est dilaté. Cela ressort d’une observation d’Auzias-Turenne, consignée dans le mémoire de Béraud. 3° Il peut y avoir une tumeur et une fistule du sac lacrymal, alors que

(1 ) Anel, Observation singulière sur la fistule lacrymale, dans laquelle on apprendra la méthode de la guérir radicalement. Turin, 1713.

(2) J. L. Petit, Œuvres complètes. Paris, 1837.

(3) Scarpa, Traité des maladies des yeux t. 1, p. 1. Paris, 1821.

(U) Malgaigne, Thèse pour l’agrégation en chirurgie . Paris, 1835.

(h) Bowman, Du traitement des obstructions lacrymales [Annales (Tocul., t. XXIX, p. 78).

(6) Béraud, Recherches sur la tumeur lacrymale [Archives de médecine, 1853).

(7) Fano, Recherches sur le catarrhe du sac lacrymal, 1863, et Traité pratique des maladies des yeux, t. I, p. 250.

(8) Béraud, Recherches sur la tumeur lacrymale ( Archives générales de médecine , 1853,

t. I, p. 315, 5* série).

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