‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 265 sur 494 · DE L’IRIS · texte numérisé non relu

DE L’IRIS

L’iris est composé d éléments contractiles qui appartiennent, chez l’homme, aux

(1) Mackenzie, toc. cit., t. II, p. 25.

(2) Sichel, Iconographie ophthalmologique, texte, p. 89. *

(3) Hugh Carmichael, Observations on the efficucij of Turpeniine in the vcnereal oint ofher deep scated. Inflammation of the Eye, etc. Dublin, 1829.

(à) Whurton-Jones, toc. cit., p. 229.

Vali.eix. 5e édit. v V!

MALADIES DES YEUX

fibres-cellules. Il en existe deux variétés : les unes, circulaire* e t abondantes, au niveau du petit cercle, président au resserrement de la pupille et sont animées par le nerf moteur oculaire commun, qui envoie des rameaux au ganglion ophthalmique ; les autres, rayonnées, servent à la dilatation de la pupille et tirent leur principe actif des filets du grand sympathique. Lorsque l’un de ces deux ordres de fibres agit à l’exclusion de l’autre, il en résulte un rétrécissement ou une dilatation de la pupille. Le rétrécissement porte le nom de myosts, la dilatation celui de mydriase.

a. MYDRIASE.

Cette affection n’est, en général, qu’un symptôme, et son histoire appartient plus à la pathologie générale qu’à la pathologie spéciale. Cependant elle peut être primitive, idiopathique, et à ce titre elle mérite d’être mentionnée.

Division. — Elle est symptomatique, sympathique ou idiopathique. La mydriase symptomatique résulte d’une altération du nerf moteur oculaire commun, ou bien d'une lésion intra-oculaire intéressant les nerfs ciliaires eux-mêmes, et le plus souvent siégeant sur la rétine ou le nerf optique. Dans ce dernier cas, la sensation lumineuse n’étant plus perçue, les phénomènes réflexes qui sollicitent le rétrécissement pupillaire n’ont plus lieu, et la dilatation de la pupille reste permanente. Les forces qui président à la contraction pupillaire étant intactes, celle-ci peut encore s’effectuer par suite de l’irritation des fdets du grand sympathique qui sollicitent d’une manière exagérée la contraction des fibres radiées. C’est ce que l’on observe au moment de la section du grand sympathique dans la région du cou (1). C’est ce qu’on observe encore au début de l’ataxie locomotrice et dans les inflammations de la région cilio-spiuale de la moelle qui donne naissance à la partie du grand sympathique dont l’influence se fait sentir sur la pupille. Cette région est localisée entre la première paire cervicale et la sixième dorsale inclusivement (2). La mydriase, qu’on observe pendant la période comateuse d’une attaque d’épilepsie, provient sans doute d’une congestion de cette portion de la moelle.

La mydriase sympathique a son origine loin du centre optique et résulte d’irritations nerveuses portant sur les nerfs de la sensibilité générale, ou bien sur ceux de la vie organique. Les plaies du sourcil, de la tempe, intéressant le trijumeau (3), les névralgies trifaciales (4), ont été signalées comme causes de mydriase. Les constipations opiniâtres, la présence des vers intestinaux, les dérangements de la menstruation, s’accompagnent souvent de dilatalion pupillaire. Dans ces deux circonstances, il y a probablement surexcitation fonctionnelle par action réflexe des fibres du grand sympathique, qui se rendent aux fibres radiées de l’iris.

La mydriase idiopathique est celle qui ne reconnaît aucune cause locale ou éloignée, susceptible de lui donner naissance. Elle se déclare ordinairement sur les personnes épuisées par les maladies, adonnées à la masturbation, ou faisant abus du tabac, lequel agit, dans une certaine mesure, à la manière de la belladone.

(1) Claude Bernard, Leçons sur le système nerveux.

(2) Budgeet Waller, Mémoires de l'Institut , 185t.

(3) Brodie, Médico-chirurgical Transactions , 1828, vol. XIV, p. 354.

(4) London medical Gazette , vol. XII, p. 68.

MYDRIASE. — TRAITEMENT.

§ I. — Symptômes.

La dilatation de la pupille est le signe anatomique de la mydriase. Celle-ci peut être partielle ou générale, complète ou incomplète ; lorsqu’elle est complète, l’iris n’est plus représenté que par un léger bourrelet circulaire. Les symptômes physiologiques, lorsque la rétine et le nerf optique sont intacts, consistent dans des éblouissements et dans la formation de cercles de diffusion; les objets rapprochés paraissent surtout troubles et confus. Rarement les deux yeux sont affectés en même temps : parfois, l’affection passe d’un œil à un autre et se montre périodiquement.

§ II. — Diagnostic, pronostic.

Ce qu’il importe de reconnaître, c’est la nature de la mydriase. Celle qui est symptomatique d’une lésion de la rétine ou du nerf optique, d’une amaurose, en un mot, comporte avec elle toute la gravité du pronostic de cette dernière maladie ; celle qui est symptomatique d’une lésion de la troisième paire, ou sympathique d’une altération éloignée, guérit assez facilement, surtout la dernière variété ; on reconnaîtra la mydriase symptomatique d'une lésion de la troisième paire aux , symptômes concomitants, chute de la paupière, strabisme externe. La mydriase sympathique ou idiopathique ne s’accompagnera ni de strabisme, ni de ptosis; les rayons lumineux seront encore perçus, quoique d’une manière confuse, et les objets se dessineront nettement lorsqu’on fera regarder le malade à travers une ouverture très-étroite, pratiquée dans une carte. Ce caractère est de la dernière importance.

ni. — Traitement.

Dans le cas de mydriase symptomatique ou sympathique d’une lésion éloignée, toute la thérapeutique repose sur les médications que réclame la curation de ces lésions. Lorsque l’affection est idiopathique, elle peut guérir spontanément, au bout de six mois, un an (1) ; mais elle cède plus rapidement à un traitement approprié.

Les toniques , les amers et les ferrugineux conviennent chez les sujets faibles, el constituent le meilleur traitement.

La strychnine , h la dose de 1 à 10 milligrames sur un vésicatoire dénudé, est recommandée par Mackenzie. Guthrie emploie la vératrine, à dose de 6 à 8 déci grammes en dissolution dans 30 grammes d’alcool, dont il frictionne les paupières (2).

L'opium, qui a pour propriété de contracter la pupille, a été essayé avec un certain succès par Deval (3).

Le seigle ergoté, prisé comme du tabac ou ingéré dans l’estomac, a été reconnu très-utile par Kochanowski (ô) et par d’autres observateurs, en particulier par Hairion (5), mais il ne réussit pas toujours.

(1) Demours, Thilosophical Transactions , vol. CI, p. 378.

(2) Guthrie, Medical Times, Mar ch 9l1' 1844, p. 409.

(3) Deval, toc. oit., p. 396.

(4) Kochanowski, Emploi du seigle ergoté dans la mydriase idiopathigue (Arch . gêner, de mèd., 1838, 3e série, t. III, p. 351).

(5) Hairion, Rapport sur les mémoires envoyés au concours de 1851-1853, sur la question

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Serre (d’Uzès) a préconisé les attouchements de la cornée près de sa jonction avec la sclérotique, au moyen d’un crayon de nitrate d’argent finement taillé et maintenu en place pendant une seconde. .Quatre succès ont été obtenus par la commission chargée de vérifier le travail de Serre, d’Uzès (1).

Desmarres (2), de Graefe, Grommüller, conseillent d’engager le malade à lire de petits caractères, à fermer et à ouvrir rapidement les paupières.

La fève de Calabar , ce myosique par excellence, a rendu déjà et rendra pro bablement encore des services :

A l’intérieur, d’après Harley, on peut employer la poudre à la dose de 5 à 30 centigrammes, en commençant par 5 centigrammes et en augmentant. L’extrait dissous dans la glycérine et étendu sur un papier gradué agit parfaitement bien.

b. MYOSIS.

Il naît dans les conditions opposées à celles qui produisent la mydriase ; il est symptomatique d’une iritis, d’une inflammation de la rétine réagissant sur le moteur commun, ou d’une irritation encéphalique portant à la base du cerveau, au point d’émergence de la troisième paire. Il peut être sympathique d’une lésion intestinale de longue durée; il a été fréquemment observé dans les cas d’ataxie locomotrice avancée (3). Gairdner (5) et Willebrand (6) ont rapporté des exemples de myosis coïncidant avec des tumeurs cervicales intéressant probablement les branches cervicales du grand sympathique ; ces faits concordent avec les expériences pratiquées sur les animaux, et dans lesquelles la section du sympathique à la région cervicale déterminant la dilatation de la pupille au début, finit toujours par produire un resserrement très-prononcé. Enfin, l’habitude de travailler à des objets petits, rapprochés et très-éclairés, peut occasionner un myosis idiopapathique. Les symptômes consistent dans la diminution du champ de la vision, quand il n’v a pas d’altération de la rétine et du nerf optique.

Le traitement est incertain ; le repos des yeux, si c’est un travail exagéré qui a produit l'affection, est meilleur que l’emploi des mydriatiques, inefficaces presque toujours.

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