CATARACTES LENTICULAIRES
Opacité s’étendant du centre à la surface ou en sens inverse, sans inflammation préexistante.
Tache grise, verte, noire, blanche ou ambrée, parcourue de stries, qui convergent toutes vers le milieu de la lentille, et parfaitement lisses à la surface; dans la cataracte liquide les stries sont transversales quand on les laisse en repos.
La cataracte lenticulaire envahit peu à peu tout le cristallin.
Volume grand ou petit, forme convexe.
Iris mobile ou immobile, sans adhérence, saillant quelquefois en avant, ou agité exceptionnellement d’oscillations.
Ombre large ou nulle.
tic, pronostic.
Toute opacité cristalliniennc progressive conduit fatalement à la perte de la vue. L’intervention du chirurgien dans l’immense majorité des cas peut seule rendre des services. Si exceptionnellement quelques opacités sont susceptibles d’une guérison spontanée, ce sont : 1° de faibles opacités disséminées qu’on observe parfois h la suite d’irido-choroïdite et qui tiennent presque toujours à des altérations morbides de la couche épithéliale intra-capsulaire; 2° de légers troubles occupant la superficie du cristallin, et consécutifs à une blessure circonscrite de la capsule; 3° peut-être aussi ces troubles peu avancés du cristallin chez les diabétiques dont l’état s’améliore d’une manière sensible.
CATARACTE
TRAITEMENT
§ V. — Traitement.
Le traitement que réclame la maladie principale, diabète ou ergotisme, est le premier à instituer (tome I, article Diabète, et tome Y, article Ergotisme); si l’on a lieu de supposer une origine inflammatoire à la cataracte et qu’elle soit capsulaire, les moyens dirigés contre l’iritis chronique lui seront applicables. Émile Martin (1), s’appuyant sur des idées théoriques plus ou moins vraies, développées par Mialhe (2), prétend avoir obtenu un succès du traitement suivant.
1° Le matin à jeun, une cuillerée à bouche de la solution suivante :
^ Iodure de potassium. . . 8 gram.
Sirop de trèfle d’eau.. . 150 gram.
Mêlez.
Sirop de saponaire
150 gram.
2° Eau de Vichy aux repas.
3° Pendant la nuit application sur l’œil cataracté d’un sachet de mousseline de fia 8 centimètres carrés rempli de
Chaux vive 2 parties. | Chlorhydrate d’ammoniaque.. 1 partie.
4° Deux fois la semaine et dans la journée se bassiner l’œil avec quantité suffisante du mélange suivant :
Iodure de potassium 2 gram. | Eau 100 gram.
5° Priser deux ou trois fois par jour :
Bétoine
Asaret
Ellébore blanc
Mêlez et réduisez en poudre.
fi° Alimentation surtout végétale.
7° Se purger de huit en huit jours avec 8 grammes de magnésie calcinée.
Ce traitement esta peu près semblable à celui du docteur Pugliatti (de Messine), qui pratique des vésications fronto -temporales avec la pommade ammoniacale, et administre l’iodure de potassium à l’intérieur.
Quadri (de Naples) et Yanzetti (de Padoue) ont affirmé l’efficacité de ce traitement chez quelques sujets, au congrès de Bruxelles; Guépin prétend également avoir réussi. En définitive, il est permis d’essayer le traitement médicamenteux de la cataracte, mais il est défendu d’y insister lorsque son action se fait attendre.
Guépin procède de la manière suivante : 1° ventouses au cou et aux épaules; 2° vésications ammoniacales sur le front, les tempes et derrière les oreilles ; 3° frictions des mômes parties avec le carbonate d’ammoniaque, le chlorhydrate et l’iodhydrate d’ammoniaque en pommade, ces divers sels employés seuls ou associés l’un à l’autre; 4° introduction entre les paupières d’une pommade au chlorhydrate et à l’iodhydrate d’ammoniaque ; 5° mcrcuriaux sous diverses formes ; 6° traitement interne variant suivant la cause présumée de la cataracte.
aa 10 gram.
(1) Émile Martin, Traite médical pratique des maladies desyeux. Paris, 1863, p. 233.
(2) Mialhe, Chimie appliquée à la physiologie et la thérapeutique. 1856, p. 628.
MALADIES DES YEUX
ARTICLE II