CONGESTION ET INFLAMMATION DE LA CHOROÏDE
§ I. — Historique et bibliographie, fréquence.
Avant la découverte de l’ophthahnoscope, nous ne possédions que des notions fort incomplètes sur les altérations de la choroïde, aussi est-ce dans les publications contemporaines qu’il faut chercher l’histoire véritablement scientifique de la pathologie de cette membrane. Outre les traités spéciaux, les auteurs que l’on consultera avec intérêt sont : Fallût (1), Rivaut-Landrau (2), Guépin (3), Ryba (4), Roser (5), Sichel (6), de Graefe (7), Romain Noizet (8), Schultz (9), X. Galezowski (10), et les leçons de Follin sur l’exploration de l’œil.
Fréquence. — Rien n’est autant démontré que la fréquence des maladies de la choroïde et, en particulier, des inflammations de cette membrane, puisque d’après les statistiques on a compté sur 1000 amaurotiques 420 individus atteints de choroïdite atrophique.
(1) Fallût, De la choroïdile ( Ann . d’ocul., 1848, t. XX, p. 133).
(2) Rivaud-Landrau, De la choroïdite [Ann. d’ocul., 1854, t. XXXI, p. 45).
(3) Guépin, De la congestion choroïdienne (Ann. d’ocul., 1858, t. XL).
(4) Ryba, Sur une forme de choroïdite partielle (Ann. d’ocul., 1853, t. XXX, p. 290).
(5) Roser, Doctrine de la choroïdite (Arc hiv fur physiol. Hcilkunde, t. XV).
(6) Sichel, Iconographie ophthalmologique.
(7) De Graefe, Ann. d’ocuL, passim.
(8) Noizet, Du staphylome postérieur, thèse de doctorat. Paris, 1858.
(9) Schultz, De la choroïdite syphilitique, thèse de doctorat. Paris, 1859.
(10) Galezowski, Choroïdite syphilitique (Gazette des hôpitaux, 1862).
MALADIES DES YEUX
§ H. — Définition.
Nous diviserons la choroïdite d'après les lésions, en choroïdite congestive (congestion de la choroïde, choroïdite séreuse), en choroïdite parenchymateuse (plastique, purulente), et en choroïdite atrophique. Ces différentes formes sont aiguës ou chroniques.
§ III. — Causes.
Causes prédisposantes. — C’est ordinairement après l’âge moyen de la vie que l'on observe les diverses variétés de choroïdites, de glaucomes, de staphylômes. Comme causes prédisposantes on a invoqué un certain nombre d’états de l’organisme qui, tous, ont pour effet de modifier la circulation générale d’une manière permanente ou accidentelle.
Parmi les causes prédisposantes diathésiques, on a surtout incriminé la diathèse goutteuse et la diathèse rhumatismale, dont l’action est loin d’étrc démontrée, il n’en est pas de même de la syphilis : tous les auteurs ont décrit la choroïdite syphilitique; nous aurons occasion de la signaler.
Les maladies générales aiguës, les affections typhiques : la fièvre puerpérale, le choléra, prédisposent aux affections de la choroïde par le trouble qu’elles apportent à la circulation encéphalique ; il en est de même de l’albuminurie qui, cependant, s’attaque de préférence à la rétine.
Les causes occasionnelles le plus souvent invoquées sont : la suppression du flux menstruel accidentelle ou physiologique, d’hémorrhoïdes et d’épistaxis habituelles : la suppression de la transpiration générale et en particulier celle des pieds, les refroidissements subits, les répercussions cutanées. Cette étiologie banale est loin d’être démontrée. Les blessures de l’œil, de la sclérotique et de la choroïde, les opérations que l’on pratique sur le cristallin pour l’extraire ou l’abaisser, sont fréquemment suivies de choroïdite.
f! faut encore signaler comme causes prédisposantes et occasionnelles, les efforts d’accommodation qu'on est obligé de faire pour travailler sur des objets fins et fortement éclairés et pour se servir d’instruments d’optique très-grossissants. 11 est d’observation que la choroïdite et ses conséquences sont plus fréquentes à la ville qu’à la campagne, à cause des habitudes de la vie, si différentes dans ces deux conditions.
Dans ces derniers temps, on a prétendu que certaines variétés de choroïdite étaient héréditaires (1) et que les mariages consanguins n’étaient pas sans influence sur la production des amauroses ayant leur point de départ dans l’altération de la choroïde.
§ IV. — Symptômes.
Parmi les symptômes de la choroïdite il en est qui sont communs a toutes les variétés : ils consistent dans des modifications anatomiques appréciables a la vue simple et dans des troubles physiologiques très-variés dont le malade rend un compte suffisant. D’autres symptômes ne sont reconnaissables qu’au moyen de l’ophlhalmoscope : ce sont les principaux, car ils indiquent la nature et 1 étendue de la lésion et en caractérisent l’espèce.
(1) Edouard de .laeger, U cher die Einstellung des dioptrischen Appâtâtes. Wien, 1861.