CONGESTION ET INFLAMMATION DE LA CHOROÏDE. — MARCHE, DURÉE
et que la vision finissait par disparaître temporairement. La turgescence des veines inlra-oculaires et extérieures s’explique également bien, dans la théorie d Albert de Graefe, par leur étranglement h l’entrée du nerf optique.
Cusco (1) rapporte à l’inflammation de la sclérotique, à son augmentation de volume et consécutivement à sa rétraction, tous les phénomènes de pression intérieure; mais cette opinion n’est pas adoptée, quoiqu’il soit évident cependant que l’inextensibilité de la sclérotique, dans un âge avancé, doive être une cause prédisposante de glaucome.
3° Sous le nom de glaucome chronique simple , de glaucome optique , quelques auteurs ont décrit une affection uniquement caractérisée par l’excavation de la papille. Ad. de Graefe n’hésite pas à la rattacher à une pression intra-oculaire que rien ne démontre d’une manière évidente. Pour Deval, le glaucome optique n’est pas une variété de glaucome, mais un épiphénomène susceptible de s’associer à quelques formes amaurotiques.
Complications du glaucome. — D’abord uniquement constitué par une hypersécrétion des humeurs de l’œil, et en particulier du corps vitré, le glaucome finit toujours par intéresser profondément les principaux tissus du globe: tantôt, dans les formes aiguës, c’est la cornée qui se ramollit, s’ulcère et se perfore ; tantôt, c’est l’iris qui subit les altérations les plus considérables : elle s’enflamme, s’atrotrophie et se réduit à un léger liséré bleuâtre entourant la pupille démesurément agrandie ; d’autres fois, le corps vitré se liquéfie et devient jumenteux ; très-sou- \ vent le cristallin prend une coloration jaune ou verte, qu’il communique au fond de l’œil (pour Siebel, c’est là la cause de la coloration particulière de la pupille dans le glaucome), et quelquefois il s’opacifie ; il en résulte alors ce qu’on appelle une cataracte glaucomateuse.
;§ VI.— Marche, durée, terminaison des diverses variétés de choroïdites.
Les congestions de la choroïde récente ont une marche rapide, et peuvent se ternminer promptement par la guérison, lorsqu’on soustrait le malade à la cause qui les a produites.
Les congestions chroniques, par leurs recrudescences fréquentes et par les lundi lications profondes qu’elles apportent à la texture de la choroïde, ont une durée indéterminée, et sont fréquemment accompagnées ou suivies d’autres variétés de choroïdites. Les choroïdites parenchymateuses ne guérissent pas sans laisser de utraces : les unes marchent rapidement et se terminent par la fonte de l’œil ; les autres ont une évolution plus lente, mais arrivent toujours à s’étendre aux autres membranes et à produire la perte de la vue, avec phthisie du globe. Toutefois, lorsqu’ils ne sont pas trop considérables, les exsudats sont susceptibles de résorption et l’intégrité de la vue peut se recouvrer. Ce résultat heureux doit surtout être espéré, lorsqu’il s’agit d’une choroïditc syphilitique. Cependant, comme celle-ci est très-sujette à récidives, il faut beaucoup d’attention de la part du médecin et de persévérance de la part du malade pour que, par un traitement approprié, les recrudescences inflammatoires ne déterminent pas des lésions incurables.
(1) A. Pamard, Du glaucome, thèse de Paris, \ 861, nu 230.
MALADIES DES YEUX
Quant aux choroïdites séreuses, atrophiques et glaucoinateuses, elles sont toujours graves. Les premières, principalement, caractérisées par la myopie, ont une marche lente et presque constamment envahissante; elles peuvent rester stationnaires, mais trop souvent elles aboutissent à l’amaurose. Les secondes, dans les formes aiguës, ont une marche si rapide et une terminaison si funeste qu’elles peuvent conduire à la cécité dans le court espace d’un jour ou d’une nuit. Dans les formes chroniques, les complications du côté de la papille, les cataractes secondaires sont surtout à craindre : leur terminaison est toujours funeste si le médecin n’intervient l>as énergiquement. Heureusement, de Gracie a fourni à la thérapeutique une méthode qui, sans être constamment elïicace, a déjà fourni des résultats assez satisfaisants pour qu’il ne soit pas permis de désespérer de la guérison, même pour les attaques glaucoinateuses en apparence les plus terribles.
£ VII. — Diagnostic, pronostic.
Les maladies avec lesquelles on pourrait confondre la choroïdite sont l’iritis, les inflammations de la rétine et du nerf optique, et les amauroses cérébrales. L’ophthalmoscope nous fournit dans les chapitres suivants le moyen de préciser les caractères distinctifs de ces dernières affections.
Le tableau ci-joint indique d’une manière suffisante le diagnostic général de I ’iritis eide la choroïdite.
Diagnostic différentiel de
CHOROÏDITE.
Se produit clans un âge avancé, souvent d’une manière insidieuse ; les troubles de la vision ne sont pas en rapport avec les lésions apparentes. La pupille est agrandie, le globe est tendu ; il y a souvent de la myopie ou de la presbytie; varicosités externes; lésions multiples à l’ophthalmoscope ; la vue est éteinte, bien cjue le champ pupillaire reste libre.
la choroïdite et del'iritis.
JRITIS.
Se produit dans la jeunesse, éclate souvent brusquement; les troubles de la vision sont en rapport avec les lésions apparentes ; la pupille est rétrécie et peu dilatable ; fausses membranes dans le champ pupillaire ; synéchies antérieure et postérieure ; cercle périkératique sans varicosités extérieures; la vue reste intacte si le champ pupillaire n’est pas envahi; pas de lésions du fond de l’œil.
La choroïdite atrophique postérieure ne pourrait guère être confondue qu’avec les exsudais de la choroïde et de la rétine; mais ceux-ci sont irrégulièrement disséminés, tandis que l'atrophie staphylomatcuse est limitée aux environs du nerf optique. Le staphylôme antérieur a été pris pour une tumeur maligne. Gosselin et Denonvilliers qui rapportent une erreur de ce genre indiquent les caractères distinctifs suivants (1) :
Diagnostic différentiel du staphylôme antérieur de la sclérotique et. de la choroïde d'avec une tumeur maligne.
STAPHYLÔME ANTÉRIEUR.
Tumeur molle, dépressible, et jusqu’à un certain point fluctuante; elle offre çà et là des points amincis, au niveau desquels on aperçoit la choroïde et le corps vitré, ce qui lui donne un aspect brillant comparable à celui de la cornée; ophthalmic profonde antérieure.