GLAUCOME AVEC AMAUROSE
Au toucher le globe a une dureté anormale.
L’opacité paraît profondément située, et son siège est ditlicile à préciser.
La pupille est plus ou moins dilatée et obéit peu à la belladone.
La diminution de la vue est rapide ; spectres lumineux.
La vue est moins incertaine dans un endroit faiblement éclairé.
La vue offre des intermittences de bien et de mal.
Le trouble de la vue n’est pas en rapport avec l’opacité.
Les altérations du fond de l’œil, à l’ophthalmoscope, sont très-accusées.
CATARACTE
Le globe a son degré de fermeté normale.
L’opacité est facilement reconnue, bien limitée, et ne change pas de position, suivant la direction de la lumière.
Les mouvements de la pupille sont normaux.
La vue diminue lentement ; il n’y a pas de spectres lumineux.
La vue s’opère mieux avec une lumière faible.
Elle n’est pas meilleure un jour que l’autre.
Le trouble de la vue est en proportion de l’opacité du cristallin.
11 n’est pas possible d’arriver au fond de l’œil avec l’éclairage ophthalmoscopique.
Pronostic. — Il ressort des considérations qui précèdent : favorable pour les congestions aiguës, il devra être réservé pour les congestions chroniques ; il sera désespéré pour les choroïdites parenchymateuses suppuratives, incertain et toujours grave pour les choroïdites atrophiques et staphylomateuscs (nous avons dit que ces ma’adies comptaient pour près de moitié dans les cas d’amaurose).
§ VIII. — Traitement.
Lorsque la maladie est à l’état aigu, quelle que soit la cause qui la produise, lorsqu’il y a de la douleur et de la réaction inflammatoire, il faut pratiquer une ou deux saignées et faire autour des yeux des applications de sangsues, en même temps qu’on administre des purgatifs et du calomel jusqu’à un commencemeni de salivation. En un mot, il faut faire intervenir un traitement antiphlogistique énergique; mais il ne faut pas s’attendre à l’employer aussisouvent que dans l’iritis, et surtout à en retirer des effets aussi avantageux, car les choroïdites franchement inflammatoires sont rares et ont la plus grande tendance à passera la chronicité.
Quelques variétés de choroïdites et de congestions de la choroïde réclament un traitement spécial : lorsqu’il existe une choroïdite congestive chronique sous la dépendance d’un arrêt de la menstruation ou d’une suppression d’hémorrhoïdes, il faut s’efforcer de rappeler ces écoulements de sang normaux et pathologiques. A cet effet. Siebel emploie les préparations suivantes (2) :
Gomme ammoniaque 5 à G gram. | Aloès socotrin . . . O»1 2', 50 à 1 grain.
Mêlez et divisez en cinquante pilules, a prendre deux à cinq malin et soir, une demi-heure avant le repas.
(1) W liai ton Joncs, Traité pratique des maladies des yeux, traduction et annotation par Toucher. 18G2, p. 372.
(2) Richel, Iconographie ophthalm., texte, p, 104,
Ou bien :
MALAD1F.S DES YEUX.
if Soufre précipité
Crème de tartre
Mêlez et divisez en vingt paquets, à prendre un matin et soir.
aa 5 grarn.
Pour ramener lecoulement menstruel, le môme observateur s’est bien trouvé de frictionner les lombes et la face interne des cuisses avec un Uniment térébenthiné :
Huile d’olive GO gram. | Essence de térébenthine. 10 à 15gram.
S’il y a lieu de croire que la maladie reconnaît pour cause la répercussion d’un exanthème, Émile Martin prescrit (1) :
Arséniate de potasse 15 centigr. | Extrait de ciguë 4 gram.
Mêlez et divisez en soixante-quatre pilules, à prendre deux par jour.
Lorsque le commencement de la maladie a coïncidé avec la suppression d’une transpiration habituelle, il formule :
Extrait de douce-amère 12 gram.
Extrait de salsepareille 10 gram.
Extrait d’aconit.
Divisez en deux cents pilules, à prendre deux à quatre par jour.
2 gram.
a. Les clioroVdltes plastiques qui n’ont pas pour origine le virus syphilitique sont très-tenaces. Le traitement qui leur convient le mieux est encore le traitement mercuriel. On fera donc bien de les attaquer parle traitement antisyphilitique, d’autant mieux que le diagnostic de la cause n’est pas toujours absolument très facile. Le traitement de l’iritis syphilitique leur est applicable, aussi bien qu’à ja choroïdite spécifique (voyez p. 833).
b. La choroïdite suppurative est une maladie si désastreuse, qu’elle n’offre guère au médecin d’autre alternative que d’attendre la fonte spontanée du globe ou d’intervenir lui-même pour calmer des douleurs intolérables, en donnant issue au foyer purulent et môme en enlevant le globe de l’œil.
c La choroïdite séreuse atrophique est une allection généralement incurable ; pour arrêter ses progrès, il faut recommander au malade le repos de la \ue, et l'empêcher, autant que possible, de se servir de lunettes concaves, les efforts d’accommodation qu’il est obligé de faire pour voir distinctement les objets ne pouvant qu’augmenter les staphylômes.
j siebel a recommandé, dans ces derniers temps, l'emploi de l’oxyde noir de cuivre, dans le but d’agir sur l’ectasie et d’en diminuer l’étendue par la propriété qu’aurait l’oxyde de cuivre de favoriser la rétraction de la membrane fibreuse. Il est probable que les résultats ne sont guère appréciables; dans tous les cas, voici les préparations dont il se sert :
Oxyde noir de cuivre 1 gram. | Sirop et poudre de guimauve q. s.
Faites vingt-cinq pilules, à prendre de une à trois par jour (2).
Oxyde noir de cuivre 1 gram. | Axonge 10 gram. ,
pour une pommade dont on frictionnera le pourtour de l’orbite.
1) Emile Martin, Traité médical pratique des maladies des ymr, p. InO. Paris, 1SG3. (•2) ,|. Siebel, Iconographie oph t ha lm . , texte, p. 7S5.