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CONGESTION ET INFLAMMATION DE LA RÉTINE. — SYMPTÔMES

ARTICLE PREMIER

MALADIES DE LA RÉTINE

Elles sont presque toutes d’origine congestive et inflammatoire : elles ont pour conséquences l’infiltration séreuse, les dépôts plastiques et pigmentaires, les décollements de la rétine, les dégénérescences fibreuses et graisseuses; quelquesunes sont dues à des troubles de la circulation, tels que ceux qui proviennent d’un anévrysme de l'artère centrale, d’une embolie ; d’autres consistent dans le développement d 'entozoaires et de tumeurs diverses.

lu CONGESTION ET INFLAMMATION DE LA RÉTINE.

Ces maladies sont loin d’ètre rares, mais peut-être ne sont-elles pas aussi fréquentes que l’indiquent certains observateurs.

Division. — On divise la congestion simple en aiguë et chronique. L’inflammalion est superficielle ou profonde : dans le premier cas elle est généralement séreuse; dans le second elle est plastique , purulente ou pigmentaire. Ces différentes formes sont en rapport avec la nature de l’altération ; mais il importe encore déconsidérer la rélinite au point de vue des causes qui la produisent. Lesrétinites syphilitique , albuminurique, glycosurique, ont été bien étudiées et méritent une mention à part.

§ I. — Causes.

Elles sont à peu près les mêmes que celles des maladies correspondantes de la choroïde.

A. Les causes prédisposantes sont : 1° l’âge; ces affections sont plus fréquentes dans l’âge avancé de la vie que dans l’enfance, il faut en excepter toutefois la rétinite pigmenteusc, qui est souvent héréditaire, d’après de G raefe et coïncide avec l’idiotie et la surdi-mutité, et qui, d’après Liebreich(l),se déclare ôO à 50 fois pour 100, sur des enfants issus de mariages consanguins; 2° les professions, toutes celles qui exigent un exercice prolongé de la vue prédisposent aux congestions et aux inflammations de la rétine ; 3° tous les troubles de la circulation résultant d’une maladie du cœur ou d’une tumeur développée sur le trajet des vaisseaux de la rétine; hu les affections diathésiques aiguës et chroniques : Valbuminurie, la syphilis, le diabète , la leucémie ; 5° les maladies typhiques. Tous ces états morbides généraux sont des causes de congestions rétiniennes passagères ou durables. Ancelon (2) a signalé pendant la période algide du choléra des troubles profonds de la vision.

B. Les causes occasionnelles sont une contusion du globe, une opération pratiquée dans l’intérieur de l'œil, l’exposition à une lumière trop vive, un excès d’alcool, un commencement d’empoisonnement par la belladone, l’opium, etc.

§ II. — Symptômes.

1° Les symptômes objectifs ne sont pas très-accusés : au début des inflammations aiguës, il se produit une injection périkératique générale ou partielle; la- cornée

(1) R. Liebreich, Deutsche Klinik, n° 6, 1861, et Arch. général de méd., 1862.

(2) Ancelon, Note sur T amaurose (Ann. d'oculist., Bruxelles, 1855, t. XXXIV, p. 241).

MALADIES DES YEUX

est brillante, couverte de larmes ; la pupille est rétrécie. Mais comme presque toujours la congestion et inflammation sont chroniques, l’injection périkéralique est moins accusée, la pupille est agrandie, le globe de l’œil est saillant, tourné en liant et dirigé du côté où la lumière est vive, la démarche a quelque chose d’incertain et de particulier. Comme on le voit les symptômes objectifs sont peu apparents.

2° Symptômes physiologiques. — Ils consistent, pour les formes aiguës, congestives, irritatives comme l’on dit, dans des douleurs ciliaires excessivement intenses avec photophobie et blépharospasme. Le plus souvent, quand la maladie est subaiguë et chronique, il y a des troubles de la vision consistant dans des brouillards plus ou moins épais placés devant les yeux, dans l’apparition de mouches fixes, d’étincelles, de flammes, de raies de feu, d’aigrettes lumineuses, en un mot, de sensations très-variées qui portent la dénomination générale de photopsle^ d’autres fois il y a de la cropaie, c’est-à-dire que les objets semblent entourés de couleurs différentes, d’anneaux irisés. La vue peut être double (diplopie), elle peut être rétrécie ou bien les objets n’apparaissent plus qu’avec la moitié de leur grandeur horizontale ou verticale (hémiopie).

Tous ces symptômes indiquent évidemment une altération de l’appareil nerveux optique, mais ils appartiennent à des altérations très-différentes que l’ophlhalmoscope seul permet de reconnaître d’une manière très-précise.

3° Symptômes anatomiques et ophthalmoscopiques des différentes espèces. — a. De la congestion rétinienne. — Quand l’hypérémie est générale (1), le fond de l’œil est rouge, et la papille ne se reconnaît plus que par le point d’émergence des vaisseaux rétiniens, au milieu de la teinte uniforme de la rétine. Tout l’intervalle des vaisseaux est rouge, et, à un grossissement un peu fort, on reconnaît que la rétine doit cette coloration à des rameaux vasculaires qui vont en rayonnant de la papille vers l’ora serrata. Pour qu’on soit autorisé à déclarer qu’une rétine est hypérémiée, il faut que l’étal que nous venons de décrire soit très-accusé, car la vascularisation de la rétine varie beaucoup selon les sujets ; elle est surtout trèsgrande pendant la jeunesse. Il faut que la rougeur soit permanente et s’observe au début comme à la fin de l’exploration ophthalmoscopique. L’hypérémie partielle s’observe presque exclusivement sur la papille, qui, au lieu d’avoir une teinte d'un blanc rosé, prend une couleur d’un rose vif.

L’hypérémie est dite active lorsque la coloration est due au développement anormal des artères et des capillaires ; elle est passive lorsque les veines sont plus volumineuses et offre des varicosités considérables. La première accompagne les inflammations des membranes de l’œil; la seconde révèle un trouble de la circulation générale ou la présence d’une tumeur entravant le retour du sang veineux.

b. De la rélinitc. — Si elle est suraiguë, l’examen ophthalmoscopique ne peut être fait; mais lorsque l’inflammation est modérée ou passée à l’état chronique, il est possible de faire l’inspection de l’œil : alors, aux phénomènes de congestion que nous venons de signaler, on voit se surajouter d’autres signes qui indiquent une infiltration séreuse. C’est un défaut de transparence de la rétine, principale-

(1) Follin, Leçons sur /'exploration de t’rril. 1863, p. Il G.

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