CONGESTION ET INFLAMMATION DE LA RÉTINE. — SYMPTÔMES
ment aux environs de la papille, dont les contours sont moins accusés ; c’est une teinte grisâtre qui masque la structure de la choroïde, et au milieu de laquelle apparaissent de grosses veines et quelquefois de petits foyers apoplectiques. Ces phénomènes objectifs appartiennent à la rétimte séreuse.
c. La rétinite parenchymateuse plastique est caractérisée par des exsudats, diffus ou circonscrits, siégeant sur la papille ou aux environs, et suivant, en général, la direction des vaisseaux. Ils ont une coloration gris bleuâtre ou jaunâtre. Les vaisseaux de la rétine sont masqués, interrompus par ces exsudations (1), caractère qui les distingue des exsudations choroïdiennes.au devant desquelles se dessinent les vaisseaux de la rétine. Leur siège de prédilection, en haut et en bas dans la direction des vaisseaux, les sépare nettement des plaques plus blanches et plus nacrées de la choroïdite atrophique, situées en général transversalement et au côté externe de la papille.
La ligure ci-jointe donne une idée des altérations avancées de la rétinite plastique.
Fig. 88. — Amaurose rétinienne de l'œil gauche. Papille optique effacée, vaisseaux centraux en voie d'oblitération, de sorte que la veine est difficile à distinguer de l’artère ; dépôts blanchâtres do différentes grandeurs dans la rétine, autour de sa partie centrale ; l'état initial de ces dépôts a la forme de points blancs placés à côté des vaisseaux ou le long de leur trajet. (Siebel, Iconographie ophthalmologique, p. LXXIX, fig. I.)
d. De la rétinite pigmentaire. — Cette singulière affection, observée pour la première fois par de Graefe, bien décrite par Donders (2), et à laquelle Mooren a consacré une monographie importante, est caractérisée au début par une héméralopie légère, puis par un rétrécissement progressif du champ de la vision, et enfin par la perte de la vue. Les signes ophthalmoscopiques sont des mieux accentués: la vascularisation de la rétine semble diminuée et sa surface est recouverte de couches de pigment, allectant la forme des corpuscules osseux et disposées souvent en lignes concentriques (3;, qui s’étendent de l’ora serra ta aux environs de la papille. Celle-ci est plus pâle qu’à l’état ordinaire, ses contours sont moins bien dessinés et ses vaisseaux, dans les périodes avancées, se perdent au milieu d’amas pigmentaires.
e. La rétinite purulente n’est pas une maladie isolée ; elle fait partie de l’oph- 1 liai mitis et ne permet pas l’examen ophthalmoscopique.
f. La rétinite syphilitique, presque toujours combinée à la choroïdite de
(1) Voy. Follin, loc. cil.. pl. U, fig. 3. - Fano, pl. III, fig. 10. - Émile Martin. Allas d’ophthalmoscopie, pl. V, fig. 5. — Sichel, Iconographie ophthalrnologique , pl. LXXVIII, fig. 6.
(2) Donders, Arch. fur Opht/iafmo/ogic, Band III, Abtheilung i, S. 139, 1857.
(3) Émile Martin, Allas d’ophthalmoscopie , pl. V, fig. 6.
MALADIES DES VEUX
même nature, se présente tantôl avec une hypérémie veineuse de la rétine ei un aspect bleuâtre particulier, tantôt avec une teinte d’un rouge pâle, un peu granuleux et mat, surtout dans quelques points, comme si elle était recouverte d’une légère couche exsudative (1). Ces symptômes n’ont pas de caractères assez constants pour servir au diagnostic de l’aiTection sans les commémoratifs et les signes généraux de la syphilis constitutionnelle.
g. La rétinttc albuminurique se présente sous trois états qui sont en rapport avec les degrés et l’ancienneté de la maladie. Au début, on ne peut constater qu’une simple hypérémie de la papille cl de la rétine ; mais plus tard on voit apparaître sur différents points des taches blanches ou jaunâtres, résultant soit d’une sclérose des nerfs, soit d’une dégénérescence graisseuse. En même temps, on aperçoit presque toujours de petits foyers hémorrhagiques de couleur différente, suivant leur ancienneté. Cet aspect de la rétinile albuminurique a quelque chose de très-caractéristique et est bien représenté dans tous les atlas d’ophthalmoscopie (2). Lécorché (3) en a donné une description exacte.
La ronyestion, les hémorrhagies , les dégénérescences graisseuses, se succèdent ou s’accompagnent très-souvent ; mais la maladie peut s’arrêter à l’état congestif et être suivie d’une guérison complète. Cet heureux résultat appartient aux albuminuries passagères, sans désorganisation des reins.
La réduite giycoNurique est beaucoup plus rare que la forme précédente ; les altérations qu’elle présente sont moins bien étudiées. Il paraît, d’après quelques observations, que l’examen ophthalmoscopique fait découvrir des lésions à peu près analogues à celles de la rétinite albuminurique (/i).
§ III. — Marche, durée, terminaison.
Les congestions et inflammations de la rétine peuvent avoir une marche aiguë, s’établir presque subitement et disparaître de même, à la suite d’un traitement antiphlogistique convenable; mais ce n’est pas le cas habituel : le plus souvent, elles s’établissent lentement, par poussées successives, qui finissent par amener dans la texture de la rétine des modifications très -profondes : la sclérose des fibres nerveuses, la dégénérescence graisseuse des vaisseaux, 1 atrophie de la rétine par des exsudats qui compriment les éléments nerveux. La terminaison est presque constamment une perte plus ou moins complète de la vue.
§ IV. — Diagnostic, pronostic.
Sans le secours de l’ophthalmoscope, il est impossible d’arriver à un diagnostic précis. Il n’existe pas, en effet, de caractères suffisants pour reconnaître une amaurose tenant à une inflammation de la rétine, d’une amaurose dépendant d’une altération de la choroïde, ou d’une lésion du nerf optique, sans 1 aide de ce précieux
(1) Sichel, Iconogr. ophthalmologique, pl. LXXVIII, hg. 5.
(2) Voy. Fano, loc. cit., pl. IV, lig. 15. — Émile Martin, pl. VI, lig. 8 et 9. — Hulin,
(3) Lécorché, De V altération de la vision dans la néphrite albumineuse , thèse île Pai is,
i4) Émile Martin, Atlas d’ophthalmoscopie, Paris, 1800. pl. M, hg. 4.