‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 294 sur 494 · MYOPIE. — CAUSES · texte numérisé non relu

MYOPIE. — CAUSES

qui no peut lire commodément à 15 ou 20 centimètres un caractère ordinaire d’imprimerie.

Fio. 91.

§ II. — Causes.

1° Causes efficientes. — La myopie étant un trouble de la réfraction, doit résulter des rapports réciproques du cristallin et de la rétine ; or, deux cas principaux peuvent se présenter : ou bien l’axe de l’œil a une trop grande étendue et les rayons lumineux après leur réfraction font leur foyer en avant de la rétine, c’est là, il faut le dire, la condition la plus générale de la myopie; ou bien les milieux réfringents de l’œil, la cornée et le cristallin, etc., ont une indice de réfraction trop considérable par suite d’une courbure exagérée ; dans ce cas comme dans l’autre, l’image des objets devra se faire en avant de la rétine. L’allongement du diamètre antéropostérieur de l’œil, comme cause de myopie, peut exister seul ou provenir d’une altération de la sclérotique, comme nous l’avons vu à l’article Staphylôme POSTfiniEUn, ou coïncider avec une hydrophthalmie qui a pour effet de distendre les membranes d’enveloppe.

2° Causes prédisposantes. — A. Hérédité. — La myopie peut être congénitale, très-souvent elle est héréditaire; Bohm cité par Follin ( loc . cil. , p. 237) prétend qu’elle est héréditaire dix-neuf fois sur vingt.

B. Ages. — Il est admis par tous les observateurs que les enfants sont rarement atteints de myopie avant l’époque où ils se servent de leurs yeux pour apprendre à lire ou à écrire, et ce n’est même qu’après un certain temps d’application qu’ils

i commencent a ressentir les effets de la vue courte. Lorsque, dit Mackenzie (2), les enfants, vers l’époque où on les envoie à l’école, sont supposés myopes, on doit examiner soigneusement l’état de leur pupille : très-souvent alors on trouve qu’il existe une cataracte centrale.

C. Sexes. — Cette affection est beaucoup plus fréquente chez les garçons que chez les filles, ce qui tient probablement au travail prématuré qu’on exige des garçons, car il est prouvé que les professions ont une grande influence sur la myopie.

D. Professions. — Les relevés statistiques des conseils de révision ont prouvé deux choses, que la myopie est fréquente et qu’elle frappe plus la population des villes que celle des campagnes (3). Cela tient sans doute au travail des collèges et à la mauvaise habitude qu’ont les enfants de* se pencher sur leurs livres et d’accommoder leur œil aux petites distances, d’où il résulte une contraction

(1) Follin, loc. cil., p. 237.

(2) Mackenzie, toc. cit., t. Il, p. 632.

(3) Boudin, Traité de géographie et de statistique médicales , 1857, t. Il, p. 588.

Valleix, 5e édit. V 56

MALADIES DES YEUX

d’abord transitoire, puis permanente, du muscle ciliaire, et enfin une courbure exagérée du cristallin (1).

E. Prédispositions morbides. — Les ramollissements de la cornée occasionnant brusquement la conicité de la cornée doivent, d’après Mackenzie, être considérés comme une cause de la myopie survenant brusquement chez les adultes. Mais parmi les causes morbides, celle qui a incontestablement le plus d’influence, est la scléro-choroïditc postérieure.

Donders, Arlt, Van Roosbroeck (2), soutiennent que dans la majorité des cas la myopie doit être considérée comme le résultat d’une choroïdite atrophique. Eu résumé, toutes les causes prédisposantes ont pour résultat final soit l’augmentation de la réfringence des milieux de l’œil, soit l’agrandissement du diamètre antéropostérieur, seules causes efficaces de la myopie.

§ III. — Symptômes et degrés.

1° Symptômes objectifs. — Les yeux des myopes sont habituellement saillants, plus ou moins durs à la pression, la pupille est dilatée et quelquefois la cornée paraît proéminente. Les paupières sont clignotantes, c’est même de cette parlicula rité qu’est venu le nom de la maladie (^ueiv, cligner, et wvj>, œil); ce glignotement a pour but de diminuer le diamètre de la pupille et d'empêcher la diffusion des rayons excentriques venant des objets éloignés. L’examen ophthalmoscopique ne révèle aucune altération, si ce n’est dans les cas où la myopie est d'origine morbide et provient d’un staphylôme postérieur (voyez p. 8ù8).

2° Symptômes subjectifs. — Wharton- Jones (3) résume de la manière suivante les particularités de la vision des personnes myopes : «1° Elles voient les petits objets plus distinctement que les autres personnes, parce qu’en se rapprochant, elles les regardent sous un angle plus grand ; 2° elles voient aussi par une lumière plus faible, parce que les objets étant rapprochés, une plus grande quantité de rayons lumineux arrive dans l’œil; voilà pourquoi elles peuvent lire de petits caractères dans une obscurité relative; 3° mais elles peuvent voir plus distinctement et à une plus grande distance, lorsque l’intensité de la lumière oblige la pupille à se contracter, car alors tous les rayons de lumière, hormis les plus directs, sont exclus. D’après le même principe elles voient distinctement les objets éloignés en les regardant à travers un trou percé avec une aiguille dans une carte, et lorsqu’elles essayent de voir les objets éloignés, elles ferment à moitié leurs paupières. Dans ces cas les rayons lumineux accroissent en quelque sorte leur divergence par la diffraction.

» Les myopes voient les objets situés au delà de la limite de leur vue distincte doubles ou plutôt multiples. »

On a singulièrement exagéré les degrés de la myopie. Folliu en admet trois degrés: 1° une myopie faible latente, qui n’oblige pas à porter des lunettes pour la vision des objets éloignés, et qui laisse la vision très-nette pour les objets rapprochés; 2° une myopie moyenne, qui ne permet pas d’avoir une notion exacte des objets éloignés, mais qui permet de voir avec les deux yeux, distinctement, les

(1) Giraud -Teuton, Physiologie et pathologie fonctionnelle de la vision binoculaire, chap. ix.

(2) Van Roosbroeck, Doctrine de la myopie {Bull, de l’Acad. de médecine belge, 1801).

(3) Wharton-Jones, loc. cit., p. 485.

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