TROUBLES VISUELS DUS A UN DÉFAUT DE CONVERGENCE DES AXES OPTIQUES
Pendant l’acte de l’accommodation à la vision des objets rapprochés les nerfs optiques convergent l’un vers l’autre ; il y a donc une contraction plus ou moins énergiqueetcontinuedumuscledroilinterne. Il peut en résulter une fatigue ou un spasme de ce muscle, susceptibles de produire divers troubles de la vue: 1° Si la tension musculaire est égale des deux côtés, le seul phénomène qui se manifeste est une fatigue oculaire ayant beaucoup d’analogie avec le spasme de l’orbiculairc. Cette fatigue oculaire est caractérisée par le trouble de la vue, la douleur et l’impossibilité de se livrer, pendant longtemps, au travail des petits objets. 2° Si la tension musculaire est inégale pour chacun des muscles droits internes, il en résulte un symptôme plus grave, la diplopie. La cause efficiente de cette diplopie réside dans un défaut de convergence des axes optiques, soit par suite de la contraction spasmodique d’un des droits internes, soit par sa paralysie, soit enfin par la prédominance d’action du droit interne du même côté. Le malade voit très-bien les objets éloignés; mais lorsqu’il s’applique longtemps à un travail délicat, peu à peu sa vue se trouble, un de ses veux est légèrement entraîné en dehors et il voit les objets doubles. S’il fait un effort pour corriger sa diplopie, il y parvient dans les premiers moments, mais plus tard cela lui devient impossible, et il est obligé de se reposer. La diplopie est directe ou croisée : directe, lorsque le strabisme est divergent, croisée, lorsqu’il est convergent. Celte affection ne laisse pas que d’être inquiétante, parce qu’elle peut occasionner un strabisme fixe et incurable, si ce n’est par une intervention chirurgicale. Le traitement de ces troubles visuels est assez délicat. 11 faut d’abord empêcher tout travail assidu sur les petits objets; si cette précaution ne suffit pas et que la diplopie persiste, on pourra peut-être y remédier par l’usage des verres biconcaves qui diminueront la convergence des axes optiques. Dans tous les cas, on essayera l’emploi des verres prismatiques, dont on tournera la base du côté de l’image complémentaire ; par des tâtonnements, il sera possible d amener la fusion des deux images.
Nous venons d’indiquer une des causes de la diplopie et du strabisme et les moyens d’y remédier; il nous resterait .à parler du strabisme fixe résultant de la paralysie du moteur commun et du nerf delà sixième paire ; mais il en a été déjà traité ailleurs (voy. tome I, p. 80 h et 808). Les autres variétés de déviation oculaire sont déterminées par des tumeurs et appartiennent exclusivement à la chirurgie. (E. Leplat).]