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EXAMEN DE L’APPAREIL DE L’AUDITION

L’examen de l’appareil de l’audition se divise naturellement comme l’examen des yeux en examen subjectif et en examen objectif.

1° Examen subjectif . — Il consiste à recueillir les diverses sensations éprouvées par le malade, à mesurer l’étendue et la portée de l’audition. Malheureusement tous ces différents phénomènes ne peuvent donner nue notion exacte et suffitante des altérations matérielles de l’organe de l’ouïe. La paracousie, ou perversion du sens auditif, consistant dans une sensibilité anormale du nerf auditif qui transforme les sons les plus légers en bruits très-forts, qui fait entendre plusieurs bruits là où il ne s’en produit qu’un seul, qui enfin détermine ces bourdonnements de forme et d’intensité différentes, appartient à plusieurs états pathologiques et l’on ne saurait les distinguer les uns des autres. Il n’v a donc pas lieu d’étudier la paracousie en elle-même; elle appartient à la pathologie générale. On peut retirer des notions plus exactes de la mesure de l’étendue de l’ouïe; car elle permet de classer les sourds et muets en diverses catégories au point de vue du mode d’éducation qui leur est applicable,

La surdité a des degrés variables. Le premier degré est caractérisé par une simple diminution de l’audition, et porte le nom de dÿSecée;\e second, par l’absence complète de la perception des sons, et porte le nom de cophose. Entre ces deux

(1) Itard, Traité des maladies de l’oreille et de l’audition , 2° édit. Paria 1842.

(2) Bonnafont, Traité théorique et pratique des maladies de l’oreille. Paris, 1860.

(3) Triquet, Traité pratique des maladies de l'oreille, 1857.

(4) Blanchet, Traitement des maladies de l’oreille interne. — La surdi-mutité traite philosophique et médical , 1850.

Valt.f.tx, 5e édit.

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extrêmes, il y a des nuances à l’infini dont on ne peut se rendre compte qu’au moyen des acoum'etres .

Beaucoup d’instruments ont été inventés pour mesurer exactement la portée de

l’ouïe : quelques-uns sont très-compliqués et sont loin de remplir le but qu’ils se proposent. Les meilleurs sont encore le tictac d’une montre ordinaire et les diapasons qu’on éloigne ou que l’on rapproche de l’oreille. Itard(l) a imaginé un acoumètre (fig. 96), formé d’un petit marteau qu’on laisse tomber sur un corps sonore. Le bruit qu’il produit est en rapport avec la hauteur de la chute : celle-ci est représentée par les divisions d’un petit cadran sur lequel court une aiguille liée d’une manière intime à la lige du marteau ; mais cet instrument, dont on comprend facilement le mécanisme, n’a pas pris rang dans la pratique. En définitive, c’est de la montre ou du diapason qu’il faut se servir. Lorsque les sons du diapason ou les bruits de la montre ne sont pas entendus du malade, ces instruments étant appliqués sur la tête, on doit conclure à une surdité complète avec paralysie du nerf acoustique ; si le malade ne peut percevoir les sons que du moment où le diapason et la montre sont appliqués sur les parois du crâne, le nerf acoustique sera considéré comme intact, bien que la surdité soit complète; dans un troisième cas, la surdité sera incomplète, mais à des degrés divers, lorsque les sons seront entendus, le diapason et la montre étant tenus à distance des parois crâniennes.

t'iu. oc. — Acoumètre d’itard. 2° Examen objectif de l'oreille. — L’examen subjectif ne peut donner que la notion générale du degré de la surdité ; l’examen objectif est seul susceptible d’indiquer la nature de la cause de la maladie. Or, la cophose provient, soit d’une maladie de l’oreille interne ou de l’oreille moyenne, soit d’une lésion de l’oreille interne ou du centre encéphalique. L’oreille externe et l’oreille moyenne sont seules accessibles à nos moyens d’examen ; ce n’est donc que par exclusion que nous pouvons arriver à déterminer les altérations de l’oreille interne et du cerveau, qui sont la cause de la surdité; il en résulte que l’examen objectif de l’oreille est limité; mais quel qu’il soit, voyous les notions qu'il peut nous fournir.

A. Examen de l'oreille externe. — La constatation des altérations du conduit auditif (îxterne se fait au moyen de l’éclairage naturel et de l’éclairage artificiel de ce conduit. Le malade est placé devant une croisée bien éclairée, l’observateur relève en arrière et en haut le pavillon de l’oreille, afin de redresser autant que possible les courbures du conduit auditif, puis il plonge son regard au fond de l’oreille. Mais le moindre gontlcmenl de la muqueuse empêche les rayons lumineux d’arriver

(1) Ilard, Traité des maladies de l'oreille et de T audition , 2e édit. Paris, 1842, planche I,

fig. 1.

EXAMEN DE L’APPAllEIL DE

l’audition.

sur la membrane du tympan; pour obvier à cet inconvénient on a inventé le spéculum ciuris.

Les spéculums de l’oreille sont aussi nombreux que les médecins spécialistes, chacun a le sien. Pour être satisfaisants, ils doivent avoir des dimensions et des

courbures en rapport avec celles du

Elu. 9". — Spéculum à crémaillère de Triquet (grandeur naturelle). I , montre le spéculum appliqué; 2, montre la courbure des valves de l’instrument.

conduit auditif. Nous donnons ici la figure du spéculum de Triquet (fig. 97). Il est bivalve, courbé sur une de ses faces et remplit assez bien les conditions réclamées pour l’examen.

Eclairage du conduit auditif. — Nous avons vu que dans les circonstances ordinaires la lumière naturelle était suffisante. Cependant la lumière artificielle est préférable, car il est plus facile de la concentrer et de la diriger sur les parties qu’on désire examiner. Eu pratique, les moyens les plus simples sont les meilleurs; le petit appareil deTriquet (fig. 98), nous semble susceptible de répondre aux besoins de la pratique habituelle.

FlG. 98. — Appareil deTriquet pour éclairer le conduit auditif.

Il se compose : 1° d’un support à deux valves qui s’ouvrent et s’écartent par la pression d’un ressort; 2° d’une bougie allumée et placée entre les valves; 3° d’un petit miroir concave et placé en arrière.

L’appareil de Bonnafont (fig. 99) donne un éclairage plus intense ; mais peut-être n’est-il pas aussi commode à manier.

« Le cylindre «, qui n’a que 6 centimètres de hauteur et 5 de diamètre, est composé de deux valves à charnière b, de manière à pouvoir s’ouvrir pour s’adapter au verre d’une lampe correspondant au foyer lumineux. Ce cylindre présente d’un

MAL A Dit S DE L’OHLItEE.

cùlé une ouverture circulaire de 2 centimètres, munie d’une lentille convexe des deux côtés, et communiquant h un petit tube soudé sur le corps de l’ipstrument.

Ce petit tube est garni : 1° d’un miroir réflecteur ce placé en face de la lentille, et décrivant avec elle un angle de ô5 degrés; 2° d’une seconde lentille rf, fermant l'extrémité correspondante du tube. On comprend maintenant ([ne la partie cylindrique de l’instrument une fois adaptée à la lampe, la lumière de celle-ci est fortement réfractée par la première lentille avant d’être reçue par le miroir réflecteur, lequel à son tour la réfléchit à angle droit sur la deuxième lentille, qu’elle traverse en se condensant, et forme en sortant un faisceau lumineux très-intense, lequel, dirigé sur le conduit auditif pendant que celui-ci est dilaté par le petit spéculum bivalve e, éclaire si bien toutes les parties de ce tube, qu’il devient facile de distinguer toutes les transformations morbides qu’il peut avoir subies, et d’y pratiquer toutes les opérations qu’elles peuvent réclamer (1). »

B. L'examen de l’oreille moyenne ne peut se faire directement, à moins d’une

PlG. i00. — Introduction de la sonde dans la trompe d’Euslaclie. a, sonde; b, orifice pharyngien de la trompe; e, l, méat inférieur des fosses nasales ■ g, cornet inférieur; h, dents incisives ; k, voile du palais;», lobedu palais.

destruction complète de la membrane du tympan. Mais en faisant passer à travers la caisse du tympan des liquides et de l’air atmosphérique, on peut plus ou moins (1) Bonnafont, loc. cit ., p. 46.

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