‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 323 sur 494 · SIGNES FOURNIS PAR LA PIQURE D’UN PETIT SERPENT · texte numérisé non relu

SIGNES FOURNIS PAR LA PIQURE D’UN PETIT SERPENT

En général, deux petites plaies faites par les crochets; douleur très-vive, bientôt engourdissement (cependant la douleur peut être nulle) ; gonflement rapide, sans chaleur de la peau ; cercle livide autour des piqûres ; quelquefois insensibilité et refroidissement de tout le membre ; le plus souvent peu de fièvre ; prostration, assoupissement.

SIGNES DE LA MORSURE D’UNE SCOLOPONDRE (vulg. cent-pieds).

En général, deux petites plaies faites par les pieds-mâchoires ; douleur très-forte, puis prurit désagréable (la douleur ne passe jamais inaperçue) ; gonflement moins marqué, avec chaleur vive de la peau ; cercle rouge inflammatoire autour de la morsure ; ordinairement hypersthénie et élévation de la température de tout le membre ; presque toujours fièvre intense chez les enfants ; phénomènes d’excitation, parfois convulsions.

Pronostic. — La piqûre du trigonocéphale doit toujours être regardée comme un accident grave. Plus le serpent est gros, plus les blessures sont redoutables. La profondeur de la plaie, le nombre des piqûres, l’âge du blessé, la constitution, l’état de santé antérieur, sont autant d’éléments qui doivent servir à établir le pronostic. On prétend aux Antilles que les grands buveurs de tafia auraient plus de chances de guérison (?).

§ IV. — Traitement.

Le docteur Rufz a exposé les divers remèdes employés par les guérisseurs des Antilles. Presque tous ont pour base le tafia, additionné du suc de certaines plantes. Nous sommes porté à croire, avec Encognère, que, dans ces cas, l’action thérapeutique est due au tafia. Aux pratiques empiriques, il convient de substituer la méthode suivante, qui est celle de Rufz légèrement modifiée par Encognère.

Première période. Le venin n'a encore produit que des phénomènes locaux. — Appliquez immédiatement après la piqûre une ligature (1) au-dessus de la plaie; agrandir la piqûre par des incisions convenables, c’est-à-dire allant jusqu’au fond des plaies ; laver les plaies à grande eau, et les frictionner avec du jus de citron ; appliquer des ventouses et exercer la succion; cautériser avec le premier objet de fer rougi à blanc. Ici le succès dépend entièrement de la promptitude.

(1) On ne saurait trop recommander aux personnes étrangères à la médecine qui auraient occasion d’appliquer une ligature, dans un cas de ce genre, de ne pas serrer trop fortement au point d’interrompre la circulation profonde du membre ; il faut choisir un lien qui ne soit pas trop mince ; la ligature doit être enlevée dès que la cautérisation a eu lieu ; elle ne doit avoir pour effet que de retarder l’absorption du venin.

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