PUSTULE MALIGNE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC
étrangers à la médecine. Dans les cas sérieux qui doivent guérir, le mal s’arrête au septième jour seulement, et c’est au neuvième qu’il rétrograde franchement.
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Un retard de quelques heures peut entraîner la mort, ou des difformités déplorat blés pour le malade, ou le discrédit le plus éclatant pour le médecin.
Le diagnostic est difficile, surtout à son début, quand le bouton primitif n’est t encore qu’à l’état de tache ou de petite vésicule, et surtout s’il commence par un tubercule, par une bulle, quand l’eschare centrale vient à manquer; ou bien encore t dans les cas où la pustule débute par une sorte de petite tache jaunâtre, sans vési- ( cule, siégeant au milieu d’une tuméfaction pâle, semi-transparente, comme on l’observe quelquefois aux paupières.
Aux différents âges de son évolution, elle peut principalement être confondue avec les tumeurs inflammatoires ou œdémateuses de toutes sortes, quand surtout i celles-ci sont accompagnées de quelques points gangréneux, avec des gonflements i de diverses natures, des pustules folliculeuses cutanées; on l’a même vue survenir pendant la convalescence d’une variole, être prise pour une pustule variolique : secondaire.
Quelle que soit la maladie qui laisse dans le doute, il semble qu’il sera le plus souvent permis d’en sortir en tenant compte des conditions propres à la pustule, déjà signalées. La cause spécifique, les épizooties coïncidentes, l’absence de symptômes généraux au début, la vésicule, l’eschare, la tumeur avec sa teinte de peau de crapaud, le cercle vésiculeux séparant l’eschare de la tumeur, l’absence de la douleur et le siège de la lésion sur les parties découvertes, sont autant de caractères qui tireront heureusement d’embarras dans un grand nombre de cas.
Toutefois, si le doute subsiste, il sera bon de pratiquer d’emblée les cautérisations indiquées par l’épaisseur du tégument malade, et par la délicatesse des organes voisins.
Nous examinerons successivement : le charbon malin symptomatique , le charbon pestilentiel, l’anthrax ou charbon bénin ou furonculeux, l’anthrax, le furoncle; l’érysipèle simple, phlegmoneux, œdémateux, bulleux, gangréneux; la gangrène delà bouche, les piqûres d’insectes venimeux, l’œdème bénin des paupières.
A l’exception de la piqûre des insectes et de l’œdème bénin, toutes ces affectioiLs se développent au milieu d’un trouble de l’économie qui les a précédées ou accompagnées quand elles n’en sont pas l’effet direct. Toutes se développent à titre de symptômes; la maladie véritable les a précédées depuis quelques jours. Or, c’est le contraire pour la pustule maligne ; elle précède l’empcisonnement général; elle ne le traduit pas. Elle est à elle seule la maladie et non le symptôme. Donc, sans faire l’histoire détailléede chacune de ces affections, nous la présenterons au préalable avec la description de la pustule maligne, de l’œdème malin, darts les tableaux suivants.
On reconnaîtra les pustules de morve ou farcin aigu en remontant aüx antécédents, en constatant l’existence de symptômes généraux longtemps avant la naissance des boutons gangréneux.
Les pustules d'ecthgma seront distinguées aisément du charbon par leur surface
DES INTOXICATIONS
molle, la vive douleur qu’elles donnent, le pus quelles contiennent, l’absence d’aréole vésiculaire et le développement simultané, sinon antérieur, des symptômes généraux. Sans parler de Y acné, reconnue par l’expulsion du contenu du follicule; des vésicules d 'herpès, si bénignes cl développées comme phénomènes critiques du zorui, presque toujours accompagnées de névralgies; des morsures de la vip'ere , distinguées par sa double piqûre de la peau, par la rapidité de l’enflure, qui, des extrémités, arrive en quelques heures jusqu’au tronc.
TABLEAU SYNOPTIQUE OU DIAGNOSTIC
lre SECTION. — Charbon malin symptomatique , ou anthrax malin.
PUSTULE MALIGNE
Causes. — Externe, contact ; terrains secs, inoculation locale.
Prodromes. — Absence de fièvre ; elle n’est qu’une conséquence des phénomènes locaux.
Nature. — Elle est une cause d’intoxication, si la pustule n’est pas détruite.
Symptômes particuliers. — La tumeur est très-peu douloureuse i.u ne l’est pas du tout.
Cercle vésiculeux très-régulier entourant l’eschare.
Coïncidences. — Épizooties de fièvres charbonneuses ; pas de maladies marécageuses sur les habitants.
PUSTULE MALIGNE
Aucune épidémie en vigueur.
La pustule est le symptôme initial.
Unique en général.
Vésicules et bulles sur la peau voisine de la pustule.
Indolence locale.
Eschare étroite.
Nature. — Point de départ d’une intoxication générale.
Se développe quelquefois sur les régions couvertes de poils.
PUSTULE MALIGNE
Tumeur indolente, brune au centre, rouge sombre à la périphérie.
Vésicule au centre et pas de pus.
Primitivement étranger à l’économie, d’où absence de réaction fébrile.
Abgence de suppuration, si ce n’est quelquefois dans la période ultime de réaction.
Absence de bourbillon, mais large mortification cellulaire dans la forme gangréneuse.