ÉROSIONS DU COL DE L’UTÉRUS
§ I. — Causes.
On a dit que ces lésions sont dues au passage continuel d’un mucus altéré; mais Duparcque n’a pas observé ce rapport de cause à effet, et il a vu la sécrétion morbide dépendre de ces érosions, bien plutôt que les produire. Dans un cas cité par Magistel, elles étaient, selon toutes les apparences, occasionnées par la présence d'un pessaire.
§ II. — Symptômes.
[Selon Fl. Churchill (1), elles se produisent à tout Age, mais surtout après le mariage, et elles sont souvent une cause de stérilité. Si elles se produisent après la conception, ou si une femme est devenue enceinte malgré cette lésion, il est fréquent de voir survenir des avortements (Fl. Churchill, AVilehead, J. H. Bennet). Elles existent aussi dans la plupart des cas de polypes utérins, au point qui était eu contact avec le pédicule ou le corps du polype (Montgomery (2), J. II. Bennet, Kennedy). Beaucoup de cas de leucorrhée opiniâtre qui ont résisté aux traitements ordinaires, sont, en réalité, des cas d’érosion du col.]
Les signes qui font soupçonner l’existence des érosions, sont un sentiment de i chaleur brûlante , de prurit incommode dans le fond du vagin, des douleurs vives i du col de l’utérus réveillées par le contact du doigt, et qui rendent surtout le coït <
(1) Fl. Churchill, Traité pratique des maladies des femmes, trad. franç. de Wieland et Dubrisay. Paris, 1866, p. 307.
(2) Montgomery, Dublin Journal, août 18A6.
ÉROSIONS DU COL DE l/UTÉRUS. — TRAITEMENT.
)éi ible. Mais le signe principal est fourni par Y écoulement plus ou moins abondant mi constitue la leucorrhée, et qui a longtemps attiré seul l’attention: ce n’est que lepuis l’usage du spéculum, qu’on a vu que beaucoup de ces écoulements étaient lus à des alfections ulcéreuses du vagin, et surtout de l’utérus. Dans ce cas, la raa- ,ière ne provient pas seulement de la surface érodée; l’irritation qui s’irradie au Teste de l’utérus augmente sa sécrétion, et ce produit lui-même, par son contact avec le vagin, y excite et altère la sécrétion normale. Mais ce signe n’est pas constant, la suppuration peut être assez peu abondante pour que la matière, pour ainsi dire perdue dans le canal vaginal, ne vienne point se manifester au dehors.
| (Duparcque.)
Le toucher, outre la douleur qu’il produit, fait reconnaître l’existence d’une trèslégère perte de substance qui se fait sentir vers les bords de l’érosion. On sent, en passant de la surface saine à la surface malade, une petite arête qui indique le commencement de l’ulcération un peu déprimée.
[Parfois aussi on éprouve une sensation pareille à celle que donne le velours; c’est qu’alors les villosités se redressent comme les poils de cette étoffe, et dans quelques cas, elles sont même considérablement hypertrophiées (1).]
A Yaidedu spéculum, on voit une surface d’un rouge plus ou moins vif, siégeant tantôt sur une lèvre, tantôt sur l’autre, et quelquefois sur les deux. Elle est irrégulière, et l’on distingue facilement la saillie de ses bords, qui sont entourés d’une auréole rouge plus ou moins large.
[L’épithélium de la portion externe du col et de la portion supérieure du vagin peut manquer entièrement ou en partie. Quand l’épithélium manque, la membrane muqueuse est d’un rouge très-intense, ce qui lient à ce que les villosités sont complètement à nu ; et à l’examen au spéculum les parties paraissent tomenteuses et dénudées. D’autres fois, il n’y a pas seulement absence d’épithélium, mais les villosités de la surface extérieure du col et des lèvres de l’oriftce sont détruites par places: cela donne à la membrane muqueuse l’aspect d’une surface détruite et corrodée. Quelquefois on n’aperçoit ainsi que de petites ulcérations circonscrites; d’autres fois, au contraire, elles s’étendent jusqu’à l’intérieur du corps de l’utérus (Tyler Smith).]
L’écoulement qui accompagne ces érosions étant ordinairement assez abondant, il en résulte assez fréquemment des symptômes semblables à ceux qui viennent d’être indiqués à propos des granulations.
§ III. — Traitement.
Le traitement antiphlogistique est plus souvent applicable aux érosions qu’aux granulations du col de l’utérus. On y a recours lorsque l’érosion est « d’un rouge vif, sensible, douloureuse, et repose sur un fond engorgé, congestionné, enflammé. Le sujet est-il jeune et fort, on débute par une saignée, on le soumet à un régime rafraîchissant, on pousse doucement et fréquemment des injections de liquides mucilagincux et narcotiques à température basse (décoction de racine de guimauve, ou de graine de lin et de têtes de pavot), ou on les remplace par des cata-
(1) Tyler Smith, Medico-chirury. Transact. London, 1852, vol. XXX.V, p. 393.
MALADIES DLS FEMMES.
plasmes A demeure ; les bains entiers et les bains de siège presque froids convien 1 lient également.
» On proscrit toute espèce de fatigue; on éloigne les causes qui ont déterminé]! ou qui entretiennent 1 érosion, et l’on recommande principalement le repos absolt 4 des organes; on surveille les évacuations alvines, et l’on prescrit un régime appro-X prié » (Duparcque.)
Lorsque l’inflammation est peu vive, ou lorsque, à l’aide des moyens qui vien-i lient d être indiqués, oui a notablement apaisée, on a recours au traitement exposé en détail à propos des granulations.