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GRANULATIONS UTÉRINES. — TRAITEMENT

C’est le nitrate acide de mercure qu’on emploie le plus fréquemment. On se Se,.t (iu spéculum plein, avec lequel on embrasse bien le museau de tanche ; on débarrasse le col de ses mucosités, soit avec un bourdonnet de coton porté sur un manche, soit par une petite injection ; puis à l’aide d’un pinceau de charpie dont les brins sont coupés courts, dont le manche est long, et qu’on égoutte après l’avoir trempé dans l’acide, on touche le point malade, en appuyant légèrement pendant un temps très-court. Cela fait, sans retirer le spéculum, on fait une injection sur le col pour entraîner les parties du liquide qui n’auraient pas encore agi. Après cette cautérisation, la plupart des médecins prescrivent un bain et le repos presque absolu pendant tout le reste de la journée. INous avons vu, à l’hôpital de Lourcine, ces précautions négligées, sans qu’il soit arrivé aucun accident.

Parmi les caustiques solides employés, citons la potasse caustique , la paie de I Vienne , le même caustique solidifié et le nitrate d'argent. La potasse caustique, la pâte de Vienne, sont généralement abandonnées, parce qu’il n’est pas facile d’en limiter l’action. Le caustique de Vienne solidifié, que Filhos a obtenu par une préparation particulière, est bien plus facilement manié; mais dans la maladie qui nous occupe on n’a nullement besoin d’un caustique aussi puissant, et le nitrate d’argent, employé convenablement et avec la persévérance nécessaire, remplit toutes les conditions désirables (1).

La cautérisation avec le nitrate d’argent ne présente aucune difficulté. On peut la pratiquer à l’aide de toute espèce de spéculum. On se sert du crayon de nitrate d’argent qu’on promène sur la plaque granuleuse. Il est bon de dépasser les limites de cette plaque, et.il n’y a aucun inconvénient même à toucher toute la surface du col et la 'partie supérieure du vagin. Il faut surtout cautériser les granulations dans l’ intérieur même du col, en enfonçant le crayon à 2 centimètres environ. Faute de cette précaution, on ne détruirait pas toute la maladie, qui tendrait à se perpétuer.

[Dans un grand nombre de cas, la cautérisation avec une solution de nitrate l'argent portée sur la surface malade à l’aide d’un pinceau a paru utile, le liquide caustique ayant l’avantage de pénétrer d’une façon plus générale les divers points de la surface malade, mieux que ne pourrait le faire le cyayon de nitrate d’argent. La «solution qui est le plus habituellement employée est la suivante :

Nitrate d’argent cristallisé.. 10 gram. | Eau distillée 90 gram.]

La cautérisation n’a aucune espèce d’inconvénient, et le traitement réussit aussi hbien quand on néglige complètement toute précaution ultérieure.

La cautérisation avec le nitrate d’argent doit être pratiquée d’abord deux fois par «semaine, puis tous les huit jours jusqu’à la fin du traitement, qui dure ordinairement de six semaines à deux mois.

Pour venir en aide à ce traitement, on a recours à des injections détersives ou ■astringentes, avec l 'acétate de plomb, l 'alun, la décoction de racine de ratanhia, de noix de galle , de feuilles de noyer. Quelques médecins veulent même qu’on laisse dans le vagin un tampon de charpie, ou une petite éponge imbibée de ces liquides. Méfier (2), qui a suivi ce conseil, a trouvé que le plus souvent, ces corps

(1) Voyez R. Philipeaux, T raitë pratique de la cautérisation , d’après l’enseignement clinique du professeur Bonnet, de Lyon. Paris, 1850, p. 573 et suiv.

(2) Mèlier, (considérations pratiques sur les maladies de la matrice ( Mèm . de l' Acad, royale de méd. Paris, 1833, t. II, p. 330).

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etrangers devenaient gênants, occasionnaient de la douleur cl irritaient le col de I utérus et le vagin. Les mêmes réflexions s’appliquent aux astringents réduits en ; poudre et portés sur le col à l’aide d’un bourdonnet de charpie.

On a conseillé d’employer uniquement les astringents dans un but curatif, et, pour rendre leur effet plus grand, on a, le spéculum étant en place, lancé avec force les injections sur le col. Ayant, à l’hôpital de Lourcinc, mis en usage, dans quelques cas, les injections d’eau de feuilles de noyer poussées avec force sur le col, nous avons vu parfois survenir une amélioration évidente, mais nous avons été toujours obligé de terminer le traitement par la cautérisation avec le nitrate d’argent.

Quelques médecins, supposant que les granulations du col sont, dans quelques cas, le résultat d’un vice dartreux, ont prescrit Veau sulfureuse en bains , en boisson, en injections; d’autres ont recommandé les bains alcalins ; mais tous ces moyens ne sont utiles que comme adjuvants. En même temps qu’on emploie la cautérisation, on peut, si l’écoulement est abondant, placer sur le col un tampon de churpie sèche destiné à absorber l’humidité, et qu’on change fréquemment ; mais, bien qu’on ait voulu en faire le moyen principal, on ne doit le regarder, avec les précédents, que comme un simple adjuvant.

Enfin, il faut calmer les douleurs nerveuses, donner des toniques, des ferrugineux, des opiacés, pour combattre les souffrances de l’estomac, mettre en œuvre les moyens utiles contre la dysménorrhée.

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