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EMPOISONNEMENT PAR L’ARSENIC

C’est à l’étude de l’empoisonnement par Y acide arsénieux ( arsenic ) que nous devons borner les détails de cet article, parce que les empoisonnements par les autres préparations arsenicales n’offrent rien de particulier, et que d’un autre côté, dans la grande majorité des cas, c’est l’acide arsénieux qui les produit.

[L’empoisonnement peut avoir lieu par l’arsenic pris à l’intérieur ou par son application à l’extérieur.

DES INTOXICATIONS

§ III. — Symptômes, marche, durée, terminaison.

T. Empoisonnement par l'arsenic pris à l'intérieur. — Le début de l'empoisonnement arsenical interne est toujours violent, quelle que doive en être l’issue; l’époque à laquelle se montrent les premiers accidents après l’ingestion du poison est d’ailleurs assez variable. Ils apparaissent, le plus souvent, au bout d’une heure ; dans quelques cas, ils ne se développent que de deux à quatre heures après l’administration du poison.

L’empoisonnement par l’arsenic, au point de vue de la marche des symptômes, affecte quatre formes distinctes : il est suraigu, latent, subaigu ou lent.

A. Forme suraiguë. — L’individu empoisonné éprouve d’abord à la gorge une sensation de chaleur âcre, mais non brûlante et des nausées; il est pris de vomissements abondants, répétés, composés d’abord de substances alimentaires, puis de matières blanchâtres. Il se plaint d’une soif ardente et les boissons ramènent sans cesse les vomissements; d’une douleur épigastrique que la pression exagère, et particulièrement d’un mal de tête violent et fixe. L’altération des traits, le refroidissement des extrémités, l’affaiblissement extrême, la tendance à la syncope, la petitesse du pouls, qui se laisse à peine sentir, attestent, dès le début, la gravité de cet état. Les évacuations ah ines succèdent ou s’ajoutent aux vomissements; elles sont parfois involontaires et formées d’une diarrhée séreuse et blanche. Des crampes très-douloureuses se font sentir dans les muscles des membres. Le visage, d’abord très-pâle, prend la teinte violacée de la cyanose ; les forces décroissent rapidement, la peau est glacée, toute excrétion est supprimée et la mort arrive dans un espace de temps qui varie de cinq à douze, quinze ou vingt heures, à partir du moment où les premiers signes de l’empoisonnement ont éclaté.

B. Forme latente. — Dans certains cas rares, il ne survient ni vomissements ni évacuations, la peau reste froide, le pouls tranquille. Il y a une grande apparence de calme, mais une faiblesse qui se manifeste par quelques évanouissements et qui est bientôt suivie d’une somnolence au milieu de laquelle la vie s’éteint sans agonie, mais en quelques heures et aussi vite que dans la forme précédente.

G. Forme subaiguë. — Elle est de toutes la plus commune. Les vomissements très-abondants et très-répélés, au début, cessent après un ou deux jours et avec la disparition de ce pénible symptôme coïncide une amélioration apparente : le ventre est indolent, la langue naturelle, la respiration normale. Mais, l’âcreté de la gorge, la soif et le refroidissement général persistent, ainsi qu’une grande faiblesse et une constante irrégularité du pouls et des battements du cœur, une oppression et une dyspnée très-pénibles, et la suppression de l’urine. La sensation la plus incommode est une constriction spasmodique de la gorge qui s’accompagne d une déglutition douloureuse et parfois d’une sorte de brûlure qui s’étend depuis la bouche jusqu’à l’anus. Souvent il survient des phénomènes de réaction. Le ventre devient dur, ballonné, sensible; la fièvre s’allume, le pouls est fréquent et assez fort. Tout sommeil a fui; l’agitation et les mouvements spasmodiques alternent avec des défaillances passagères. Le visage offre une altération particulière, il est comme gonflé et la cyanose fait place à une teinte d’un rouge brun; la langue est rouge et sèche, la soif inextinguible ; la gorge toujours douloureuse, la respiration! difficile et embarrassée. A celte période, du deuxième au cinquième jour, on \oit>/

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