EMPOISONNEMENT PAU LES DRASTIQUES
[ Nous réunirons sous ce titre un certain nombre d’agents employés en thérapeutique et empruntés au règne végétal, qui ont cela de commun de produire des effets purgatifs très- violents. Nous citerons parmi les plus usités : brijone, elaterium , résine de jalap , coloquinte, gomme-gutte , huile de crotontiglium, résine d'euphorbe, sabine, staphisaigre, narcisse des prés, colchique, gratiole, renoncule âcre, anémone pulsatile, clématite des haies, etc. Le principe actif de ces diverses substances n’est pas le même: la vératrine est cependant le plus répandu et le plus redoutable.
§ I. — Symptômes et lésions.
Leurs effets sont d’ailleurs très-semblables : à l'extérieur, elles déterminent sur la peau une irritation locale; à l’intérieur, à dose vénéneuse, très-variable pour chacune de ces substances et suivant les sujets, elles provoquent, quelque temps après l’ingestion, des douleurs brûlantes dans le ventre, des nausées, des vomissements très-copieux, bilieux, des évacuations alvines abondantes, dysentériques, cholériformes, hémorrhagiques, bientôt suivies de refroidissement général, de petitesse extrême du pouls, de prostration, de convulsion, et de paralysies ultimes. La mort arrive en vingt-quatre ou quarante-huit heures, et à l’autopsie on trouve les intestins plus profondément lésés que l’estomac, remplis d’un liquide floconneux, blanchâtre et sanguinolent, parfois de sang pur; la membrane muqueuse ramollie, parsemée d’ulcérations, de taches noires, de plaques gangréneuses. Tous les viscères, le foie et la rate notamment, sont le siège d’un ramollissement profond (Tardieu) (1).
(1) Tardieu, Eluda mèdico-U.gnlc sur l'empoisonnement. Paris, I8G6.
des INTOXICATIONS.
§ II. — Traitement.
Ces substances toxiques n’ont pas de contre-poison spécial; il faut provoquer les vomissements par la titillation de la luette, l’administration abondante de boissons mucilagineuses, s’ils n’ont déjà eu lieu. Donner des lavements opiacés, camphrés et des infusions aromatiques additionnées de teinture de cannelle s’il y a collapsus et réfrigération. Puis lors de la réaction recourir au traitement antiphlogistique subordonné aux indications particulières fournies par la résistance du sujet.]