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EMPOISONNEMENT PAR LES CANTHARIDES

[La cantharide officinale et plusieurs espèces de la famille des Cantharides (coléoptères hétéromères) contiennent dans leurs téguments un principe actif qui les fait rechercher pour les usages pharmaceutiques, mais qui a une propriété toxique énergique. La poudre de cantharides et les diverses préparations qui contiennent les cantharides.à l’état de solution, donnent lieu aux mêmes accidents; leur intensité varie suivant la dose, le mode d’administration, l’âge et la force des sujets.

§ I. — Signes.

L’empoisonnement est caractérisé par deux périodes distinctes. La première est celle qu’on observe le plus ordinairement. Peu de temps après l'administration ou l’ingestion de la poudre de cantharides ou de leur principe actif, le malade accuse un sentiment de brûlure dans la bouche, l’œsophage et l’estomac. Celte douleur est presque toujours accompagnée d’un sentiment de constriction à la gorge, qui rend la déglutition difficile et tellement douloureuse, qu’il peut y avoir aversion pour les liquides, bien que le patient soit en proie à une soif ardente. Il ne tarde pas à survenir des douleurs atroces vers les reins, les uretères et la vessie; assez fréquemment, ces douleurs coïncident avec un état de priapisme fatigant et douloureux, mais très-rarement avec de l’excitation vénérienne. Les propriétés aphrodisiaques ne sont, en effet, rien moins que prouvées (I). Le malade ne peut rendre que quelques gouttes d’urine sanguinolente et contenant une forte proportion d’albumine. Les douleurs peuvent être assez vives pour faire pousser des cris et donner lieu à un délire quelquefois furieux. Il survient des vomissements et des selles dans lesquelles on peut reconnaître des fragments brillants d’élvtres de cantharides, quand c’est la poudre de ces insectes qui a été ingérée. Si la dose a été considérable, si les accidents n’ont pas été combattus à temps, et que l’absorption d’une forte proportion de cantharidine a pu avoir lieu, le malade se refroidit; la prostration devient extrême, il y a des lipothymies, des syncopes, des sueurs froides et profuses, des mouvements spasmodiques et des convulsions. Le pouls devient lent et filiforme, et le malade peut succomber dans un état d’hvposthénie profonde.

§ II. — Traitement

S’il y a lieu de supposer que la substance toxique est encore, en tout ou en par-

(1) Voy. S. Dieu, Traité de matière médicale , t. II, p. 36. — Journal de chimie médicale, janvier 1847, p. 17. — A. S. Taylor, On Poisons in relation to medical Jurisprudence and Medirine , 2e édit., p. 370.

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