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EMPOISONNEMENT PAR LE SULFURE DE CARBONE

[ C’est aux travaux du docteur Delpech que l’on doit les notions les plus complètes sur l’intoxication par le sulfure de carbone (2). Nous leur empruntons les détails suivants.

Les ouvriers en caoutchouc sont les victimes habituelles du sulfure de carbone. Ils en font usage pour dissoudre le caoutchouc, pour souder ensemble des plaques isolées de gomme élastique.

Le sulfure de carbone se volatilise à l’air libre et exhale des vapeurs nauséabondes rapidement insupportables et malfaisantes.

(1) Bergeron, Mémoire sur l'emploi et la fabrication des couleurs d’aniline {Bulletin de l’Académie de médecine , t. XXX, p. 327, séance du 31 janvier 1865).

(2) Delpech, Mémoire sur les accidents que développe chez les ouvriers en caoutchouc l inhalation du sulfure de carbone en vapeur, mémoire lu à l’Académie de médecine, 15 janvier 1856. Paris, 1856, et Nouvelles recherches sur l’intoxication spéciale que détermine le sulfure de carbone {Annales d'hygiène publique. Paris, 1863, t. XIX). — Voyez aussi J. B. Tavera, De /'intoxication par te sulfure de carbone, thèse . Paris, 1865, n° 70.

DLS INTOXICATIONS.

Voici le résumé (les troubles qu’il produit sur l’intelligence, la sensibilité générale ou spéciale, la génération, la motilité, la digestion, la circulation et les organes respiratoires et sécréteurs.

§ I. — Symptômes.

Troubles intellectuels. — La mémoire est profondément altérée, les malades oublient les détails de leur profession, ils cherchent les mots les plus usuels. Le caractère devient extrêmement irritable; l’excitation du jour se maintient la nuit sous forme d'insomnie, puis enfin la torpeur succède à l’irritation.

La sensibilité générale est médiocrement altérée. Céphalalgies, vertiges, douleurs dans les membres, fourmillement général, amaigrissement, hyperesthésie plus rare encore, telles sont les altérations que présentent les malades.

Les organes des sens spéciaux sont profondément influencés. On observe de l’amaurose, de la surdité, des troubles de l’odorat et du goût accusant partout et à tort l’odeur du sulfure de carbone.

Les fonctions génératrices languissent et sont quelquefois presque anéanties, et cela dans les deux sexes.

Les altérations de la motilité sont graves et variées. Tantôt elles revêtent la forme toxique : roideur marquée des doigts, des membres thoraciques, crampes douloureuses ; tantôt la forme clonique : mouvements involontaires des paupières ; d’autres fois c’est Y anéantissement progressif de. la puissance musculaire, débutant en général par les membres inférieurs, d’où la démarche de l’ivresse, l’impossibilité de monter ou descendre, la difficulté de serrer et même de saisir les objets avec la main. La contraction musculaire est tremblotante et se traduit dans chaque muscle par des palpitations flbrillaires. Les extenseurs des doigts présentent au plus haut degré toutes les altérations précédentes. Les supinateurs sont souvent atteints.

V atrophie muscidaire survient sans que l’excitabilité électrique soit perdue.

Troubles digestifs. — L’anorexie poussée jusqu’au dégoût, les nausées, le vomissement alimentaire ou bilieux, les coliques sans constipation ni diarrhée constante, la fétidité des gaz et des matières stercorales exhalant l’odeur du sulfure de carbone, tels sont les troubles principaux que présente le tube digestif.

La respiration n’offre rien de notable, si ce n’est l’haleine qui offre l’odeur du sulfure de carbone. De même pour la circulation.

Les sécrétions urinaires ont l’odeur du sulfure de carbone; l’urine est rouge brun quand on la traite par les alcalis caustiques. Les sels de chaux sont abondants.

La cachexie enfin couronne l’empoisonnement lent qui mine les malades.

§ U. — Marche, durée, terminaison.

Tantôt le début est brusque et se manifeste par des symptômes d’ivresse, tantôt lent et progressif. Ces deux modes de développement se rattachent à deux formes, la forme aiguë et la forme chronique ; la seconde est de beaucoup plus fréquente.

L’invasion est variable dans ses rapports avec l’influence toxique, elle éclate quelquefois dès les premiers jours de l’exposition aux vapeurs malfaisantes, ailleurs elle tarde plusieurs années.

On ne connaît pas d’exemple de mort; l’extrême volatilité du poison explique

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