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PELLAGRE

caractère d’incerliiude et de vague qui eu faisait, il y a quelques aimées à peine, une espèce morbide indéterminée et un sujet de controverse.

Jusqu’en 18é5, la pellagre ne figurait dans les traités de médecine que comme une endémie particulière à quelques provinces de l’Italie.

T. Roussel (I), remontant à l’origine de cette maladie, s’exprime ainsi :

« Vers le milieu du siècle dernier, une nouvelle maladie s’est déclarée parmi les classes rurales dans plusieurs pays et sous |des noms différents; plus récemment cette maladie a envahi de nouvelles contrées. On la trouve aujourd’hui au sud du U 7e degré de latitude boréale, entre le 10e degré de longitude ouest du méridien de Paris, jusqu’au delà du 25e degré de longitude orientale, sur une longue zone de la région tempérée de l’Europe, du cap Finistère aux rives du Séreth, à travers les provinces pyrénéennes d’Espagne et de France, la haute et la moyenne Italie, et dans le bassin du Danube, sur les revers oriental et austral des Carpathes jusqu’aux frontières de l’empire russe. »

Dans ces délimitations géographiques, la maladie dont il s’agit pouvait être prise pour un de ces effets du climat et des agents physiques auxquels on rattache les endémies. Il fallait chercher quels changements récents, dans les conditions extérieures, avaient pu produire cet effet.

En poursuivant ces investigations, on s’assure : d’abord que rien n’a changé dans les éléments physiques et climatériques; ensuite que les pays à pellagre présentent entre eux les différences les plus tranchées, quant aux agents atmosphériques, aux dispositions topographiques et à toutes les conditions de milieu qui peuvent influer sur la santé des populations.

La maladie, décrite pour la première fois en Espagne par Casai, vers 1735, sous le nom de mal de la Rosa, découverte de nos jours sous des noms populaires divers, dans nos départements du Sud-Ouest et dans l.es provinces danubiennes,

Milano, 1847 (publié d’abord en décembre 1846 dans les Annali universali di medicina tf'Omodei). — Willemin, De la pellagre sporadique (Arch. gènér. de méd., 1847, 4e série, t. XIV, p. 60). — L. Marchant, Documents pour servir à l'étude de la pellagre des Landes, recueillis par les soins du conseil de salubrité de la Gironde. Bordeaux, 1847. — Prosper Cazaban, thèse de doctorat. Paris, 1848. — Verga, Délia Pellagra e délia Paralisi generale degli alienati ( Gazetta medica Lombarda, 1849). — Courty, Mémoire sur la pellagre de la vallée du I ’ernet (Pyrénées-Orientales) ( Gazette médicale, 1850). — Benvenisli (de Padoue), Communications à l’ Académie de Padoue, 1852 à 1863 (Gazetta medica délie provinzieVenete). — C. Morelli, La Pellagra. Firenze, 1856. — Ducondut, De la pellagre dans le Béarn thèse de doctorat. Paris, 1858. — .Julius de Theodori, De Pellagra , dissertatio inauguralis medica. Berolini, 1858. — Batalla (de Santiago), Fréquence de la pellagre en Galllcie (et Siglo medico, 1er mars 1859, et Union médicale , n° du 19 juillet 1859). — Balhadère (de Pissos, Landes), De la pellagre, thèse inaugurale. Paris, 1859, n° 147. — Landouzy, De la pellagre sporadique. Paris, 1860. — Costallat, Étiologie et prophylaxie de la pellagre, communications adressées à S. Exc. le ministre de l’agriculture et du commerce suivies du rapport du comité consultatif d’hygiène et de salubrité, par le docteur Amb. Tardieu et de diverses pièces justificatives. Paris, 1860. — Boudin, Souvenirs de la campagne d’Italie : observations topographiques, médicales et administratives sur la haute Italie {Annales d’hygiène, Paris, 1861, 2“ série, t. XV, p. 24). — Tardieu, Dictionnaire d’hygiène publique et de salubrité , 2e édition. Paris, 1862, t. 111. — Bouchard, Recherches nouvelles sur la pellagre. Paris, 1862. II. Gintrac, De la pellagre dans le département de la Gironde. Bordeaux, 1 863. Rayer, Rapport à l Institut de France sur le concours institué pour 1864 ; rapport lu le 6 février 186o. Billod, De la pellagre en Italie, et plus spécialement dans les asiles d aliénés, d'après des observations recueillies sur les lieux. Paris, 1865.

(1) Théophile Roussel, Traité de la pellagre et des pseuclo-pellagres , ouvrage couronné par l’Institut de France (Académie des sciences). Paris, 1866.

DKS INTOXICATIONS.

et dont le nom lombard de pellagre a prévalu en nosologie, n’csl pas une maladieépidémie, ni une endémie, à proprement parler, puisqu’elle n’a pas sa cause directe dans l’air, ni dans les eaux, ni dans les lieux, ni dans aucun des éléments dont se compose la topographie médicale d'une contrée.

Ceux qui ont observé les faits de très-près ont accusé tous l’alimentation, et les plus judicieux se sont attachés avec une conviction plus forte que des objections en apparence invincibles, à désigner le maïs comme Y aliment pellagrogénique.

La guérison de la pellagre, est obtenue constamment à tous les degrés où ce mal est curable, par la seule soustraction des malades à l’action de leur aliment prédominant tiré du maïs; celte soustraction devient un préservatif infaillible; il n’y a point de remède, ni do préservatif assuré saus cette condition.

§ I. — Définition, historique, fréquence.

La pellagre est le résultat, dans des conditions déterminées, de l'action du maïs altéré sur l’organisme, c’est-à-dire qu'elle est une maladie toxique. Cette formule admise, on voit aussitôt que les anciennes distinctions établies d’après les formes d'épidémie, d 'endémie, de maladie sporadique, perdent toute leur importance apparente; de même que les expressions anciennes de diathèse pellagreuse, de prodromes, d 'incubation, de phases, etc., usitées pour peindre à l’esprit les mouvements imaginaires, d’un virus ou principe interne quelconque, perdent toutes leurs applications. La fréquence ou la rareté de la maladie, ses disparitions ou sa persistance, sont, de même que sa gravité, étroitement liées à l’action de la cause externe, révélée enfin par l’expérience : l’action délétère du maïs altéré.

§ II. — Causes.

Quoique cette action du maïs altéré soit le fait dominant auquel se rattache toute l’évolution de la pellagre, le zéisme, pour nous servir de l’expression consacrée en Italie, ne contient pas en lui seul toute l’étiologie de celte maladie, et pour asseoir solidement la théorie étiologique définitive, il faut tenir compte de deux termes, ou, pour employer le langage de Roussel, de deux facteurs, qui, en règle générale, interviennent également dans la production des phénomènes pathologiques : l’un, le maïs altéré, facteur extérieur à l’organisme, qui constitue la cause efficiente, toxique, qui donne à la maladie son type et son unité nosologique, et sans lequel toutes les autres conditions invoquées par les observateurs sont impuissantes à produire cette maladie; et l’autre, Y affaiblissement de la vitalité, facteur intrinsèque, sans lequel le maïs altéré ne saurait constituer, dans beaucoup de cas, une cause suffisante, efficace.

L’étude analytique des faits particuliers démontre, en effet, que, pour produire dans leur plein développement les phénomènes pellagreux, Y aliment pellagrogénique, le maïs altéré a besoin de rencontrer dans l’organisme certaines conditions de vitalité, de même que les parasites ont besoin de trouver des sujets appropriés, ou que les graines ont besoin d’une terre propice; toutes les causes d affaiblissement, les épreuves de la vie génitale chez la femme, et par-dessus tout l’hérédité, créent cette condition vitale.

La pellagre, dans tous les pays où on la connaît, est une maladie de date récente, dont l’existence ne peut être constatée nulle part avant les premières

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