LL VITE GANGKÉNEUSE. — SYMPTÔMES
céphalalgie , de nausées, d 'anorexie, et, dans les cas où les enfants sont d’une constitution très-délicate, même d’un léger mouvement fébrile. Ces accidents sont bientôt suivis d’une douleur brûlante aux paities génitales, et de 1 appaiilion, à la face interne des grandes levres et aux nymphes, d une tache eneonseiite et d une couleur rouge pâle, ainsi que de la formation d’un engorgement très-dur qui envahit toutes les parties voisines, jusqu’au mont de Vénus. L'écoulement des urines devient douloureux, et la douleur continuelle qui en résulte excite les malades à se gratter, et quelquefois celles d’entre elles qui sont plus figées, à se livrer à la masturbation.
Après deux ou trois jours, les parois internes des grandes lèvres et les tissus environnants prennent une teinte grise, cendrée ; ces taches sont circonscrites et limitées par un cercle rouge; toutes les parties voisines se tuméfient, deviennent • d’un rouge pâle, et leur température s’élève de plus en plus.
Dans les cas où l’on ne parvient pas à enrayer la marche de la maladie, la couleur grise des taches se change en noir, et la gangrène s’étend d’un côté au périnée et à l’anus, et de l’autre jusqu’à la commissure supérieure de la vulve. L’excrétion de l’urine devient de plus en plus dillicile, ou se supprime.
Le pouls est petit et fréquent; les traits de la face se rétrécissent, la diarrhée colliquative se manifeste, et les enfants succombent subitement après que l’état* d’épuisement a atteint son plus haut degré, et souvent sans qu’aucun trouble survienne dans les fonctions intellectuelles.
Il s’établit quelquefois une sécrétion d’une sanie putride et fétide qui couvre les parties voisines; dans d’autres cas, V eschare se durcit et est arrachée par lambeaux par les malades.
Mais quand on réussit à arrêter la destruction, comme nous avons eu l’occasion de l’observer, il se forme sur le cercle rouge une ligne de démarcation, l'inflammation augmente tout autour d’elle, l’eschare se rétrécit, et sa séparation s’opère à l’aide de la sécrétion d’un pus qui devient de plus en plus louable.
Cette élimination terminée, la vulve qui, tout à l’heure encore, était gonflée et tendue, présente une excavation en forme d’entonnoir, correspondant à la perte de substance qui a lieu par la destruction de la paroi interne des grandes lèvres, des nymphes, et même de l’orifice du vagin.
Au fur et à mesure cependant que les portions sphacélées se détachent, la tuméfaction s’affaisse, et l’excavation perd dans la même proportion, en étendue et eu profondeur. C’est alors qu’on observe avec étonnement la rapidité avec laquelle les tissus détruits sont complètement remplacés, en partie par la granulation, et en partie par la contraction des tissus environnants.
La cicatrisation marche rapidement et sans qu’il y ait de difformité considérable. Mous n’avons jamais vu l’adhérence des parois du vagin entre elles être la suite de cette affection, bien que l’hymen fût détruit; cet accident ne doit pourtant pas être impossible. Underwood dit avoir vu chez des filles plus âgées une blennorrhagie copieuse qui persista longtemps. (Ricliter.)
il est probable que maintes fois la vulvite pseudo-membraneuse , précédemment décrite, a été prise pour une véritable gangrène; mais un pareil reproche ne peut être adresse a Ricliter, car la description qu’on vient de lire ne saurait se rappor ter qu’à une gangrène bien caractérisée.
§ IV. — Lésions anatomiques.
[Lebert (1) a vu cette affection s’étendre de proche en proche et atteindre peu peu toute l’épaisseur des grandes lèvres, offrant des caractères mixtes de gangrène sèche et de sphacèle ; il l’a vue marcher vers la terminaison fatale, sans être arrêtée même par la cautérisation au fer rouge ; d’autres fois l’eschare peut se détacher, et la guérison survient, mais avec de grandes difformités. .. Dans un cas cité par Rilliel et Barthez, il s’agit d’une jeune fdle de trois ans et demi. Les parties génitales externes avaient été en entier détruites par la gangrène, qui s’étendait en haut jusqu'il 27 millimètres du pubis, en dehors jusqu’aux vaisseaux fémoraux, en bas jusqu’au tiers supérieur delà cuisse droite et au quart delà cuisse gauche, en arrière jusqu’à la lèvre postérieure de l’anus. Toutes les parties gangrenées étaient noires ou brunes, sèches; la mortification avait disséqué les muscles de la cuisse, en partie mis à nu, mais non gangrenés; la dissection des muscles s’étendait jusqu'à la branche du pubis encore cartilagineuse. Tout l'extérieur de la vulve était détruit, mais le vagin épargné. L’anus, dans son pourtour, était gangrené et les deux excavations ischio-rectales contenaient des débris putrilagineux. Les vaisseaux fémoraux, saphènes et honteux externes, étaient sains. Dans les observations rapportées par Jsnard, l’anatomie pathologique est analogue à celle de l’observation précédente, seulement, la gangrène était plus profonde et humide. Les parties environnantes étaient gorgées de liquides : la mortification avait gagné les muscles et s’étendait dans l’intérieur du vagin et de l’urèthre (Lebert).]
§ V. — Diagnostic, pronostic.
TARLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC
Signes distinctifs de la oui cite gangréneuse et de la viduité pseudo-membraneuse.
VULVITE GANGRÉNEUSE.
Taclws grises s’étendant rapidement aux tissus environnants ; prenant, au bout de quelques jours, une teinte aune.
Tuméfaction considérable ; dureté des tissus envahis.
Les tissus sphacélés, lorsqu’ils se détachent, ne sont pas remplacés par d’autres couches altérées.
La tache gangréneuse se dessèche parfois.
Après la chute des eschares, perte considérable de substance.
Cicatrices difformes.