Phénomènes critiques rares, au moin fort douteux
Quant aux abcès des annexes de l’utérus, à la péritonite, à Vovarite, et même à la cystite, ces affections ont des caractères si différents, que la confusion n’esû pas à craindre. Il s’agit simplement de pratiquer l’exploration comme il a été dii plus haut. Un bon moyen de distinguer la cystite de la métrite, consiste à presser avec le doigt sur la paroi vésico-vaginale ; on détermine par ce moyen de la dou-i leur, lorsque la vessie est enflammée, tandis qu’en pressant sur l’utérus, on s’as-^ sure que cet organe conserve sa sensibilité normale. Il est une autre affectior incomplètement connue dont le diagnostic différentiel a plus d’importance, c’est ['inflammation péri-utérine (1).
Le pronostic n’est pas grave. On ne trouve pas un seul cas authentique de terminaison funeste de la métrite simple aiguë; et quant au passage à l’état chronique, nous avons vu combien il est rare.
§ Vil. — Traitement.
11 suffit de dire qu’on doit employer la saignée plus ou moins répétée ; appliquer des sangsues à l’hypogastre, aux aines, à Y anus; prescrire les bains, les applications, les injections émollientes, les narcotiques, un régime sévère, et surtout un repos absolu. Ces moyens suffisent pour faire promptement cesser les symptômes légers de réaction, et bientôt les symptômes locaux disparaissent euxmêmes.
Quant aux frictions mercurielles, aux révulsifs de toute espèce, aux vomitifs, etc., c’est dans des cas de métrite puerpérale qu’on les a administrés.
Bayle a rapporté (2) une observation intitulée : « Métrite guérie par l’ émétique et les bains, » mais les symptômes indiqués étant insuffisants pour caractériser Ja maladie, nous n’en pouvons rien conclure.
ARTICLE IX
MÉTRITE INTERNE.
[ De toutes les affections inflammatoires de l’utérus, celle de la membrane interne est une des plus communes. Qu’elle soit absolument superficielle ou qu’elle affecte
(1) Voyez plus loin, chap. V, art. n.
(2 Bayle, Bibliothèque de théreupafique. Paris, 1828, t. I, p. 29G.
MÉTRITE INTERNE. — CAUSES.
à une plus ou moins grande profondeur le parenchyme de l’organe, qu’elle soil bornée à la cavilé du corps ou à celle du col. ou qu’elle occupe les deux à la fois, elle n’en constitue pas moins une espèce à laquelle s’attache un grand intérêt.
\ l’exemple de Velpeau, Scanzoni, Nouât, nous ne distinguerons ni la métrite du corps, ni celle du col , et nous ne conserverons pas même de délimitation entre les formes aiguës et chroniques, à peu près impossibles à distinguer au lit des malades. La métrite interne est une, et les petites différences dues à des localisations ou à une marche particulière ne commandent que quelques légères modifications dans l’application du traitement local.
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
On entend par le mot de métrite interne , toute inflammation occupant primitivement ou consécutivement la surface interne de l'utérus, avec ou sans complication d’affection du tissu musculaire de l’organe et d’altération du col, et survenant hors de l’état de grossesse et du temps des couches.
On a désigné cette affection sous les noms d ’inflammatio uteri, inflammatio . uterina , hysteritis, metritis, catarrhe utérin ; c’est la même qui est décrite sous le nom de métrite aiguë ou chronique.
On ne possède aucun renseignement sur sa fréquence absolue; nous exposerons plus bas sa fréquence selon les âges.
§ II. — Causes.
1° Causes prédisposantes. — Age. — Le tableau suivant (I) fera connaître la i proportion des cas de métrite suivant les Ages; il ne s’agit pas de l’époque du début, toujours difficile à préciser, mais de l’époque où le médecin a été appelé à Mes constater.
Le relevé a été fait d’après 300 observations:
De 1 0 De 15 De 20 De 25 De 30 De 35 De 40 De 45 De 50 De 55
il il 3 à il «I U H U 3
15 ans. 20 ans. 25 ans. 30 ans. 35 ans. 40 ans. 45 ans. 50 ans. 55 ans. 60 ans.
Il suffit de regarder ce tableau pour se convaincre aisément que les phlegma- ' ;ies utérines ont leur maximum de fréquence de quinze à quarante-cinq ans, c’est i t-dire pendant la période menstruelle ou génitale de la vie de la femme. Et, dans cette période, l’âge auquel la femme est le plus exposée à la métrite est de vingt à rente ans, l’âge auquel ses fonctions génératrices s’accomplissent avec le plus d’acirivité, où les rapports sexuels sont le plus fréquents et où les grossesses sont le plus îombreuses (Nouât). Néanmoins, des causes indépendantes des fonctions génitales oeuvent augmenter le chiffre des métrites à diverses époques de la vie.
Hérédité. Lisfranc, Alphonse Robert et Nonal citent des cas où ils ont donné les soins à la mère et à la fille, ou à plusieurs sœurs, pour des affections semblables de 1 utérus; ce qui établirait le fait de l’hérédité, si les observations étaient en plus trçrand nombre.
(1) Non.it, Truité pratique clés maladies de l’utérus et de ses annexes. Paris, 1860, p. 59.
Yalleix, 5e édit. y jo