‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 42 sur 494 · IM · texte numérisé non relu

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MALADIES DES FEMMES

Tempérament, constitution. — « Il serait bien difficile d’apprécier, d’i nière exacte, I influence que peut avoir le tempérament sur la genèse des pl

une magenese des phlegma-

si< s u té li nés. Cependant il est certain que les femmes douées d’un tempéramen lymphatique et celles dont le sang est appauvri y sont plus exposées (pic les femmes qui jouissent d un tempérament sanguin : ce qui semble pouvoir s’expliquer paij les troubles ou l’irrégularité de la fonction menstruelle chez les premières. Il n’es I pas aussi bien établi que la mélritc soit plus commune chez les femmes blonde; i que chez les autres, quoi qu’en aient dit quelques auteurs. » (Nonat.)

La métiitc est un peu plus commune chez les femmes des classes indigentes qu( | chez celles des’ classes aisées, peut-être par la double influence du vice et de la misère. (Nonat.)

L usage de substances stimulantes, comme les emménagogues, doit figurer a uj rang des causes prédisposantes, de même que certaines pratiques, telles que les injections vaginales, les bains de siège, les pédiluves. On a signalé, sans avoir lai démonstration de leur nocuité, I usage des corsets. Enfin on a noté, sans preuves, | l’influence des climats tempérés, des saisons froides et du séjour dans les grand pA villes.

Ces causes, qui sont communes h un si grand nombre de femmes et qui sont loin cependant de produire toujours des effets semblables, ne peuvent avoir d’action réelle qu’en vertu d’une prédisposition particulière, et les diathèses rhumatismale, tuberculeuse, scrofuleuse et herpétique, auraient, selon Bazin, Tillot, V. Racle, la plus grande part à la production de la métrite interne; une causel occasionnelle suffisant alors pour que l'influence morbide préexistante localise sonl action sur l’organe utérin, comme elle l’exercerait dans tout autre lieu soumis à| cette action excitatrice.

2° Causes occasionnelles. — Toute cause capable ^augmenter ou de diminuerl la congestion sanguine qui se fait à l'époque menstruelle , peut déterminer le développement de la métrite; et c’est pour ce motif que l’on recommande avec raison | aux femmes d’éviter toutes les influences capables de troubler la menstruation, 1 comme les emménagogues, les purgatifs, les saignées, les bains de pieds, et| même les émotions morales. ]

Les couches jouent un grand rôle, dans la production de la métrite chronique! (Duparcque). Toutefois, sur vingt-deux cas que nous avons rassemblés, on ne peut# rapporter la maladie que onze fois à cette cause (accouchement ou avortement), et B encore, dans quelques-uns, la métrite chronique s’est-elle définitivement déclarée# assez longtemps après les couches pour qu’on puisse conserver quelque doute. Cefj nombre est, néanmoins, assez grand pour nous confirmer dans l’opinion que les# femmes qui ont eu des enfants sont dans la condition la plus favorable au dévelop- j peinent de la maladie.

On a dit que marcher trop tôt après V accouchement , et surtout se livrer h des tt fatigues considérables peu de temps après les couches ou un avortement, est unelt des causes les plus actives de la maladie. C’est, en effet, ce qui a eu lieu dans deuxp de nos cas, où il y a eu une relation de cause à effet si évidente, qu’il a été impos-M sible de la méconnaître.

Un simple avortement, sans fatigue consécutive, a donné lieu à la maladie dans# trois cas, et, si l’on considère que l’avortement est beaucoup plus rare que l’accou- 1

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MÉTRITE INTERNE. — CAUSES, bornent à terme, ou reconnaîtra que ce nombre ne laisse pas d’avoir de l’impor-

Los coups sur l’abdomen, les chutes sur le siégé, sur les genoux, sur les pieds, ur le ventre les manœuvres nécessitées par un accouchement laborieux, tontes ,s violences’ extérieures qui peuvent porter sur l’utérus, soit directement, soit Indirectement, ont été rangées parmi les causes de la métrite chronique. Nous n’en rouvons qu’un seul exemple parmi les faits que nous avons rassemblés, et encore ’amt-il d’un coup sur le ventre ayant déterminé l’avortement qui, comme nous enons de le voir, peut par lui-même être la cause efficiente de la maladie.

On a encore cité en première ligne les excès clc coït. Cependant, la métrite h ronique se rencontre bien plus rarement chez les filles publiques qu’on ne evrait s’y attendre, si l’on regardait le fait comme certain, et celte proportion araîtra bien plus faible encore, si l’on songe que ces femmes sont exposées à beauoup d’autres causes d’inflammation. Dans les faits que nous avons réunis, cette anse n’a pu être invoquée qu’une seule fois.

Quant à la masturbation , aux excès alcooliques, aux exercices violents, etc., incun fait ne démontre l’existence de ces causes.

( On a également fait jouer un très-grand rôle aux causes morales. Parmi les faits axquels nous empruntons ces détails, une fois ce fut une grande frayeur qui rëtermina une métrorrhagie suivie de métrite, et deux fois les femmes étaient en i roie à de grands chagrins.

Dans un cas, les règles ayant été brusquement supprimées à la suite d’une vive notion morale, il survint bientôt une métrite chronique dont la durée fut consiérablc. Dans trois autres cas, la suppression fut graduelle et sans cause connue, ais on peut se demander si, lorsque les règles commencèrent à diminuer, l’in— imination chronique n’existait pas déjà, et si la suppression n’était pas plutôt ■effet que la cause.

i On a cité des cas où la métrite chronique a été la terminaison d’une métrite 'gué ; cela est rare.

I La métrite chronique a encore été attribuée à l’action d’un virus vénérien. Mais >us ne connaissons pas les observations sur lesquelles on s’est fondé, du moins land il s’agit de la métrite chronique simple.

[Le séjour de corps étrangers dans le vagin, les opérations pratiquées sur le

II ou le corps de l’utérus, comme Y abaissement de l’utérus pour l’extraction des l'lypes, le débridement de l’orifice utéro-vaginal, les eau té i isations, le cathété- 'S/rie utérin, l 'application du redresseur, etc., sont encore des causes de métrite i terne.

' Nonat fait remarquer que les désirs vénériens non satisfaits et le célibat ne nt peut-être pas sans influence sur la production de la métrite, et il rapporte à s causes les cas assez fréquents de métrite chez les jeunes filles vierges. Il ajoute ne, chez ces dernières, la métrite atteint presque exclusivement le corps de l’utérus, odis que chez la femme mariée, pour des raisons faciles à comprendre, le col est ' ssi fréquemment affecté que le corps.

1 Quant aux déviations de l’utérus, si, dans quelques cas, elles sont les effets de métrite (V. Racle), dans d’autres, la question d’étiologie reste douteuse (1). ]

1(1) Voyez plus loin le chapitre des Déviations de l’utérus.

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§ III. — Symptômes.

Dû but. Nous venons (le voir que rarement la métrite chronique est la sui]

d’une métrite aiguë. Presque toujours le début de cette affection est obscur, et to j porle à croire, par conséquent, que dans le principe l’inflammation fait des prc] grès très-lents. Une pesanteur inaccoutumée dans le bassin, des tiraillements dan les lombes, un écoulement médiocrement abondant, tels sont les phénomènes q annoncent le développement de la maladie.

Maladie confirmée. — 1° Douleur. — C’est souvent un sentiment de tensioi I auquel viennent se joindre des tiraillements dans l’abdomen, les aines et surtout 1. lombes. L’augmentation de volume de l’organe rend parfaitement compte de c< phénomènes. Les douleurs, dans quelques circonstances, deviennent aiguës; elL consistent alors en élancements violents traversant le bassin, ou en coliques utc rines se rapprochant de celles que les femmes éprouvent pendant l’accouchemen U n’est pas sûr que les douleurs de ce genre doivent être directement rapporté* à l’inflammation de l’organe. On peut se demander si elles ne seraient pas le résuit; de congestions sanguines, plus ou moins fréquentes, qui viennent se surajouter la maladie principale. Ce qui porte à croire qu’il en est réellement ainsi, c’est qi ces douleurs se montrent principalement aux époques menstruelles où la conge: tion sanguine est si fréquente.

La pression augmente parfois notablement les douleurs; [souvent, cependant, j palper hypogastrique, pas plus que le toucher par le vagin ou le rectum, n’e développe aucune (Huguier (1)]. Chez plusieurs malades, le coït devient insuppoJ table, tant il est douloureux. La marche , la station droite et assise longtem]! soutenue, le cahot d’une voiture , les grands mouvements du tronc, les fatigues dj toute espèce, ont également pour résultat d’augmenter la douleur d’une maniètj sensible.

[Quelques malades sont dans l’impossibilité de s’asseoir, h cause de douleul ressenties aux tubérosités de l’ischion ou à l’une d'elles seulement. Souvent, dai la marche, le corps est fléchi en avant. Enfui, nous dc\ uns noter l’affaiblissemet des jambes, quelquefois assez considérable pour simuler la paraplégie. L’explor; tion par le palper et le toucher rectal ou vaginal pouvant ne pas faire naître r douleur dans quelques cas, et, dans d’autres, celle qui se développe alors pouvait ne pas appartenir à la métrite chronique interne, Huguier conseille de se servir c la sonde utérine, dont la présence, unie à l’action légère que son contact ex en sur les parois utérines, déterminera ou réveillera immédiatement la douleur, s’il a métrite interne. Le cathétérisme utérin révélera donc alors, non-seulemei l’existence de l’affection soupçonnée, mais concourra encore à faire reconnaît! exactement quelle est la partie, col ou corps, de l’organe qui est atteinte (2). ]

Un sentiment de plénitude dans le bassin et de pesanteur vèrs le périnée est u symptôme constant de la maladie qui nous occupe. L’augmentation de volume soit de l’organe tout entier, soit d’une de ses parties seulement, en rend parfait!

ment raison.

(■1) P. C. Huguier, Dp l’hystèrométHe. Paris, I8G5,p. 70.

(2) Huguier, toc. cit., p. 72.

SYMPTÔMES

MÉTRITE INTERNE. —

*2° Augmentation de volume. — C’est par les moyens indiqués dans la description la métrite aiguë (1) que l’on constate ce phénomène, qui est quelquefois trèsu qué. On a vu le corps de l’utérus s’élever au-dessus du pubis ou, plus fréquentent, remplir par son volume la cavité du petit bassin, au point d’v devenir esquc immobile, et que le col présente assez souvent un volume voisin de celui un œuf de poule. Une aussi grande augmentation de volume ne se remarque ■a,, moins que dans un nombre limité de cas, et/plus le souvent, elle est beaucoup oins considérable, mais elle ne manque jamais : c’est un des caractères symptoatologiques essentiels de la maladie.

[ Ce phénomène se caractérise aussi par la plus grande profondeur de la cavité érine. Dans l’état normal, les cavités réunies du col et du corps n’ont que • 65 à 70 millimètres de longueur; dans la métrite chronique, on peut trouver asqu’à 80 et 90 millimètres; la mensuration s'effectue avec l’hystéromètre luguier, Scanzoni, Nouât, Becquerel). «Lorsque la sonde a franchi le col, elle nètre comme d’elle-même, se meut facilement et sans obstacles; elle peut, en aérai, être tournée sur son axe et décrire un cercle sans difficulté, sans opposin de la part des parois de l’organe, et quelques mouvements de latéralité font connaître l’ampliation du diamètre transversal» (Huguier). — Fréquemment, ns la métrite chronique interne, en même temps que le corps, le col est dilaté; dont on s’assure aisément en constatant la facilité avec laquelle la sonde franchit irifice cervical supérieur (Bennet, Nouât). Cependant, la métrite interne chronie coïncide assez souvent avec un rétrécissement de cet orifice (2), qui pourrait ■ casionner la formation d’un léger degré d’hydrométrie (Aran), et qui, lui-même, ul être la cause déterminante ou, au contraire, la conséquence de la métrite. ] 3° Un phénomène très-important, et qui est la conséquence de l’état que nous nous de décrire, est la chute de la matrice. Dans l’immense majorité des cas cueillis par Duparcque, il y avait une descente de matrice très-prononcée, et ur laquelle on avait soumis plusieurs femmes à l’usage d’un pessaire qui avait Sgmenté les accidents. En portant le doigt dans le vagin, on sent presque immémtement le col très-volumineux et remplissant ce conduit. Cet état de l’utérus ut être constaté lorsque les femmes sont couchées, mais bien plus facilement core lorsqu’elles sont debout. D’autres déplacements de l’utérus, comme Yantérsion et la rétroversion , résultent également de l’augmentation du volume de rrgane et du relâchement de ses ligaments.

Ï4U L 'inspection à l'aide du spéculum fournit des renseignements précieux que un ne doit jamais négliger. On trouve ordinairement le col assez volumineux pour •e embrassé avec peine par le spéculum. Il est d’un rouge plus ou moins foncé, rfois brun, ordinairement sans difformité. Son orifice est fermé. Quelquefois, anmoins, le col est entr’ouvert et présente des bosselures séparées par des Ions plus ou moins profonds, perpendiculaires à l’orifice utérin vers lequel ils nvergent. Duparcque n’ayant jamais observé cette disposition des engorgements i col utérin que chez les femmes qui avaient eu un et le plus souvent plusieurs ifants, pense l’expliquer de la manière suivante : «Le pourtour de l’orifice

(l) Voyez l’article précédent.

{2) Huguier, loc.cit., p. ~ü.

MALADIES DES FEMMES

externe de l’utérus a pu être déchiré ou fissuré lors du passage de l’enfant , et le fissures auront formé des cicatrices qui n’ont pas dû prêter, comme les partie voisines, à la distension que l’engorgement morbide a fait éprouver au col utérin Ces sillons correspondent ordinairement aux commissures du museau de tanche et quelquefois existent aussi en avant et en arrière, ce qui fait paraître l’engorge ment comme formé par plusieurs tumeurs globulaires adossées les unes aux autres. »

Il laut être prévenu de cette disposition pour n’être pas exposé à porter ur| pronostic trop fâcheux.

5° La consistance de l’organe, que l’on constate par le toucher vaginal et rectal, est ordinairement augmentée. Dans quelques cas, au contraire, le tissu paraît ramolli, sans que les recherches des auteurs puissent nous apprendre dans quelles circonstances se produisent deux états si opposés.

6" Il y a un écoulement très-variable, non-seulement suivant les cas, mais encore aux diverses époques de la maladie; et si, parfois, le col de l’utérus est sec, ou ne laisse suinter que quelques filaments muqueux plus ou moins teints de sang, il n’en est ainsi qu’à certains moments, ou à une époque rapprochée du début de la maladie. On observe d’abord un écoulement de matière peu épaisse, légèrement roussâtre, et au bout d’un certain temps l’utérus laisse échapper une plus ou moins grande quantité de matière blanche, opaque, ordinairement peu épaisse, qui augmente principalement à l’approche des règles.

[C’est à tort que le catarrhe utérin (leucorrhée utérine) est considéré parla plupart des praticiens comme le symptôme le plus caractéristique de la métrite muqueuse, à ce point que presque tous les auteurs spéciaux ont fait rentrer l’histoire du catarrhe utérin dans la description de la métrite interne. Cependant, non-seulement le catarrhe utérin peut exister sans inflammation aiguë ou chronique de la muqueuse du col ou du corps de l’utérus, mais encore sans inflammation des follicules muqueux, qui produisent la plus grande quantité des liquides utérins, sans parler de celui qui est versé dans la ca\ ité de l’organe par les trompes. Souvent cette surabondance de liquide qui s’écoule par l’orifice vaginal du col n’est que le résultat d’une simple hypercrinie ( leucorrhée utérine proprement dite) (1), hypercrinie en quelque sorte essentielle, qui existe seule ou qui accompagne l’une des nombreuses lésions organiques de l’utérus et n’en est qu’une complication habituelle (2).

« Pour ([ue l’écoulement de mucus ait une valeur diagnostique au point de vue de la métrite chronique interne, il faut qu’il soit mêlé à une certaine quantité de pus, qu’il soit amené à l’état de muco-pus. Dans ce dernier cas, cjui est le plus favorable à l’idée d’une métrite, il resterait encore à déterminer le siège de la maladie, à savoir, si elle occupe seulement le col ou le corps de l’organe, ou ces deux parties à la fois. Ni le spéculum, ni le toucher, ni l’examen attentif de la matière de l’écoulement, ne peuvent nous l’apprendre: la sonde utérine creuse, exploratrice et évacuatrice, garnie de son mandrin obturateur, peut seule lever cette difficulté; une fois introduite dans la cavité du corps de l’organe, elle servira à explorer

(1) U n’entre pas dans le plan de cet ( uvrage de traiter à part cette intéressante question, et nous renvoyons le lecteur à l’étude détaillée qu’en a faite Fl. Churchill {Traité pratique des maladies des femmes, trad. lranç. Paris, 180(3, p. 200-278). Voyez aussi, plus haut, page il.

(2) Voyez plus haut, page 35, art. hEUConntiéE symptomatique,

MÉTRITE INTERNE. — SYMPTÔMES.

l’abord son étendue, sa sensibililé, etc. ; puis, le mandrin enlevé, le liquide de la i'avité de la matrice s’engagera dans la sonde, dont il sera retiré pour être examiné exempt de tout mélange. La sonde pourra en même temps reconnaître si l’orifice cervical est dilaté ou rétréci, et si la maladie est compliquée de quelque tumeur

intra-utérine. .

» Enfin, il n’est pas rare que la métrite interne du corps de 1 utérus soit déterminée par une forte flexion de l’organe, qui oblitère plus ou moins l’orifice cervical, et ces deux états, pour être reconnus ou combattus, peuvent nécessiter l’intervention de la sonde (1). ] »

7° La menstruation est presque constamment troublée dans la métrite chronique. Les signes de la dysménorrhée caractérisent ce trouble fonctionnel. Dans la majorité des cas, l’abondance des règles est diminuée, en même temps que l’écoulement «sanguin se fait avec difficulté et douleur, et quelquefois, il y a une suppression qui devient graduellement complète, ou qui, plus rarement, s’est produite tout à coup.

I Parfois néanmoins on voit survenir une ménorrhagie plus ou moins abondante. IMais ces pertes sanguines ne sont qu’accidentelles, et après elles se reproduit la i dysménorrhée, avec diminution du flux menstruel.

On a dit que la métrite chronique peut s’opposer à la fécondation. C’est un fait qui n’est pas démontré et qui demanderait des recherches plus précises. Au reste, pour ([ue la stérilité soit la conséquence de l’inflammation chronique de l’utérus, ii faut que l’affection soit portée à un très-haut degré; car les exemples ne sont pas rares où la fécondation a eu lieu chez des femmes qui avaient une métrite cliromiqne avec descente de la matrice.

Peut-on dire que l’inflammation chronique du col de l’utérus oppose un obstacle à l’accouchement ? Peut-être l’induration de l’orifice du col est-elle, dans certains cas, une conséquence d’une inflammation dissipée, mais, dans l’état d’inllammation même, la dureté du col ne paraît pas suffisante pour s’opposer à sa '.dilatation.

La métrite chronique, lorsqu’elle n’est pas portée à un très-haut degré, peut ' exister assez longtemps sans que la santé générale paraisse en souffrir beaucoup,

' et c’est là ce qui explique comment des femmes ont pu vivre pendant douze ans et plus avec cette maladie bien caractérisée. Ordinairement, néanmoins, on voit ^survenir ces troubles digestifs si fréquemment liés aux maladies utérines. L’appétit ildiminue ; il y a parfois du dégoût pour les aliments, des goûts bizarres; il survient des douleurs d’estomac, des symptômes d’entéralgie; en un mot, ces phénonmènes qui accompagnent la leucorrhée. Ces symptômes sont généralement en rapport, et avec la violence des douleurs, et avec l’abondance de l’écoulement.

Le vomissement est quelquefois lié à la métrite chronique , mais exceptionnellement. Bonnet considère les nausées comme un symptôme caractéristique de l’inflammation chronique du corps de l’utérus, et leur intensité comme toujours en rapport avec celle de la maladie.

C’est lorsque celle-ci a atteint un haut degré, qu’on observe la langueur, la pâleur de la face, l’amaigrissement, en un mot, tous les signes d’un dépérissement continu. On a encore parlé du teint jaune-paille, du marasme, etc. ; mais tout

(1) P. C. Huguier, De l'hystérométrie et du cathétérisme utérin. Paris, 1865, p. 76 et 77.

porte à croire que dans les cas où l’on a observé ces symptômes, on avait affaire, non à une simple métrite, mais à un cancer non encore ulcéré.

Comme dans les autres affections chroniques de l’utérus, on observe différents troubles nerveux , des névralgies, l’impatience, l’irascibilité, l’insomnie.

[Il est de la plus haute importance de noter ces troubles sympathiques, car ils sont quelquefois prédominants et cachent en quelque sorte le mal local. Il faut savoir descendre de ces symptômes éloignés à la localisation utérine.

Des troubles fonctionnels peuvent se manifester dans les organes voisins; Nonal signale, entre autres, une entérite glaireuse, et note les hémorrhoïdes et la fissure à l’anus au nombre des conséquences de la métrite chronique. ]

La fièvre ne se montre ordinairement pas dans le cours de la métrite chronique, et si on l’observe quelquefois, c’est que, sous une influence quelconque, la maladie a pris le caractère aigu ; car au bout de quelques jours, les signes de métrite chronique persistant, le pouls revient à l’état normal, et la plupart des signes généraux disparaissent

ticiriic chronique partielle. — Comme pour la métrite aiguë, on a établi plusieurs divisions suivant le siège de la maladie, et l’on a admis une métrite chronique du col, de la partie antérieure du corps, de la partie postérieure, et de chacune des parties latérales. Nous n’avons pas pu trouver d’observation convaincante de métrite chronique bornée à une partie limitée du corps de l’organe, et, d’après quelques faits, nous sommes porté à croire qu’on a donné comme exemples de métrite chronique partielle des tumeurs fibreuses de l’utérus. Mais en eût-on cité quelques cas incontestables, les faits de ce genre n’en seraient pas moins exceptionnels, et ce qu’il y a de certain, c'est qu’il n’v a que la métrite chronique du col qui intéresse véritablement le praticien.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

La marche de la métrite interne est continue; mais on observe, à l’époque des menstrues, des exacerbations de plus ou moins longue durée, et aussi des améliorations notables qui, parfois, font espérer une guérison prochaine.

Cette forme de métrite est remarquable par sa longue durée. On peut dire, d’une manière générale, qu’elle n’a pas de tendance à se terminer par la guérison. Cependant il n'est pas d’exemple authentique de terminaison de la métrite chronique par la mort. L’affection, après avoir fait des progrès lents, reste stationnaire ; et si les femmes succombent, c’est à la suite d’une autre maladie. Duparcque affirme néanmoins que, si les femmes passent l’àge critique sans accidents trop graves, la maladie s’améliore ensuite notablement. Mais il serait nécessaire que. l’observation vint démontrer l’exactitude de ce fait, d’ailleurs vraisemblable.

Les ossifications, les cartilaginifications, que l’on a trouvées quelquefois dans l’utérus, sont-elles, h n’en pas douter, une conséquence de l’inflammation chronique de cet orgaye? A ce sujet, on peut dire ce que nous avons dit des ossifications du cœur ; les cas sont identiques, et l’on n’a fourni, relativement à l’utérus, aucune preuve que, sous ce rapport, les choses se passent, dans cet organe, auiiement que dans l’organe central de la circulation.

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