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NÉVRALGIE DE L’UTÉRUS. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

trouvé, dit cet auteur, parmi les cas cpie j’ai observés, qu’un seul appareil organique dont l’état morbide me paraisse pouvoir être regardé comme le point de départ évident de la névralgie intercostale ; je veux parler de l’utérus et de ses annexes. » Il nous paraît sage d’adopter l’une et l’autre opinion.

L’hystéralgie idiopathique survient quelquefois, selon Malgaigne et Nonat, chez des jeunes filles vierges, de seize à vingt ans, mais le plus ordinairement chez des femmes ayant eu des rapports sexuels, et pendant toute la période génitale; les causes occasionnelles sont, dans ces cas, des circonstances d’excitation directe, comme l’onanisme, les abus de coït, les désirs trop longtemps contenus, ou les excitations indirectes, telles que l’équitation, le cahot d’une voiture, le frottage des appartements, etc. L’hystéralgie symptomaliqxœ se développe à propos de toutes les altérations matérielles de l’utérus et de ses annexes. Nonat reconnaît comme causes principales la métrite inrerne et le phlegmon péri-utérin.

§ II. — Symptômes.

L’affection névralgique qui nous occupe se caractérise, selon Nonat : 1° par une douleur sourde, gravative, qui est habituellement continue, ou qui, du moins , persiste pendant un long temps ; 2° par une douleur assez vive , aiguë, rapide, intermittente, et présentant des caractères variables, tantôt térébraute, tantôt pongitive, mais le plus souvent lancinante : les malades la comparent à une morsure, à un déchirement, à un élancement violent, à un coup d’éclair, etc. Ces formes de douleur existent tantôt isolément, tantôt simultanément; d’autres fois elles se montrent d’une manière alternative. Ces douleurs sont générales ou partielles ; et il existe très-ordinairement un point douloureux au côté gauche du col (Malgaigne); nous avons eu l’occasion de constater la réalité et la fréquence de ce fait, que cependant Nonat ne croit pas constant

Les douleurs aiguës éclatent à l’occasion des causes les plus diverses et souvent à des heures presque fixes. Elles amènent une turgescence sanguine caractérisée par la chaleur du vagin, une sécrétion muqueuse abondante, et des modifications notables dans les règles (1). Des irradiations douloureuses ont lieu vers les aines, les lombes; et, ainsi que l’a indiqué Bassereau, on observe souvent des névralgies faciales, cervico-brachiales et surtout intercostales. Ici nous rappellerons la divergence d’opinions de Valleix et de Bassereau : ce dernier attribue à l’hystéralgie les névralgies périphériques, tandis que le premier considère l’hystéralgie comme l’aboutissant des névralgies en question.

§ IH* — Marche, durée, terminaison.

La mai che de 1 hystéralgie diffère peu de celle des névralgies en général ; elle persiste souvent après la guérison de l’affection dont elle est le symptôme, et dans ce cas elle demande un traitement particulier.

(I) Marotte a publie sur ce sujet un mémoire, dans lequel il montre que ces épiphénomènes es ne\ra gies om o-uteunes sont de nature à induire en erreur, en faisant croire à l’existence d une affection idiopathique de l’utérus {Arch. gén. de méd ., avril et mai 1860).

S IV . — Traitement.

Dans le traitement on doit avoir égard à la cause de l’affection. Si elle est symptomatique, les moyens les plus efficaces pour la faire disparaître sont ceux qui guérissent la maladie primitive. Si elle est idiopathique, elle réclame des moyens particuliers; nous n’avons à mentionner que ces derniers, applicables aussi aux cas où l’hystéralgic symptomatique persiste après la guérison de la maladie principale.

Il ne faut pas beaucoup compter sur les topiques appliqués à quelque distance du mal, comme sur l’hypogastre; cependant ils peuvent soulager. Ces topiques sont: les cataplasmes émollients, simples ou laudanisés; les onctions avec les pommades opiacées, belladonées, etc, ; les frictions avec des pommades h l’éther ou au chloroforme ; les vésicatoires simples ou morphinés, les bains de siège, les lavements, etc.

Les topiques directs sont préférables : tels sont les injections narcotiques, les sachets médicamenteux dont nous avons déjà parlé, les injections d’acide carbonique ou de vapeur de chloroforme (1), les vésicatoires appliqués sur le col de l’utérus, ou enfin la pâte médicamenteuse proposée par Aran. Le col mis à nu, on verse la quantité voulue de liquide (laudanum, teinture d’iode, solution d’alun, de sulfate de zinc, de tannin, eau blanche, vin rouge) dans le spéculum, et si la substance n’est pas susceptible d’entrer en combinaison avec l’amidon, on en jette de h à 10 grammes en poudre dans le fond du spéculum. En quelques instants la substance est absorbée, et il ne reste plus qu’à retirer l’instrument. Si le médicament peut se combiner avec l’amidon, on fait choix d’une autre poudre inerte, celle de lycopode, par exemple.

Comme on connaît peu le mode d’application des vésicatoires sur le col de l’utérus, nous donnerons ici quelques détails sur ce sujet, d’après Aran. Le col utérin étant mis à découvert, on absterge les mucosités ou le sang, et l’on porte sur le col, avec de longues pinces, une rondelle d’emplâtre vésicatoire de la grandeur du col. Après divers essais, Aran est revenu à l’usage de l’emplâtre vésicatoire du Codex, qui est plus adhérent que les toiles et les solutions vésicantes. On étale la rondelle avec soin, en appuyant sur les anfractuosités et les saillies qui pourraient empêcher une application exacte ; dans certains cas môme, on se trouve bien de fendre la rondelle en plusieurs points sur les bords, pour avoir une coaptation plus parfaite. Une grosse boulette de charpie, liée dans son milieu avec un fil double un peu long, sèche, ou mieux encore trempée par l’une de ses extrémités dans le collodion ordinaire, est portée jusque sur l’emplâtre et soutenue par deux ou trois bourdonnets de charpie sèche; puis, maintenant le tout en place avec les pinces, on retire le spéculum. Le vésicatoire est laissé en place vingt-quatre ou quarante-huit heures, suivant les circonstances, et la malade doit garder le repos.

L’application du vésicatoire n’est pas douloureuse : le collodion seul détermine, un peu de cuisson passagère. Quatre ou six heures après, il se produit une sensation de picotement et de chaleur, suivie d’un écoulement séreux abon-

(1) Voy. article Dysménorrhée.

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