DÉVIATIONS DE L’UTÉRUS EN GÉNÉRAL
Nous n’avions que des données encore incertaines sur divers points de l’histoire les déviations utérines, lorsque Simpson à Edimbourg, Kiwisch à Prague, et 1 dusieurs médecins à Paris, au lieu de recourir exclusivement au spéculum, sont ' enus faire de cette étude, grâce à l’usage répandu du toucher et du cathétérisme jjmtérin, un des sujets qui offrent le plus d’intérêt au praticien.
S’il n’est pas bien certain qu’Hippocrate (2) ait connu les déviations utérines,
(1) Malgaigne, Revue médico-chirurgicale, 1848.
(2) Voy. Hippocrate, Œuvres, trad. par Littré, t. VII : De la nature (le la femme; l. VIII : u'>v maladies des femmes.
MALADIES DES FEMMES
Aelius (1), eu revanche, a bien désigné ces maladies et même a recommandé i l’usage du tampon rectal pour les guérir. Ambroise Paré (2) les a indiquées d’une i manière très-vague, et Morgagni (3) a cité un cas de renversement déterminé, suivant lui, par l’engorgement du foie et de la rate. Levret (6), tout en s’occupant spécialement des déviations utérines chez les femmes enceintes, n’a cependant pas méconnu celles qui surviennent dans l’état de vacuité, puisqu’il a signalé la rétroversion chez les vierges.
[D’après Gusco (5), nous indiquerons Waller-Wall, Grégoire (de Paris), William limiter, Linn, Hooper, Bird, Garthshore (1777), Frederick Jahn (6), Saxtorph (7), Ignatius Wiltczek (8), comme s’étant occupés, d’abord, des déviations; mais elles ne furent véritablement connues en France que depuis les communications faites à l’Académie de chirurgie par Chopart. Il y a une quinzaine d’années, Velpeau imagina le cathétérisme et le redresseur intra-utérins. Gette idée doublement féconde, au point de vue du diagnostic et de la thérapeutique, passée entre les mains de Kiwisch (9) et de Simpson, revint, chez nous, dix ans après, étayée de faits nombreux et relevée par Huguier et Valleix.]
Boivin et Dugès (10) ont fourni des observations intéressantes sur les déviations utérines; Ilervez de Chégoin (11) et Simpson (12) ont écrit sur ce sujet des mémoires importants après la publication desquels le traitement des déviations utérines par le redressement complet s’est répandu rapidement en France.
Viennent ensuite P. Dubois, Malgaigne, Alph. Robert, Récamier, Amussat, Jobert (1 3), etc, , qui tous ont observé ces maladies et ont pris une grande part à la discussion que ce sujet a soulevée à l’Académie de médecine.
En Allemagne, après Kiwisch, nous voyons Rokitansky, Virchow (16), Mayer (15), Sommer (16) et Reinhardt (17) se livrer également à des recherches intéressantes sur les déviations utérines.
(1) 4etius, Tetralogia , cap. 77.
(2) Paré, Œuvres complètes, ê dit. Malgaigne. Paris, 1841, t. II, p. 752.
(3) Morgagni, De caus. etsed. morb., epist. xlvi, 16.
(4) Levret , Journal de médecine de Vandermonde, 1773.
(5) Cusco, De l’antéflexion et de la rétro flexion de /'utérus, thèse pour l’agrégation. Paris, 1853.
(6) Frederick Jahn, De utero retroverso. Iéna, 1787.
(7) Saxtorph, De iscliuria ex utero reflexo. 1775.
(8) Wiltczek, De utero reflexo morbo gravidis perniciosissimo!
(9) Kiwisch, Klinische Vortrnge uber specielle Pathologie und Thérapie des weib/ithen G eschlechtes : Die Krankhciten der Gebtlrmuttcr. 3e édition. Prag, 1851.
(10) Mmc Boivin et Dugès, Traité pratique des maladies de l’utérus. Paris, 1833.
(11) Hervez de Chégoin, De quelques déplacements de la matrice et des pessaires les plus convenables pour y remédier ( Mémoires de l Académie royale de médecine , l’aiis, 1833,
(12) Simpson, Contributions to the pathol . and treat. ofthe Utérus ( London and hdinb. monthly Journ., t. III). — Sur la fréquence, le diagnostic, et le traitem. de la rétroflexion ou rétroversion de l’utérus dans l’état de vacuité ( Dublin quarterly Journ., I. V).
(13) Jobert, Discussion à T Académie {Bulletin de ! Acad.de méd., Paris, 1849, t. X ,
(14) Virchow, Des flexions de l’utérus . — Voy. Schmidt’s Jahrbucher der in und aus/an-
dis chen gesammten Medicin. Jahrgang, 1851, par le docteur Sickel.
(15) Mayer, ibid. .
(16) F. C. Sommer, Beitrage zur Lehrc der Infractionen und Flexionen der Geburmuttei
In-8. Giessen, 1850. ... ...
(17) Reinhardt, voyez Sickel, in Schmidts J ahr bûcher. der gesammten Médian {/oc. cil.).