‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 83 sur 494 · KYSTES ANORMAUX · texte numérisé non relu

KYSTES ANORMAUX

Ces tumeurs n’accjuièrent d’importance pratique que lorsqu'elles s’enflamment, |eet alors il en résulte des abcès qui réclament l’intervention de la chirurgie (2).

[Nous mentionnerons, seulement pour mémoire, les kystes hydatiques de l’ovaire, dont la réalité a été fortement mise en doute, quand on a examiné attentivement les observations de faits semblables (3). Quant aux autres kystes anormaux, décrits sous la désignation générale de kystes embryonnaires , nous rappellerons la division donnée par Velpeau (4)], qui les range en rfrois ordres: dans le premier, il place ceux qui paraissent dépendre de la même cause qui a produit l’organisme qui les contient; dans le second, ceux qui résultent d’une fécondation incomplète; et dans le troisième, se classent ceux dans lesquels les productions morbides paraissent avoir été produites par le sac qui les renferme.

[L’origine des kystes anormaux de l’ovaire a été très-discutée. Selon Fl. Churchill (5), la seule explication rationnelle que l’on puisse donner de la présence de

(*) F1, Clmrehill, Traité pratique des maladies des femmes , trad. française. Paris, 1866, |)i O J / •

(2) Voy. Cruvcilhier, Anatomie pathologique du corps humain, XYJII0 livraison, in-folio, ipl. color.

v.l) L. J. Bauchet, Anatomie pathologique des kystes de T ovaire, et de ses conséquences (pour le diagnostic et le traitement de ces affections. Mémoire couronné par l’Académie de | médecine, le 14 décembre 1858 ( Mémoires de l'Académie de médecine. Paris, 1859, !t. XXIII, p. 65. — Voyez aussi la Bibliographie donnée par Churchill, p. 605, note 2).

'h) Velpeau, Dictionnaire de médecine en 30 volumes, t. XXII, p. 581.

(5) Fl. Churchill, Traité pratique des maladies des femmes. Paris, 1806, p. 605,

MALADIES DES FEMMES

ces tissus, c’est que deux germes ont pu se trouver renfermés dans la même vésicule, et, tandis que l’un devient le siège d’une hydropisie, l’autre se développe partiellement. Lee, au contraire, ne considère pas ces productions singulières comme liées à la conception ; ce sont pour lui des exemples de cette monstruosité décrite par Olivier et Breschct, sous le nom de diplogenèses par pénétration. Enfin, selon Bauchet (1), qui réunit tous ces cas sous la désignation de tumeurs enkystées embryonnaires, les unes ont pour point de départ une grossesse extrautérine, les autres une inclusion.]

Les produits qu’on rencontre dans ces kystes sont, du reste, d’une manière générale, et par ordre de fréquence, des cheveux ou poils (2), des dents (3), de la graisse qui les enveloppe, des fragments d’os, des lambeaux ayant l’aspect du tissu musculaire, de la peau, etc.

A moins d’accidents particuliers, ces kystes forment des tumeurs indolentes, occupant une étendue assez considérable de la partie inférieure de l’abdomen, offrant une dureté assez grande, mais ordinairement différente dans les divers points, donnant un son mat à la percussion, et ayant leur racine dans une des fosses iliaques.

Les femmes n’en éprouvent ordinairement aucune incommodité; mais ces tumeurs peuvent s’enflammer, et de là des abcès qui peuvent se vider au dehors, dans l’intestin, dans le vagin, etc. Les débris de matière organisée qui s’échappent alors font reconnaître la nature de la tumeur.

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