KYSTES SÉREUX. — TRAITEMENT
quée, ne compte pas encore (les résultats que l’on puisse invoquer en sa faveur. » (Velpeau. )
[Récemment (1), Graig (d’Ayr) a employé, à titre (l’absorbant du liquide, une solution saturée de chlorate de potasse , dont les malades pienaicnt, tiois fois par jour, une cuillerée à dessert. Sur quatre cas, dans lesquels cette pieparatiou a été administrée, deux fois la disparition du kyste a été complète; une fois, elle 11e s’est faite qu’incomplétement; et, une autre fois, le remède ayant été abandonné, le résultat est demeuré incertain.
Chez une dame âgée (1e quarante-cinq ans, et qui portait un kyste de l’ovaire droit depuis deux années environ, Chaloiu (2) a vu l’usage des eaux de Chatelguyon (Puy-de-Dôme), en provoquant des évacuations excessives par tous les émonctoires, faire descendre la tumeur, du volume d’une tête d’adulte, aux proportions d’une orange. Cependant, un an plus tard, l’amélioration se maintenant du reste, l’ovaire du côté opposé se prit, à son tour, d’augmentation dans son volume.]
T Moyens chirurgicaux. — I. Ponction. — La ponction 11’cst qu’un moyen palliatif. Elle 11e doit être pratiquée que lorsque la fluctuation est sentie de manière à faire croire qu’il 11’y a qu’un seul kyste, ou du moins qu’il en existe un beaucoup plus considérable que les autres et qui cause tous les accidents. On pratique ordinairement la ponction sur la partie antérieure de la tumeur. La percussion devra être employée pour s’assurer qu’une matité complète existe dans le point que l’on veut ponctionner, et qu’il n’y a pas de danger d’intéresser un autre organe que l’ovaire malade (3).
Après la ponction, le kyste se remplit de nouveau, et souvent avec une grande rapidité. On a cité des cas où cette opération a été renouvelée jusqu’à quatrevingts fois et plus.
La ponction n’est pas toujours sans danger. Elle a produit parfois un épanchement péritonéal , suivi de péritonite suraiguë promptement mortelle ; d’autres fois il y a eu une hémorrhagie interne qui a emporté la malade ; quelquefois enfin la mort est survenue peu de jours après une ponction, par suite d’une inflammation du kyste. Lorsque la matière contenue est trop épaisse, c’est en vain qu’on pratique la ponction du kyste.
La ponction par le vagin a été quelquefois pratiquée. Elle est beaucoup plus dangereuse ; et, d’après le cas que nous connaissons, »n doit y renoncer, à moins 1 1 de circonstances toutes particulières.
IL Ponction et injections. — On trouve dans les auteurs plusieurs exemples 1 d’injections pratiquées avec divers liquides (gros vin , eau aiguisée avec de l'alcool, etc.), après évacuation du kyste à l’aide d’une ponction. On a proposé, dans 1 ces derniers temps, les injections iodées. Il faut dire, avec Lisfranc, que, dans les faits rapportés, lors de la discussion à l’Académie de médecine (A) sur ce sujet, il se trouve beaucoup de revers et peu de succès. Or, comme dans les cas où ces opérations sont pratiquées, la maladie 11e menace pas actuellement les jours de la malade, et que le traitement palliatif sulfit pour la faire vivre, sans trop d’incora-
(1) Graig (d’Ayr), Edinburgh med. Journ., 1865.
(2) Chaloiu, Annuaire d'hydrologie mëd., t. XII, p. 39.
(3) Voyez p. 298, les Rapports anatomiques des kystes de l'ovaire.
(4) Lisfranc, Hultctin de l' Académie de médecine. Paris, 1846, t. XI, p. 289 etsulv.
Valleix, 5* édit. V — 20
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modités, pendant plusieurs années, un médecin prudent doit, jusqu’à ce que les faits encourageants s’accumulent, redouter cette opération. Alison (1) a obtenu une guérison d’un kyste de l’ovaire par les injections iodées. Ce cas est surtout remarquable en ce que l’incision et l’introduction d’une tente ayant été pratiquées, il survenait du marasme et la fièvre hectique, et que, dès qu’on employa les injections iodées, il y eut une amélioration rapide qui ne se démentit pas jusqu’à la guérison. Dans ces derniers temps, Boinet a également cité des faits cpii tendent à remettre en honneur ces injections, et dont quelques-uns sont très-remarquables.
[ Depuis l’époque où les lignes précédentes ont été écrites, un grand nombre de faits ont été recueillis, et il n’est pas douteux que l’on ail obtenu, parla teinture d’iode, de remarquables succès, sans aucun des accidents graves que l’on pouvait redouter. Et en effet, il faut se rappeler que Velpeau (2) avait déjà fait remarquer l’innocuité de la teinture d’iode; car, dit cet auteur, elle expose moins que tout autre liquide à l’inflammation purulente, et, infiltrée dans le tissu cellulaire, elle ne peut pas amener d'inflammation gangiéneuse.
Toute'ois, pour manier sans danger et avec succès cet agent énergique, il convient de distinguer les cas, et de n’agir que dans certaines circonstances.
Rouyer (3) a, d’après N’élaton, posé à ce sujet des conclusions d’une grande importance :
Il convient d’abord de distinguer les kystes multiloculaires des kystes uniloculaires : dans les premiers, en effet, il faut plusieurs ponctions successives pour vider autant de poches distinctes; et, d’un autre côté, comme le contenu de chacune d’elles peut varier, on n’est pas certain d’obtenir, dans toutes, les bons effets que la teinture d’iode peut produire dans quelques-unes seulement; enfin, il reste toujours quelques petits kystes que l’injection n’atteint pas, et qui seront l’origine de la reproduction du mal. Il y a donc bien plus de probabilités de succès lorsque l'on a à traiter un kyste uniloculaire, et c’est à ceux-là surtout que conviennent les injections iodées.
Mais, dans les kystes uniloculaires même, on ne réussit ordinairement que lorsqu’ils contiennent un liquide purement séreux. Rouyer rapporte trois observations concluantes à cet égard. Dans le premier cas, on retira dix-huit litres d’un liquide séreux, et comme l’ouverture du kyste avait été faite avec la potasse caustique, on put faire, tous lesdeuxou trois jours, pendant six semaines, des injections iodées: le kyste se rétrécit graduellement, et la guérison fut définitive. Dans le second cas, on fit, dans l’espace de trois mois, quatre ponctions suivies chacune d’une injection iodée, et la malade guérit; près de deux ans après, elle ne présentait pas de récidive. Dans le troisième cas une seule injection suffit. (A. Nélaton.)
Que si, au contraire, on a affaire à un kyste contenant un liquide visqueux, gélatineux et filant, non-seulement on n’obtient pas de guérison, mais encore l’injection iodée peut être nuisible. Dans un fait cité par Rouyer: « une ponction fut
(1) Alison, Philadeph. Examiner , et Bulletin général de thérapeutique, 30 janvier 18A9*
(2) Velpeau, Recherches sur les cavités closes (Annales de la chirurgie française et étrangère, t. Vil, 1843).
(3) Rouyer, Du traitement des hgstes de l ovaire par les injections iodées ( Moniteur des hôpitaux , 1856).
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faite et donna issue à dix-huit litres d’un liquide épais, visqueux. Des injections iodées furent pratiquées dans la tumeur, mais ne donnèrent aucun résultat favorable. A Nélaton, espérant favoriser leur action par des injections délayantes et des lavages réitérés de l'intérieur du kyste, eut recours à l’emploi de ce moyen, mau samTsuccès. Il varia alors la nature des injections irritantes; et, après la teinture d’Lde, il lit pénétrer dans la poche kystique de l’alcool pur, de l’eau-de-vie camphiée,' du vin de quinquina, du chlorure de soude, des solutions de sulfate de zinc de nitrate d’argent, toujours sans succès. La santé s’altérait pendant toutes ces opérations; les fonctions digestives étaient troublées, la malade s’affaiblissait de plus en plus, et elle s’éteignit ainsi graduellement deux mois après le commencement du traitement.. . » Ce fait seul, ajoute Rouyer, ne suffirait pas pour qu’on pût, avec raison, poser la conclusion que nous avons citée précédemment; mais A. Nélaton a vu plusieurs fois encore, dans six cas semblables, la même série de phénomènes se produire et amener un résultat aussi funeste; aussi est-il arrivé naturellement à repousser l’emploi des injections iodées dans les cas de kystes ovariques contenant un liquide visqueux. »
Formule de l' injection iodée employée par .4. Nélaton.
Teinture d'iode 250 grammes.
Eau 750 —
lodure de potassium 8 —
Ce liquide, composé de trois quarts d’eau et d’un quart de teinture, doit être poussé lentement et mis en contact avec la plus grande partie de la surface du kyste par diverses positions données à la malade; le liquide doit être extrait en presque totalité, quoique le séjour dans la tumeur d’un peu de teinture d’iode soit sans danger.
Comme on ne saurait prendre trop de précautions avant d’appliquer ou en appliquant un traitement chirurgical aussi actif, nous indiquerons, encore d’après Rouyer, la conduite que A. Nélaton a adoptée dans le traitement des kystes ovariques uniloculaires :
« Étant donné un kyste, la nature du liquide contenu n’ayant pu être déterminée à l’avance (car ce point de diagnostic reste très- souvent douteux, quelque soin qu’on apporte dans l’exploration), faire d’abord une ponction simple, afin de connaître le caractère du liquide, attendre dans tous les cas, pendant quelque temps, pour voir si la reproduction est plus ou moins rapide. Si le liquide du kyste est filant, visqueux, se contenter de cette ponction simple, palliative, sauf h la renouveler, quand elle sera de nouveau nécessitée par le développement excessif du kyste. Si le liquide est séreux et s’il se reproduit, pratiquer une seconde ponci lion que l’on fait suivre alors d’une injection iodée; si le liquide se reproduit de 1 nouveau et que le kyste revienne à son premier volume, attendre encore assez longtemps, six mois environ et plus, si le kyste, ayant repris son premier volume,
: finit par rester stationnaire. Si la reproduction était rapide, le kyste acquérant 1 lun volume excessif, le chirurgien ayant la main forcée, pour ainsi dire, devrait ■ agir de nouveau. »
111. Incision, excision, ovariotomie, — Si, dans certaines circonstances; le
MALADIES DES FEMMES
médecin se décide a tenter la cure d un kyste de l’ovaire par la ponction, soit simple, soit suivie d’injections iodées ou autres, ce qui justifie les quelques détails qui précédent sur ce procédé opératoire, il appartient plus exclusivement au chirurgien de recourir aux moyens que nous ne faisons que mentionner ici, et dont la description complète appartient aux traités de pathologie externe (1). ]
[ IY. Torsion. — De nouveaux faits de torsion et d’étranglement, observés sur le cadavre, ont convaincu Rokitanski de la fréquence de celte altération du pédicule. Elle est d’ailleurs favorisée par la longueur de ce dernier, par le volume de la tumeur, l’absence d’adhérence, certaines attitudes du corps, des secousses imprimées h l’abdomen, des efforts, etc.; et, si sa production soudaine est presque fatalement suivie des symptômes de la péritonite et des accidents d’étranglement mortels; dans quelques cas, un résultat plus heureux en est la conséquence. C’est ce dernier résultat, qui consiste, soit dans l’atrophie, soit dans une métamorphose régressive de la tumeur, soit dans une section plus ou moins complète de son pédicule, que Rokitanski (2) conseille de provoquer dans un but thérapeutique. Au point de vue de la physiologie pathologique de ces torsions du pédicule des kystes de l’ovaire, aujourd’hui bien constatées, Klob (3) conclut de quelques expériences, quelles sont dues à la rèplètian de la vessie; circonstance étiologique sur laquelle l’attention du médecin praticien devra, par conséquent, être éveillée.]
ARTICLE III