RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC
watique, ou bien quelques flocons albumineux. Ces lésions ne sont pas de nature
nous permettre de résoudre la question, d’autant plus que les faits manquent de détails très-importants, et que les articulations les plus malades étaient sans lésion appréciable après la mort. Dans tous les autres cas, il existait soit une phlébite, soit ne fièvre puerpérale, et les prétendus rhumatismes n’étaient autre chose que la ipppuration des articulations sous l’influence de ces affections. Bouillaud a en outre nié quelques cas de rougeur de la synoviale; mais ce n’est pas là une raison péremptoire de croire à l’existence d’une véritable inflammation. Dans d’autres cas, i n’existait aucune trace d’inflammation dans les articulations, et celui dont nous icons parlé plus haut était un exemple frappant de cette absence de lésions. Le plus liinutieux examen ne put en faire découvrir aucune.
Remarquons que les faits cités dans ces derniers temps par Amiral (1), Trousseau et Lasègue (2) se rapprochent des cas cités par Bouillaud, en ce sens que l’inaammation s’est produite dans le cours ou dans la convalescence d’une affection D'ave, dans des circonstances qui devaient par conséquent favoriser l’inflammation, i que cette inflammation, loin d’être mobile comme le rhumatisme, s’est montrée mut d’abord fixe dans les articulations envahies.
Le rhumatisme articulaire aigu ne laisse dans les parties affectées aucune lésion aractéristique, et c’est un nouveau motif de ne pas le considérer comme une pldeglaasie ordinaire.
Les analyses du sang, faites par Amiral et Gavarret (3), ont fait voir, que l’augi tentation de la proportion de la fibrine est plus considérable dans cette maladie que a ans toute autre. La moyenne de ce principe du sang est de plus de 7 dans le rhumatisme aigu, et la proportion varie de U à 10.
Les principales lésions qui appartiennent aux complications qui peuvent survenir dans le rhumatisme, sont les inflammations du péricarde et du cœur, dont l'anatomie pathologique sera décrite dans un autre volume de cet ouvrage (U).
§ VII. — Diagnostic, pronostic.
jStous dirons d’abord un mot de V arthrite simple aiguë, passant sous silence 'arthrite traumatique, qui reste fixe, et dont la cause met immédiatement sur la oie du diagnostic.
Deux maladies aiguës ayant de nombreux traits de ressemblance, mais réellennent différentes, peuvent spontanément, sans aucune lésion antécédente, se déveppper dans les articulations : ce sont l’arthrite simple aiguë ou l’inflammation iimple, et le rhumatisme articulaire aigu, affection qui a des caractères spéciaux.
1 est possible et même facile de distinguer ces deux affections : ce qui les distingue sst la fixité de l’une et la mobilité de l’autre; la fièvre proportionnellement plus rrande dans l’arthrite, et le retour des mouvements beaucoup plus prompt dans t'î rhumatisme que dans l’arthrite.
(1) Amiral, Bulletin (le l'Académie de médecine, 1850, t. NV, p. 1 019.
(2) Trousseau et Lasègue, Union médicale , 24 août 1850.
(3) Andral et Gavarret, Recherches sur les modifie, de proport, de quelques principes du mng. Paris, 1847.
(4) Voy. PÉRICARDITE et ENDOCARDITE.
MAI. A IMES CONSTITUTIONNELLES.
Dans les cas soumis à notre observation, nous avons pu, sans nous tromper, annoncer que la maladie resterait fixée dans un article, et que la gêne des mouve-
ments, la roideur des tissus, se dissiperaient lentement, alors que toute douleur I
aurait complètement cessé. Comment aurait-il pu en être ainsi, si la maladie avait été de la même nature que ces douleurs qui, du jour au lendemain, peuvent se porter d’une articulation à l’articulation la plus éloignée? Il n’est pas rare de voir, après un rhumatisme articulaire aigu bien caractérisé, certaines articulations con-
server une grande difficulté de mouvements : si l’on examine attentivement l’état
des parties, on voit que ce qui cause les accidents est la persistance de la maladie elle-même. Ainsi il y a encore du gonflement, delà douleur, de la rougeur même, et parfois de l’œdème, surtout aux pieds et aux mains. Or, la gêne des mouvements, la roideur de l’articulation, persistent dans l’arthrite simple, alors même que tous ces symptômes ont disparu ; et cette roideur est due sans doute à la rigidité qui s’est établie dans les tissus fibreux, comme dans les arthrites de cause externe. Cette rigidité peut être vaincue par des mouvements convenablement dirigés, tandis que le moindre mouvement exaspère les douleurs articulaires qui persistent dans le rhumatisme, et augmentent la gêne de l’articulation.
Dans l’artlnite blennorrhagique les choses se passent comme dans l’arthrite simple aiguë; seulement on a de plus, pour fixer son jugement, l’existence de l’écoulement uréthral, car il est bien rare que cet écoulement soit supprimé.
Nous avons vu que fréquemment on a pris pour un rhumatisme articulaire aigu l’inflammation des articulations résultant d’une phlébite suppurative, et se terminant par la formation d’une collection purulente. Cette erreur n’a guère été commise qu’à une époque où l’on ne connaissait pas suffisamment les conséquences de la phlébite. Aujourd’hui on est rarement embarrassé pour porter un diagnostic qui se fonde sur les considérations suivantes : 1° Dans l’inflammation des articulations ou dans les collections purulentes qui se forment dans leurs cavités par suite d’une phlébite, on remarque la fixité de la douleur, du gonflement, de la rougeur, de telle sorte que la maladie, s’étant une fois manifestée dans un article, ne le quitte plus jusqu’à la mort; en outre, on constate la facilité extrême avec laquelle se forment les abcès : c’est au point que parfois il y a dans les articulations du pus parfaitement fié, sans que les parois de l’articulation présentent une altération appréciable, comme s’il n’y avait qu’un simple dépôt de pus. A oila pour les phénomènes locaux. 2° Dans cette même affection, les phénomènes généraux sont des plus intenses, nous les décrirons ailleurs (1); les principaux sont : une fièvre violente, l’agitation, le délire, la stupeur, le coma, des troubles graves des voies digestives, ; et principalement, à une certaine époque, une diarrhée abondante et fétide1, etc. Rien de tout cela ne se remarque dans un simple rhumatisme. 3" Reste enfin la connaissance de la cause qu’il est toujours important de rechercha. On sinfoimera donc s’il existe une plaie quelconque ; si l’on a pratiqué une saignée, et si cette saignée est enflammée; s’il n’y a pas un abcès dans quelques parties du corps, etc. Presque toujours on parviendra ainsi a découvrir le point de dopait de la phlébite. Mais si l’on n’y parvenait pas, il ne faudrait pas pour cela douter du diagnostic et croire à un rhumatisme, car on a démontré que ces suppurations,
(1) Voy. article Phlébite.