AFFECTIONS ARTICULAIRES SYPHILITIQUES
Le gonflement n’occupe ordinairement qu’un point limité d’une extrémité articulaire.
Douleur souvent bornée à un point limité, alors même qu’il y a un épanchement dans l’articulation.
Douleurs Spontanées plus vives que les douleurs provoquées, surtout la nuit.
Commémoratifs : Chancres, bubons, etc.; cicatrices de chancres sur la verge.
Prompte amélioration résultant du traitement antisyphilitique.
Les cas dans lesquels le médecin est appelé à porter un pareil diagnostic sont 'très-rares; néanmoins il faut avoir toujours la possibilité de leur existence présente aà l’esprit, et, dans les cas un peu douteux, on ne doit pas hésiter un seul instant à pprescrire le mercure, l’iodurc de potassium, etc.
Pronostic. — Il faut, pour que le rhumatisme articulaire chronique menace les jours des malades, qu’il occupe un grand nombre d’articulations, et qu’il soit assez 'violent pour condamner les sujets à l’immobilité absolue. Alors se forment les i eschares dont nous avons parle plus haut, et la mort en est la conséquence. Dans la -grande majorité des cas, il n’en est pas ainsi, et la vie n’est pas menacée ; mais le rrhumatisme articulaire chronique est une maladie souvent rebelle, et qu’il est diffi- 1 cile de guérir radicalement; plus la tuméfaction et la déformation de l’article sont -grandes, plus la guérison est difficile.
Les émissions sanguines , soit générales, soit locales, sont fort rarement indi- 1 quées contre celte maladie. Il arrive fréquemment que les symptômes locaux
MALADIES CONSTITUTIONNELLES
prennent momentanément une plus grande intensité, et en pareil cas, quelque * ventouses scarifiées, quelques sangsues sur l’articulation douloureuse, ont souvent procuré un notable soulagement. Dans les mêmes circonstances, on a recours anv bains locaux avec des substances émollientes (la décoction de guimauve , Y in fusion < de mauve ) , ou bien aux grands bains simples ou gélatineux plus ou moins prolongés. I
il est rare qu’il soit nécessaire de recourir à ce traitement antiphlogistique, et les guérisons qu’on a obtenues ont presque constamment été procurées par des ' médications toutes différentes que nous ferons connaître. Le traitement est interne ou externe.
1° Traitement interne. — Purgatifs. — On ne borne pas ordinairement la médication à l’emploi des purgatifs. Il est une seule substance, le colchique, qui a été mise en usage comme spécifique dans cette affection, ainsi que dans le rhumatisme articulaire aigu. On sait qu’elle fait partie des pilules de Lartigue, remède secret employé par un assez grand nombre de médecins, mais que nous n’avons pas à apprécier ici. Gordon (1) recommande particulièrement le colchique. Nous ne nous étendrons pas ici sur l’emploi de celte substance exposé dans l’article précédent; il serait nécessaire d’avoir des observations nouvelles sur l’efficacité d’un médicament qui peut occasionner des accidents. Nous le retrouverons dans le traitement de la goutte.
D’autres drastiques ont été administrés; mais généralement lon n’a recours qu’à des purgatifs doux dans le but de tenir le ventre libre.
Sudorifiques. — Les sudorifiques sont plus généralement employés, et, parmi eux, le gaïae. Plcnck, qui avait une grande confiance dans cette substance, la prescrivait ainsi qu’il suit :
"if Résine de gaïae 15 gram. | Savon amygdalin 15 gram.
Faites dissoudre dans :
Alcool rectifié 120 gram.
Mêlez. Dose : h grammes par jour dans une infusion de bourrache et de sureau.
On donne encore la tisane de gaïae ordinaire, ou bien on associe cette substance
à d’autres espèces sudorifiques, comme dans la formule suivante de Smith :
Gaïae Sassafras .
aa parties égales.
2 c. Salsepareille . . . ï
Squine > aa parties égales.
Réglisse )
Incisez également toutes les substances, et mêlez exactement.
Prenez de ces substances 30 gram. | Eau commune 1500 gram.
Faites bouillir et réduire à 1000 gram. A prendre par tasses, dans la journée.
On a encore recommandé la potion diaphonique suivante :
Acétate d’ammoniaque .. . 12 gram. I Alcoolat de cannelle Sgram.
Vin blanc 160 gram. | Sirop de sucre 6 h gram.
A prendre par cuillerées dans la journée.
(1) Gordon, Revue médicale, 1826,
TRAITEMENT
RHUMATISME ARTICULAIRE CHRONIQUE
Qu'il nous suffise de signaler les bols diaphorétiques anglais, les tisanes de un-eau, de bourrache, etc. ; le rob de sureau, auquel Quarin attribuait une grande llTicacilé; la poudre de Dower (1), etc.
Diurétiques. — Les diurétiques à haute ou à faible dose sont également administrés, mais rien ne prouve qu’ils aient une grande efficacité. Relativement au itrate de potasse à haute dose, Martin -Solon (2) nous apprend qu’il ne réussit as dans le rhumatisme articulaire chronique. Mais Cargit (3) est arrivé à des îsultats bien différents, et qu’il importe de faire connaître, afin qu’on puisse expénnentcr de nouveau son traitement. Ce médecin, comparant l’efficacité du nitrate ce potasse à haute dose et du colchique, a noté ce qui suit :
Sur 100 malades qui ont pris le nitre à haute dose, 61 ou les 6/10es ont guéri, >i:rme moyen, en 15 jours 3 /h; 20 ont éprouvé un grand soulagement sans être naéris; 5 n’ont éprouvé que très-peu d’amélioration, 3 n’ont rien obtenu; l’état res autres s’est aggravé.
La dose ordinaire était de 2sr,50 trois fois par jour; dans les cas plus rraves, on l’a portée jusqu’à 3, 6 et S grammes trois fois par jour, et dans un cas nsqu’à 12 grammes.
Dans quelques cas et suivant les circonstances, l’auteur a également employé les aangsues, les purgatifs, les vésicatoires, les bains de vapeur, etc.
Quant aux autres substances, nous mentionnerons la tisane de bourgeons de jipin et Voxymel scillitique, qui fait partie de la formule suivante proposée par i’hilenius :
"if Nitrate de potasse 8 à 30 gram. Tartre stibié 3 à 15 centigram.
Eau de sureau 150 gram. Oxymel scillitique 30 gram.
Mêlez. Dose : une cuillerée à bouche toutes les deux heures.
Mercuriaux. — Les mercuriaux, que nous retrouverons dans la médication i xxterne, font aussi partie de la médication interne. Lentin regardait le sublimé wyrrosif comme très-efficace. Fizeau a rapporté un cas dans lequel il a vu le rhui laatismc disparaître après l’usage de la liqueur de Van Swieten. Blanc prescrit la i rréparation suivante :
Deutochlorure de mercure 10 centigram.
Dissolvez dans :
Alcool 120 gram.
Ajoutez :
Vin ammoniacal 25 gouttes.
Mêlez. Dose : 15 grammes deux fois par jour.
Ib
Celte dose nous paraît très-forte ; il vaudrait mieux commencer par une quantité lien moins considérable.
j (1) \ oy. Observations sur l emploi des sudorifiques et de la poudre de Dower à haute dose Mans le traitement du rhumatisme aigu {Bulletin de l’Acad. de médecine. Paris, 18AA, t. IX, IL 833).
i (2) Martin-Solon, Considérations générales sur le traitement du rhumatisme articulait e 1 ’igupar le nitrate de potasse {Ibid., t. IX, p. 130).
(3) Cargit, London med. Gazette , et Bulletin gén. de thérap., 15 mars 1853.
MALADIFS CONS ITI’ü HONÎNKU.ES.
Le calomel à dose altérante est aussi prescrit par plusieurs médecins; mais relativement au traitement par les mer eu riaux, comme pour presque tous les antres, nous n’avons rien de bien positif, et c’est pour cela que nous n’insistons pas.
Moyens divers. — Nous ment ionnerons les préparations d'arnica, les boissons sulfureuses et alcalines, f’eau de goudron, le soufre regardé comme un spécifique par George Tucker (1); Y huile de foie de morue, recommandée par plusieurs médecins allemands et. italiens, mais qui me paraît avoir surtout été administrée dans des cas de tumeur blanche; l’ extrait d’aconit (Siork), Y huile de cajeput (Stromeyer), le lait (Baglivi, Barthez), le savon (Monro), 1 a phosphore recommandé par Hartmann (2), la liqueur arsenicale de Fonder, la térébenthine (Chevne), Y induré de potassium (Clendinning). Nous ne trouvons pas dans ces diverses indications des documents suffisants pour nous faire une idée bien arrêtée.
L)u reste, comme remarque générale, la médication interne ne saurait en aucune manière être comparée, sous le rapport de l’efficacité, à la médication externe. Dans presque tous les cas, c’est à celle-ci qu’on a principalement recours. On l’emploie souvent seule, et on l’associe ordinairement à la première. Examinons donc les moyens dont elle se compose.
2° Traitement externe. — Les applications excitantes sur les parties malades J sont nombreuses. Signalons d’abord les applications camphrées. Celles indiquées • à propos du rhumatisme articulaire aigu doivent être rappelées ici : ainsi le cata- 1 plasme avec l’alcool saturé de camphre, etc.
Les linitnenls excitants sont nombreux. Nous citerons particulièrement le hniment volatil camphré préparé ainsi qu’il suit :
Huile blanche GO gram. I Camphre û gram.
Ammoniaque 8 gram. |
Faites dissoudre le camphre dans l’huile. Introduisez la dissolution dans une bouteille. Ajoutez l'ammoniaque : bouchez et agitez.
Le baume de Fioravanti, le baume opodeldoch sont aussi d un usage fréquent. On a beaucoup vanté le baume acétique camphré de Pelletier; voici sa composition :
8 gram.
2 C. Savon animal 8 gram.
Faites dissoudre au bain-marie dans :
Éther acétique
Camphre.
Ajoutez :
Huile essentielle de thym 20 gouttes.
Faites, deux fois par jour, des frictions avec ce baume sur les articulations douloureuses. .
Mentionnons les frictions avec Y huile de croton tiglium, la chaleur (‘levée sut ^ les articulations, Y urtication.
Vésicatoires, moxas, cautères. — L’usage des vésicatoires, des cautères* ( es moxas sur les articulations douloureuses a été très-répandu pendant longtemps.
(1) George Tuckcr, The Lancet, 1835, vol. I, p. 810.
(2) Voy. Havle, bibliothèque de thérapeutique. Paris, 1830, t. II, p. 8.
RHUMATISME ARTICULAIRE CHRONIQUE. — TRAITEMENT
Aujourd’hui ou est plus sobre de ces moyens; des faits nombreux rapportés par Alalgaigue, par Bonnet, de Lyon, (1), et d’autres observateurs, ont prouvé que res agents énergiques augmentent souvent la douleur, causent l’insomnie, allument Ida fièvre et finissent par détériorer la constitution sans améliorer très-notablement I ’état local. O11 ne doit par conséquent recourir à ces moyens qu’avec prudence, ■fit cependant les faits signalés par Guilbert (2) prouvent qu’on aurait tort d’v rrenoncer complètement. On peut les essayer lorsqu’il n’y a pas de fièvre, lorsque aa peau ne présente pas de chaleur anormale au niveau des parties malades, et Icorsque la douleur est très-modérée.
Mer curiaux à l'extérieur. — Le mercure est encore plus souvent employé à 'extérieur qua l’intérieur. Les uns l’appliquent sous forme d’emplâtre. Ainsi on a i ranlé l’action d’un emplâtre fait avec le cinabre , de V emplâtre de Vigo cum merrurio, etc. J. 11. Kopp (3) employait les frictions suivantes :
Deutochlorure de mer- 1 Éther acétique 12 gram.
cure AO à 50 centigram. | Alcool rectifié 24 gram.
Mêlez. Faire, trois ou quatre fois par jour, des frictions sur les articulations malades avec j i-cinquante à cent gouttes de cette solution.
Mais c’est surtout aux bains de sublimé qu’on a le plus fréquemment recours. Récamicr a assez souvent employé ces bains, et l’on a rapporté des faits de guéri- 'son recueillis à sa clinique. Trousseau a également préconisé ce moyen, qu’il emploie ainsi qu’il suit :
2 £ Deutochlorure de mercure .... 10 à 30 gram., graduellement.
Alcool. 100 gram.
Dissolvez. Versez cette solution dans l’eau du bain. On administre un bain semblable tous ! les jours, jusqu’à ce que les gencives commencent à se prendre.
A ous avons employé avec persévérance ces bains de sublimé dans des cas de rrhumatisme articulaire aigu qui tendaient à devenir chroniques, et dans des cas de rrhumatisme articulaire chronique bien caractérisé. Chez l’homme adulte, on peut, 'Sans aucune crainte, commencer le traitement par 25 grammes de deutochlorure 'de mercure; on peut aussi porter la dose à 60 grammes, et les gencives l'se prennent très-difficilement. Nous avons observé une amélioration assez rapide;
I ' mais cette amélioration s’est promptement arrêtée et nous n’avons pas pu obtenir aune guérison complète.
Les fumigations de cinabre ont été également mises en usage, surtout par IRécamier, et on les a associées aux préparations mercurielles prises à l’intérieur de la manière indiquée plus haut.
Applications de teinture d’iode. ■ — Gros, de "Wesserling (h), a rapporté quatre 'observations dans lesquelles des applications locales de teinture alcoolique d’iode ont dissipé des douleurs anciennes avec gonflement plus ou moins notable dans diverses articulations. Ce traitement mérite d’être expérimenté de nouveau. Son ■ emploi est des plus simples.
(1) Bonnet, Thérapeutique des maladies articulaires.
(2) Guilbert, Arch. gén. de mcd., lrc série, 1828, t. XVII, p. 452.
(3) J. 11. Kopp, Denku. in der A erztl. Praxis. Frankfurt, 1830.
(4) Gros (de Wesserling), Union médicale, 19 mars 1850.
MALADIES CONSTITUTIONNELLES
Gros recommande la teinture de la pharmacopée de Strasbourg, qui contient une partie d’iode pour dix parties d’alcool à 33 degrés ; il n’y a pas grande différence entre celte teinture et celle de la pharmacopée de Paris. On imbibe de la substance une compresse longuette, on l’enroule autour de l’articulation malade, puis on la fixe par quelques tours de bande. Le pansement doit, en général, être renouvelé matin et soir; cependant, sur les peaux fines et délicates, ou quand il se produit des phlyctènes (ce qui est rare), on peut éloigner les applications ou étendre la teinture de plus ou moins d’eau. Cette précaution est encore utile lorsqu’il y a des solutions de continuité de la peau, ou quand, après avoir enlevé les premières écailles épidermiques formées par le contact de l’iode, la peau au-dessous est très-sensible *et très-mince. Il est sans exemple de voir ces applications déterminer une inflammation vive de la peau ; tout au plus occasionnent-elles des démangeaisons, une légère chaleur et un sentiment de tension dans les parties soumises à l’action de la teinture.
Les bains de vapeur sont de l’usage le plus fréquent. Il faut les multiplier si l’on veut pouvoir espérer d’en obtenir de bons effets. Souvent ils fatiguent inutilement les malades lorsqu’il s’agit d’un rhumatisme chronique avec gonflement des articulations, c’est-à-dire du véritable rhumatisme articulaire chronique.
Nous ne pouvons pas dire si les bains aromatiques (à l’aide des infusions de sauge, de romarin, etc.) ont une plus grande valeur.
Des faits nombreux prouvent l’efficacité, dans un bon nombre de cas, des bains sulfureux joints à l’ingestion des eaux sulfureuses ; c’est surtout aux établissements d’eaux naturelles qu’on obtient de véritables succès. Aussi doit-on y envoyer les malades toutes les fois qu’on le peut. Les eaux de Baréges, de Luchon, d’Aix en Savoie, de Loueschc, etc., sont très- renommées pour le Traitement des maladies articulaires. En général, plus la température des eaux est élevée et plus elles sont chargées de matières sulfureuses, plus leur action est puissante.
D’un autre côté, on n’a pas moins vanté les eaux salines, telles que les eaux de Bourbonne-les-Bains, de Vichy, de Néris, du Mont-Dore. Nous venons à l’article Goutte quels sont les effets de ces eaux sur la goutte , ce qui nous conduira à quelques conclusions sur le rhumatisme articulaire chronique. Si l’observation rigoureuse pouvait pénétrer dans les établissements thermaux, elle y trouverait la plu belle mine à exploiter.
Les bains russes ont été aussi préconisés ; mais nous pensons qu’on les a spécia lement appliqués à des cas où il n’existait aucun gonflement des articulations, à des cas douteux par conséquent.
Les douches de vapeur, d’eau simple, d’eau chargée de substances médicamenteuses, agissent dans le même sens que les bains dont nous venons de parler.
Il résulte de quelques faits, et notamment de ceux qu’a rapportés Briquet (1), que les bains d’eau simple à 36 degrés centigrades, mais prolonges pendant deux et trois heures, ont réussi dans des circonstances où plusieurs autres moyens actifs ont échoué.
Il résulte des faits rapportés par Scoutetten (2), Lubansky, etc., que le rluuna-
(1) Briquet, Bulletin de thérap., t. XV.
(2) Scoutetten, De l'eau sous le rapport hygiénique et médical. Paris, 1843. — Munde, Hydrothérapie. Paris, 1842, in-12.
RHUMATISME ARTICULAIRE CHRONIQUE. — TRAITEMENT
niiic chronique est une des affections dans lesquelles 1 hydrothérapie réussit le j,ieux. On ne doit donc pas hésiter d’y avoir recours lorsque la maladie se montre belle aux autres agents thérapeutiques.
i Électricité. — L'électricité , le galvanisme , Y électropuncture sont rccomandés par Mauduyt (l), par Wilkinson et par plusieurs autres auteurs ; mais ces éédecins ont parlé en même temps du rhumatisme musculaire, du rhumatisme iticulaire et de plusieurs autres douleurs, en sorte qu’on ne peut pas connaître uitililé de ce moyen dans l’affection dont nous nous occupons. Tout porte à croire ii’il est beaucoup moins utile que dans les maladies qui consistent uniquement uns une douleur plus ou moins vive.
! Compression. — La compression a été appliquée au rhumatisme articulaire chroique aussi bien qu’au rhumatisme articulaire aigu. Pour qu’elle soit applicable, il
ii ît que le nombre des articulations affectées ne soit pas trop considérable.
j Position. • — Comme pour le rhumatisme articulaire aigu, Bonnet (de Lyon) i>siste beaucoup sur la nécessité d’une bonne position. On doit, à l’aide d’appareils Ipropriés, maintenir le membre dans la situation (pii sera la plus favorable pour ccas où l’articulation ne reprendrait pas la liberté de ses mouvements. Mouvements. — Si l’on maintenait rigoureusement le membre dans une posiii n fixe, quelque favorable qu’elle soit, on courrait le risque de favoriser l’anky- -.e, ou du moins de faire naître une roideur très-difficile à vaincre. Pour obvier à t inconvénient, Bonnet, de Lyon (2), conseille de faire exécuter, quatre ou cinq 'S par jour, des mouvements méthodiques qui maintiennent l’élasticité des ligaents. Ces mouvements doivent être imprimés d’abord pendant cinq ou six minutes, ii:is plus longtemps, à mesure que l’amélioration fait des progrès. On doit aussi commander au malade de se servir de son membre pendant un certain temps et tec mesure, puis plus hardiment. Suivant Bonnet, on ne doit pas se laisser arrêpar les craquements cpie fait entendre l’articulation pendant ces mouvements. if.Qn on a cité des cas où l’on a vaincu violemment une résistance qui ne s’est pas produite. Il ne faut pas suivre trop légèrement ces exemples. Lorsque l’articulaim est encore douloureuse, on risque de voir se reproduire des symptômes aigus, n doit attendre que toute trace de sensibilité morbide ait disparu.
•Moyens divers. — C’est d’abord l’emploi de la morphine par la méthode enderique y qui n’est guère utile que pour faire cesser les douleurs; puis Y acupuncture. Uniment suivant était conseillé par Broclie :
Acide sulfurique 15 gram. | Huile d’olive 45 gram.
Pour frictions, matin et soir.
tOn peut aussi employer, comme le recommandait Batremeix (3), la teinture de i itharides, ainsi qu’il suit :
Pf Huile de pétrole 30 gram. Carbonate d’ammoniaque 8 gram.
Teinture de cantharides. . . 30 gram. Huile d’olive q. s.
(Faites un liniment.
(1) Mauduyt, Mém. sur les différentes manières d'administrer Y électricité. Paris, 1781. .2) Bonnet (de Lyon), Traité de thérapeutique des maladies articulaires. Paris ’ 1853
(3) Batremeix, Dissertation sur le rhumatisme. Strasbourg, 1828.
Suivant Goudron, la solution suivante est utile :
ïf E;iu distillée GO grain. | llydrocyanate de potasse 40 centigram.
Dissolvez.
Nous citerons encore l 'eau de Goulard, la térébenthine , les frictions sèches, le massage.
3° Traitement prophylactique. — Les moyens prophylactiques recommandés par Chomel et Requin s’appliquent plus à la goutte qu’au rhumatisme articulaire. Voici ce que nous pouvons en tirer de plus utile relativement à la maladie qui nous occupe : se soumettre à un régime très-doux, s’abstenir de spiritueux, faire tous les jours un exercice suffisant en plein air, entretenir la liberté du ventre, faire usage des eaux thermales, et éviter le froid et l’humidité.
Résumé. — Après avoir, par les antiphlogistiques, fait disparaître toute trace de douleur, on doit promptement recourir aux topiques excitants, à la position du membre et à l’usage des eaux thermales. Toute autre conclusion serait prématurée,
RÉSUMÉ SOMMAIRE DU TRAITEMENT
1° Traitement interne. — Purgatifs, sudorifiques, diurétiques, mercuriaux, moyens divers.
2° Traitement externe. — Applications excitantes : vésicatoires, moxas, cautères, etc. ; mercuriaux à l’extérieur; bains de vapeur, aromatiques, sulfureux, alcalins; douches de vapeur, d’eau chaude simple ou médicamenteuse; bains russes, bains simples prolongés; hydrothérapie; électricité; compression, position, mouvements méthodiques ; moyens divers.
3° Traitement prophylactique. — Régime, exercice, eaux thermales, etc.