FIÈVRES CONTINUES
Elles se distinguent des fièvres intermittentes par la continuité de la fièvre, et des fièvres éruptives par l’absence d’éruption importante à la surface du corps. Nous décrirons les espèces suivantes : la fièvre éphémère , la synoque, la fièvre
FIÈVRES
typhoïde , le typhus nosocomial et le typhus fever , la fièvre puerpérale , la fièvre jaune , la peste et la grippe.
Considérations générales.
[A une époque récente, des praticiens éminents comme Chomel (1824) pouvaient mettre en doute l’existence de ces fièvres légères d’une durée courte et mal limitée qu’on appelle éphémères , synoques, et déclarer qu’il n’y avait qu’une seule fièvre essentielle continue, la fièvre typhoïde. Le fait est que les prétendues fièvres
continues très-bénignes ne sont souvent que des maladies mal interprétées. L’erreur de diagnostic est fréquente en pareille matière, et tel trouble fonctionnel qui a pour siège un organe peu accessible, ou se traduit par des signes peu apparents, passe inaperçu et laisse le champ libre au diagnostic erroné qui admet la fièvre continue légère. Les angines, l’herpès, les éruptions furonculeuses, les métrites légères, une pleurésie ou une pleuro-pneumonie à peine esquissée, l’insolation et l’érythème qui vient à la suite, la réaction qui suit l’exposition au froid, j celle qui suit un violent exercice des muscles, l’indigestion, et une foule d’autres états morbides qui sont très-matériels et n’ont rien d’essentiel, forment un immense assemblage de faits pathologiques d’une médiocre importance, parmi lesquels peut se recruter la fièvre éphémère et peut-être la synoque. Jl est juste, d’ailleurs, de reconnaître qu’au début d’une maladie pyrétique il est dillicile souvent de dire si la fièvre est essentielle ou symptomatique. Il faut donc, avant de reconnaître les fièvres éphémères, éliminer les maladies locales, lesquelles peuvent être lentes à se produire ou difficiles à découvrir, surtout chez les femmes et les enfants.
Nous respectons la pensée qui a présidé à la classification et à la nomenclature des > fièvres, telles qu’on les trouve dans les précédentes éditions de ce livre, et nous n’introduirons point ici un historique fatigant pour le lecteur; cependant nous 11e pouvons omettre de signaler les opinions qui ont encore cours, ou qui du moins se manifestent encore dans quelques écrits contemporains. Sans remonter à Sauvages ni à Pinel, on trouve quelques auteurs contemporains qui ont multiplié les espèces, ou reconnu des formes variées, dans la fièvre continue. Tl y a même eu une tendance à faire de certaines lésions morbides classées parmi les phlegmasies un résul- : tat, un produit des fièvres (fièvre érysipélateuse synoque péripneumonique de) Marotte). Dans un livre publié récemment à Montpellier sur la classification 1 des fièvres, l’auteur admet les formes suivantes : fièvre éphémère, inflammatoire, bilieuse, catarrhale, muqueuse, ataxo-adynamique, typhoïde, etc. On peut multiplier beaucoup ces prétendues formes. Il est peut-être plus conforme à une saine observation de reconnaître que ces formes sont le résultat de causes complexes empruntées soit au milieu (climat, constitution médicale), soit à l’âge, à la constitution propre du malade, et à une foule de circonstances accidentelles (1).]
(1) Castan, Traité élémentaire des fièvres , 1864.