SYPHILIS. — CHANCRE SIMPLE. SYMPTÔMES
Entrée du vagin en arrière des caroncules. ... 7
— du col de l’utérus 1
— de la marge de l’anus 23
— du sillon interfessier 5
— — du périnée 5
— de la face interne des cuisses 5
— de l’hypogastre 2
Une statistique publiée par Ricord fournit des données à peu près semblables. Chez l’homme, le siège le plus fréquent est le sillon en arrière du gland et le filet ; chez la femme, c’est la fourchette.
Le chancre de lVmws est beaucoup plus fréquent chez la femme que chez l’homme. Il ne s’agit pas ici de contact par le fait d’un acte contre nature. Le plus souvent l’écoulement du pus sur le périnée jusqu’à l’anus suffit à expliquer le chancre anal. Dans la statistique de Ricord on voit chez l’homme 367 chancres de la verge pour 9 chancres de l’anus; chez la femme, 28 chancres de l’anus pour 1 39 chancres de la vulve. En général, ce chancre siège à l’orifice, en avant, masqué par les plis de l’anus. Tardieu a noté plusieurs fois le chancre de l’anus chez des pédérastes (1). Les chancres simples de l’anus peuvent produire après cicatrisation des rétrécissements de cet orifice.
§ VI. — Symptômes accessoires et complications.
Certains accidents qui accompagnent et suivent le chancre simple peuvent être considérés comme une conséquence naturelle de celui-ci ; d’autres méritent le nom de complication.
Phimosis et paraphimosis. — Le phimosis se produit souvent dans le cas de chancre sous-préputial; quelquefois il se déclare une inflammation phlegmoneuse; les liquides purulents sont retenus et la douleur est vive. Quelquefois les vaisseaux lymphatiques {lymphite dorsale) s’enflamment; il y a des phénomènes d’étranglement; et quelquefois une eschare se produit sur le prépuce. Le paraphimosis ne devient un inconvénient sérieux que lorsqu’il produit une constriction considérable sur la verge, et qu’il y a étranglement, turgescence du gland; alors le chancre simple s’étend, se creuse davantage, et devient phagédénique.
Lymphite. — C’est sur le dos de la verge surtout que se produit cette complication. Dans certains cas il se forme des nodosités phlegmoneuses qui tendent à s’ouvrir; et lorsqu’elles sont ouvertes elles prennent l’apparence chancreuse et le pus qu’elles fournissent est inoculable, c’est-à-clire reproduit par inoculation un chancre simple. En outre on voit parfois se développer au voisinage du chancre simple et en dehors des vaisseaux lymphatiques, des abcès qui portent le nom d'abcès chancreax.
Bubon. — L’adénite qui survient par le fait d’un chancre n’est pas un accident constant ni nécessaire. Diverses causes tendent à le produire. Un degré plus élevé d’inflammation autour du chancre, des médications topiques intempestives, et sur-
(1) Ambroise Tardieu, Étude médico-légale sur les attentats aux mœurs, lte édition. Paris, 1862, p. \ 19.
MALADIES CONSTITUTIONNELLES
tout la constitution du sujet, influent sur le développement de l’adénite. Le bubon commence, comme les phlegmasies, par du frisson et de la fièvre; il y a de la douleur; les ganglions ne sont pas seuls eu cause, le tissu cellulaire voisin participe aussi à l’inflammation. La résolution peut survenir au bout de quelques jours. Lorsque le bubon doit suppurer, la peau rougit, s’amincit et il se produit au sommet de la tumeur un point fluctuant. Il peut se former des abcès multiples. Chez les scrofuleux le bubon peut revêtir la forme fongueuse qui demande un traitement spécial. Diverses complications peuvent encore se montrer, telles que le phlegmon diffus et l’érysipèle.
Le bubon suppuré appartient au chancre simple et non à la syphilis. Sous le nom de bubon chancreux et d 'adénite virulente on doit entendre seulement l’adénite suppurée qui résulte du chancre simple. Baumes et Castelnau surtout ont établi ce point important. Le pus inoculable se rencontre non pas dans le phlegmon qui entoure le ganglion, mais dans le ganglion lui-même. Lorsque le bubon est ouvert, soit spontanément, soit artificiellement, il peut s’ulcérer et former un vaste chancre, lequel se comporte comme le chancre simple en général. D’après la statistique de llicord, laquelle est basée sur un nombre considérable d’inoculations, l’adénite inflammatoire suppurée de l’aine est aussi fréquente que l’adénite virulente ou chancreuse, de sorte qu’en réinoculant tous les bubons vénériens suppurés, le résultat est positif dans la moitié des cas et négatif dans l’autre moitié.'
Le siège du bubon chancreux est le plus souvent l’aine, et quelquefois des deux côtés.
Chancre phagédénique. — Le phagédénisme complique quelquefois le chancre simple. Généralement c’est la constitution même du sujet qui détermine cette complication. L’alcoolisme paraît y prédisposer. Les maladies aiguës fébriles jouent le même rôle, d’après Sperino (de Turin). Certaines conditions locales, telles que le paraphimosis, peuvent aussi influer sur la production du phagédénisme, c’est-à-dire delà gangrène du chancre simple. C’est généralement sur le gland et sur le prépuce que se montre le phagédénisme; cette complication peut s’observer aussi à l’aine. Le chancre phagédénique peut prendre la forme pullacée. Le phagédénisme n’est point un effet spécial du virus, et il ne se transmet pas par l’inoculation; en pareil cas il se reproduira un chancre simple. Nous traiterons ailleurs du chancre serpigi lieux.
§ VII. — Traitement.
C’est surtout par les caustiques qu’on a traité de tout temps les chancres. On a employé les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, citrique, acétique, la potasse, l’ammoniaque, etc. Aucune de ces substances ne produit d’effet spécifique. En réalité on a vainement cherché soit un prophylactique soit un spécifique du chancre simple.
Rodet a donné la formule du liquide suivant dont il a très-souvent éprouvé les bons effets :
^ Eau distillée
Perchlorure de fer.
Acide citrique
Acide chlorhydrique
32 gram.