‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 157 sur 369 · SYPHILIS VISCÉRALE · texte numérisé non relu

SYPHILIS VISCÉRALE

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Les symptômes varient suivant le siège; lorsque la carie ou la nécrose sont superficielles, il y a gonflement, rougeur de la peau, suppuration et perforation, abcès ossifluent à fond rugueux; il peut se faire une large et profonde ulcération. Ces plaies suppurantes épuisent le malade, elles sont lentes à la réparation et entraînent des déformations cruelles.

Les premières descriptions de la syphilis nous montrent l’horreur qu’inspiraient les malheureux défigurés par la perte du nez ou par des plaies profondes du front ou d’autres parties du visage. Si la carie ou la nécrose occupent la table interne des os du crâne, il peut se faire des méningites pl us ou moins étendues, des abcès, des épanchements avec compression du cerveau. La mort peut survenir rapidement en pareil cas. S’il existe un séquestre osseux, la trépanation peut quelquefois sauver le malade.

La déformation du nez est un des accidents les plus fréquents à cette période de la syphilis ; le vomer est le plus souvent atteint. Après l’élimination du séquestre, le nez s’atfaisse et se déforme. Quelquefois la carie atteint les os de la base du crâne. L’ostéite médio-palatine est fréquente ; elle donne lieu à une perte de substance qui fait communiquer la partie supérieure delà voûte buccale avec les fosses nasales, d’où résulte une infirmité h laquelle l’autoplastie ne peut pas toujours porter remède. L’oreille peut être atteinte; souvent il y a destruction des osselets de l’ouïe. Le bord alvéolaire du maxillaire supérieur peut se nécroser et entraîner une profonde perte de substance. Lorsqu’il y a nécrose de la branche montante de l’os maxillaire supérieur, il se forme souvent une fistule lacrymale. 11 se produit aussi quelquefois des ostéites suppurées dans l’orbite, et il en résulte une cicatrice difforme avec enfoncement de l’une des paupières. On ne peut énumérer ici toutes ces lésions qui sont du domaine de la pathologie externe. Le diagnostic de la diathèse doit toujours être fait en pareil cas; il n’y a guère à hésiter qu’entre la scrofule et la syphilis. Le traitement par l’iodure de potassium, ou plutôt le traitement mixte où entre le mercure éclairera le diagnostic.

Sous le nom de tumeurs blanches syphilitiques , Richet a décrit : 1" la synu- ’de; 2° V ostéite articulaire suivie clc synovite. Cette manifestation syphilitique se ferait distinguer des autres arthrites par sa marche lente et indolore, le gonflement des extrémités épiphvsaires et l’épaississement de la synoviale, un épanchement lent, la tendance à l’ankylose, etc.

fit)0 SYPHILIS VISCÉRALE.

La syphilis étend son action à l’organisme tout entier; lorsqu'elle atteint les organes superficiels , elle parle aux jeux et s’annonce par des signes certains; aussi la syphilis superficielle était-elle connue depuis longtemps, que l’on ne soupçonnait fias encore la syphilis viscérale. C’est à des auteurs contemporains que nous devons la connaissance de ces lésions profondes qui jusque-là, sans être méconnues, n avaient pas ete 1 apportées à la cause diathésique qui les engendre. Parmi ces auteurs, nous citerons P. Yvaren (1), Guider (2), Bedel (3), Hildenbrandt (fi),

: 1 ) Yvaren, Métamorphoses delà syphilis. Paris, 1845, et Gazette médicale de Lyon , 1858.

(2) Gubler, Mémoire? de la Société de biologie , et Gazette médicale , 1852.

(3) Bedel, De la syphilis cérébrale, thèse de Strasbourg, 1851.

(û) Hildenbrandt, De la syphilis dans ses rapports avec l'aliénation mentale , thèse de Strasbourg, 1859.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

Virdiow (1), Lagueau (2), Gros et Lancereaux (3), Ladreit de la Charrière (h). Zambaco (5), Leudet, Depaul, Lebcrt (6), Melchior Robert, Schützenberger, Ludger Lallemand, Bcyran, Cli. Robin.

La syphilis viscérale a été étudiée dans ses manifestations sur les centres nerveux, sur le foie, l’appareil respiratoire et circulatoire, les reins et la rate. — Nous commencerons par décrire I action de la syphilis sur le système nerveux central.

h\" SYPHILIS DES CENTRES NERVEUX.

Il faut distinguer les lésions des centres nerveux des lésions de leur enveloppe osseuse.

Les exostoses, périostoses, caries et nécroses du crâne ou des vertèbres, amènent des inflammations consécutives ou des compressions du centre nerveux. Nous avons cité plus haut ces cas. Ce sont là des troubles indirects. O11 a observé des cas où c’étaient non pas des lésions de voisinage, mais des lésions directes du centre nerveux, ou de ses enveloppes, qui constituaient la maladie.

Dans un très-grand nombre de cas, il la vérité, les lésions ne présentaient rien de spécifique, non plus que les troubles fonctionnels, et la nature spéciale de la maladie n’était dénoncée que par l’étiologie rationnelle et par l'influence du traitement.

Il faudrait donc, pour être complet, passer en revue tous les troubles du système nerveux, névralgies, analgésie ou anesthésie, hémiplégie faciale, hémiplégie complète, paraplégie, délire, folie, épilepsie, etc. Nous ne pouvons embrasser un champ aussi vaste, et nous devons nous contenter d’exposer la partie la plus importante de notre sujet, renvoyant notre lecteur, pour le reste, aux maladies du système nerveux et aux traités spéciaux de syphilis.

Cette question est traitée avec de grands développements par Zambaco, qui étudie successivement les catégories suivantes : 1° affection du système nerveux avec lésions, comprenant la congestion, les lésions de la choroïde, les épanchements plastiques, les gommes encéphaliques ; 2° les affections nerveuses sans lésions appréciables; 3° les névropathies syphilitiques; Zi° les névralgies, comprenant la névralgie sciatique, la névralgie intercostale, celle de la Cinquième paire, du nerf sous-occipital, des nerfs dentaires; 5° les paralysies des nerfs moteurs de l’œil, de l’oculomoteur commun, du nerf facial, l’hémiplégie partielle ou complète; 6° la paraplégie; 7° les convulsions syphilitiques ; 8° une forme spéciale de paralysie ressemblant à la paralysie générale des aliénés ; 9° des troubles de la sensibilité générale ; 10° l’amaurose et l’amblyopie syphilitiques; 11° les troubles du goût; 12° les troubles de l’odorat; 13° la chorée syphilitique; 1 h° l’hystérie syphilitique; 15° l’épilepsie syphilitique; 16° les troubles intellectuels produits par la syphilis. — Cette énumération donnera au lecteur une juste idée de l’étendue du sujet. On

(1) Virchow, De la syphilis constitutionnelle , trad. de Picard. Paris, 1860.

(2) Lagneau, Maladies syphilitiques du système nerveux. Paris, 1860.

(3) Gros et Lancereaux, Des affections nerveuses syphilitiques. Paris, 1861.

(4) Ladreit de la Charrière, Des paralysies syphilitiques , thèse. Paris. 1862.

(5) Zambaco, Des affections nerveuses syphilitiques. Paris, 1862.

(6) Lebert. Traité d’anatomie pathologique générale et spéciale. Paris, 1857-1860, t. I.

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