‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 158 sur 369 · SYPHILIS HÉPATIQUE. — VARIÉTÉS · texte numérisé non relu

SYPHILIS HÉPATIQUE. — VARIÉTÉS

peut dire, en effet, de la syphilis comme des autres diathèses (rhumatisme, goutte, arthrites, scrofule, etc.) qu’elle peut produire presque toutes les maladies.

A natomie pathologique. — Il ne faut pas rechercher d’élément morbide propre à la syphilis, elle détruit, et n’engendre que des produits transitoires. Les méningites, les hémorrhagies cérébrales imputées ît la syphilis, ne se distinguent par aucun caractère histologique spécial.

D’après Robin et Virchow, le cerveau peut être infiltré d’un exsudât spécial plastique, qui se montre disséminé par tout l’organe ou localisé sous forme de plaques: ces plaques sont situées dans le cerveau lui-même ou sur les méninges. Luys a décrit ainsi l’histologie de ces plaques et d’une petite tumeur observées au devant du chiasma : noyaux et cellules libro-pl astiques, fibres de tissu fibro-plastique fusiformes, vaisseaux capillaires nombreux. — En résumé, il n’y a point de lésion spéciale.

Diagnostic. — Le seul élément important du diagnostic est de prouver la genèse de la maladie et d’en démontrer la provenance. Telle est, du reste, la préoccupation de tous les médecins, qui savent que la lésion locale procède souvent d’une influence constitutionnelle. Trouver la diathèse, c’est d’un seul coup trouver le remède, nonseulement à la lésion actuelle, mais à toutes celles du même ordre que l’organisme tient en réserve et qui peuvent se manifester à différentes périodes de la vie de l’individu. Les commémoratifs et l'étude des stigmates devraient former la base du diagnostic dans ces cas graves et difficiles.

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§ I. — Historique.

Les affections syphilitiques du foie ont été décrites depuis peu de temps. Dittrich (1 ) , en 1849, et Gubler, en 1852 (2), en ont donné des exemples avec relation des caractères histologiques de cette affection. Dittrich avait observé des adultes et Gubler des enfants. Ces observations furent contredites par Bohmer (3). Dufour a décrit un cas de cirrhose syphilitique (4). Nous citerons encore parmi les auteurs qui se sont occupés de cette question , Quelet (5) Lecontour (6) et Leudet (7). Virchow (8) et Frerichs (9) ont chacun consacré à cette affection un chapitre de leurs ouvrages. Sigmund a décrit quelques cas de ce genre.

§ H. — Variétés.

Il existe un certain nombre d’exemples de maladies du foie réputées cancéreuses, et qui, en cédant au traitement antisyphilitique, ont montré leur véritable nature.

(1) Dittrich, Prager Viertelj. 1849.

(2) Gubler, Mém. de la Soc. de biologie, 1852.

(3) Bohmer, Zeitschrift f. Rut. med. 1853.

(4) Dufour, Bull, de la Soc. unat., 1851.

(5) Quelet, Syphilis du foie, thèse. Strasbourg, 1856.

(6) Lecontour, Affections syphilitiques du foie, thèse. Paris, 1860.

(7) Leudet, Syphilis viscérale ( Monit . des sciences méd., 1860).

(8) Virchow, La syphilis constitutionnelle. Paris, 1860, -1 vol. in-8.

(9) Frerichs, Traité pratique des maladies du foie et des voies biliaires. 2e édition. Paris, 1865, in-8.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

On peut distinguer plusieurs variétés de lésions qui sont: la périhépaiite, Y hépatite, les gommes, les cicatrices.

La périhépatite consiste quelquefois en une sorte d’éruption composée de petites tumeurs presque miliaires, qui se développent à la surface du foie. A leur niveau, il y a épaississement de la capsule de (ilisson, et quelquefois des adhérences se forment avec le diaphragme ou le péritoine des viscères voisins. Ces adhérences sont fibreuses, dures et résistantes.

L'hépatite, ou lésion du parenchyme, affecte diverses formes. D’après Guider, chez les enfants nouveau-nés syphilitiques atteints de lésion hépatique, le foie est volumineux, dur, élastique, d’une coloration jaune pâle, soit en masse, soit par places isolées. Les vaisseaux dans les régions malades sont oblitérés. Virchow décrit ainsi les lésions du parenchyme du foie: <■ Les lésions du parenchyme du foie affectent ordinairement la forme d’une cicatrice ; produites par l’irritation circonscrite d’un ou de plusieurs points de l’organe, elles provoquent dans ces parties l’atrophie complète du parenchyme glandulaire, laissant complètement intact le reste de l’organe. On trouve en effet (qu’il y ait ou non des tubercules gommeux) des dépressions à la surface du foie, en forme de replis radiés, d’une couleur blanchâtre. À ces dépressions viennent s’insérer des brides résistantes. A la coupe, ces points présentent, au-dessous de la capsule fibreuse très-épaissie, une masse dure, d’un blanc éclatant, très- résistante, pénétrant plus ou moins le tissu de l’organe, et s’étendant, en rayonnant, jusqu’aux autres points malades, lesquels sont souvent ainsi réunis les uns aux autres en nombre variable. On trouve parfois, au milieu de la cicatrice, les vaisseaux sanguins et les canaux biliaires conservés; la cicatrice est alors moins résistante, moins blanche. Le plus souvent les vaisseaux et les canaux sont aussi modifiés : dans les premiers, on trouve des caillots qui finissent par s’organiser ; les seconds sont oblitérés par des concrétions biliaires. L’ascile et l’ictère peuvent être la conséquence de ces altérations.

Ici, comme dans l’orchite simple syphilitique, on a affaire à l’induration chronique, suivie d’atrophie du tissu glandulaire La lésion n’attaque, dans quelques

cas, qu’un lobe, le lobe droit ou le gauche, et l’atrophie de la partie affectée est si complète, que le foie devient méconnaissable et ressemble à la rate ; dans d’autres cas, il se produit une déformation notable d’un lobe. Quand les cicatrices pénètrent profondément dans la glande et se réunissent, elles forment de véritables nœuds qui étranglent l’organe ; c’est ce qu’on nomme foie lobulé, et, dans les altérations syphilitiques, se présente ce caractère particulier que les indurations cicatricielles ne suivent pas nécessairement la direction des grandes ramifications de la veine porte. »

D’après les observations de Lcudel, on sait que cette atrophie syphilitique du foie ne ressemble pas ü la cirrhose ordinaire, laquelle présente de petites granulations ; ici le foie est sillonné, principalement dans le voisinage du ligament suspenseur, de profondes anfractuosités.

l 'affection syphilitique gommeuse du fqie a été décrite pour la première fois par Budd (1) sous le nom de tumeurs granuleuses enkystées. Il les considérait comme produites par une inflammation des voies biliaires, suivies de leur oblitérait) Rudd, On diseases of the Liver, 1857.

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