SYPHILIS DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
1° Larynx. — La syphilis atteint de préférence le larynx; elle y peut produire des lésions de tous les degrés, depuis la simple rougeur jusqu’à la nécrose des cartilages. Un simple catarrhe chronique peut exister indéfiniment et produire la raucité de la voix (raucedo syphiliticà). Il peut se faire non plus un épaississement des cordes vocales, mais des ulcérations qui occupent la base de l’épiglotte, les replis aryténo-épiglottiques, les cordes vocales, et atteindre même les cartilages. La destruction des cartilages par nécrose est un accident des plus graves. Rien ne ressemble plus à la phthisie laryngée que la laryngite chronique syphilitique, si ce n est que dans le premier cas, la phthisie pulmonaire est la règle. J/usage du laryngoscope, en permettant de plonger le regard dans l’intérieur du larynx, donne au < liaguost i< une exactitude remarquable. La marche de la maladie, la présence d’accidents syphilitiques de diverses régions, compléteront ce diagnostic. Les accidents les plus graves peuvent résulter de la laryngite chronique ; il n’y a pat? seulement raucité de la voix, il peut se faire un rétrécissement tel, que la respiration est gênée, et si le moindre œdème survient, la mort peut être produite par la suffocation. La trachéotomie a été quelquefois pratiquée avec succès en pareil cas: le traitement antisyphililique doit être appliqué sans larder. U arrive quelquefois qu’il se forme des ulcérations dans la trachée, et qu’à la suite survient un rétrécissement de ce conduit. Cette sorte d’accident a été bien décrit par Chaînai (2).
(1) Bochdalek, Prager Vierteljahrschrift, 1845.
(2) Charnal, Rétr Ms sement de la trachée, thèse. Paris, 185(1.
MALADIES CONSTITUTIONNELLES
2° Parenchyme pulmonaire et bronches. — Virchow pense que l’on doit admettre des ulcérations syphilitiques des bronches, et même une pneumonie chronique syphilitique. Il déclare avoir vu souvent dans la syphilis constitutionnelle des cicatrices stellaires de la plèvre et des pleurésies déformantes qui répondaient exactement h la périorchite syphilitique. Portai a indiqué une phthisie pulmonaire syphilitique. JJepaul a décrit des épanchements particuliers siégeant dans le parenchyme d’enfants nouveau-nés atteints de syphilis congénitale (1). Les mêmes lésions lurent décrites plus tard par Hecker. Fiihrer (2) a signalé une pneumonie syphilitique chez l’adulte, avec infiltration diffuse du poumon et bronchite lobulaire. Ricord et Lcbert ont indiqué les gommes pulmonaires. Lagneau fils a réuni un certain nombre de cas de syphilis pulmonaire (3). Leudet a diagnostiqué une syphilis pulmonaire qui^fut guérie par le traitement spécifique. Nous avons nous-même observé un fait semblable sur un jeune homme affecté d’une toux convulsive violente avec dépérissement, perte du sommeil et de l’appétit, dyspepsie, et quelques autres symptômes inquiétants. II existait des traces de syphilis à la peau. Un traitement mixte par le mercure et l’iodure de potassium fit disparaître les accidents pulmonaires très-rapidement, et ramena la santé.
Virchow donne ainsi la description anatomique des lésions pulmonaires, auxquelles succombent les enfants atteints de syphilis congénitale : «< La masse sèche, résistante, très-analogue à l'infiltration tuberculeuse, qui est renfermée dans les alvéoles pulmonaires, est composée de cellules pressées, puriformes, envahies par la dégénérescence graisseuse et formant une sorte de détritus granuleux.
P. Dubois a attiré l’attention sur une altération du thymus qui se rencontre chez les nouveau-nés syphilitiques. Hecker a décrit trois cas où il y avait abcès du thymus. On n’a rencontré ces lésions que chez les nouveau-nés.