‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 167 sur 369 · TRAITEMENT DE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA SYPHILIS

Nous diviserons le traitement en deux parties :

1° Traitement du chancre.

2° Traitement des accidents constitutionnels.

Traitement du ehancre. — Prophylaxie et moyens abortifs. — Le pus du chancre , dilué, mélangé aux principaux liquides de l’organisme, a toujours paru conserver ses propriétés ; traité par les acides énergiques ou les alcalis caustiques, il cesse d’être apte à reproduire un chancre. Ricord, dans cette sorte d’expérience, s’est servi des substances suivantes : acide sulfurique, acide nitrique, hydrochlorique, acétique, potasse, soude, alcali volatil. Le vin, l’alcool, les décoctions concentrées de tan produisent les mêmes elfets. L’eau pure employée en grande quantité enlève au pus ses propriétés contagieuses ; aussi une lotion prolongée avec l’eau pure constitue-t-elle un préservatif suffisant. Ce sont là des faits observés avant l’inoculation, sur le pus libre ou seulement déposé à la surface des tissus ; mais il n’en est plus de même si le pus a été greffé sur l’organisme, s’il l’a pénétré et imprégné ; en pareil cas, si le traitement est pratiqué peu de temps après l’insertion, on peut espérer de détruire le virus, non plus par dilution ou action directe, mais en détruisant le tissu même qui est pénétré par le virus. Il en est de même pour tous les poisons animaux. Cependant Rollet affirme que sans détruire les tissus, sans recourir à l’action caustique, et par la seule application des substances indiquées plus haut, sur le point contaminé, on peut, dans les premières heures qui suivent l’inoculation, prévenir la maladie.

Plusieurs faits de ce genre observés par Rollet, Fargier et Chabalier, sont cités dans la thèse de ce dernier. D’après Rollet « les acides sulfurique, nitrique, hydrochlorique, citrique, acétique; la potasse, la soude, l’ammoniaque, le sulfate de fer, le chromate de potasse, en dissolution dans l’eau, dans des proportions telles que

SYPHILIS. — TRAITEMENT

l’épidemie ne soit pas attaqué, possèdent la propriété de prévenir le développement de la pustule chancreuse, lorsqu’on les applique sur le point inoculé pendant quelque temps, et cela, deux, quatre, six et jusqu’à douze ou vingt-quatre heures après l’inoculation. »

Il n’y a donc pas d 'antidote, de spécifique, contre le pus infectant ; il y a des liquides destructeurs des propriétés organiques.

Rollet recommande plus particulièrement comme usuels et efficaces, les deux liquides suivants :

1° Solution saturée d’acide citrique.

2° Vinaigre de Bully.

Rodet a composé, pour le même usage, un liquide dont voici la formule :

Eau distillée

32 gram.

Perchlorure de fer. . .

Acide citrique

Acide chlorhydrique..

aa 4 gram.

On pourra aussi se servir utilement de I ' acide phonique en solution suffisamment étendue. Cet acide jouit de propriétés désorganisantes remarquables et se combine rapidement avec les liquides et les tissus de l’organisme.

Dans le cas où l’on voudrait détruire une pustule chancreuse au troisième ou au quatrième jour de l’inoculation, il faudrait se servir d’un caustique énergique et appliqué profondément.

Ces précautions, ce traitement prophylactique, ne peuvent sans doute s’appliquer utilement qu’aux cas artificiels, où la lancette du médecin a fait une inoculation, soit volontaire, soit involontaire. Il peut se rencontrer telle circonstance où le pus d’un chancre serait accidentellement mis au contact de la main de l’opérateur, du médecin. Les cas d’inoculation accidentelle de la syphilis aux médecins ne sont pas rares. En pareille circonstance, le plus sùr serait d’employer les lotions indiquées plus haut, en prenant la précaution de prolonger ces lotions, afin de maintenir, pendant un temps suffisant, les parties contaminées au contact des liquides caustiques.

Il résulte de ces expériences un fait plus général et applicable à tout le monde : c'est que les lotions prolongées, surtout avec un liquide acidulé, sont un excellent préservatif contre l’inoculation du chancre.

Destruction du chancre. — L’idée de détruire les chancres au début est contemporaine de la doctrine du chancre infectant ; aussi est-ce à John Monter qu’il en faut reporter le mérite ; il a du reste nettement indiqué cette méthode dans le passage suivant : « La méthode la plus simple de traiter un chancre, consiste à le détruire ou à l’extirper ; de cette manière, on le réduit à l’état d’ulcère ou de plaie simple, et il se cicatrise comme toute plaie de cette nature. Cette pratique ne peut être employée qu’au début du chancre, quand les tissus voisins ne sont pas encore in fectés, car il est de toute nécessité que la partie malade soit enlevée tout entière, entreprise difficile à réaliser quand le chancre a pris beaucoup d’extension ». Monter propose l’excision et les caustiques; si le chancre est sur le gland, on préférera la cautérisation afin d’éviter l’hémorrhagie; il conseille comme caustique le nitrate d’argent fondu ou la potasse caustique. Hunier ajoute que la cautérisation ou l’incision, si habilement pratiquées qu’elles soient, ne peuvent donner une confiance absolue, et qu’il est prudent, même dans les cas où l’opération semble avoir bien réussi, d’administrer le traitement interne. Ricord a professé la même doctrine

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

et préconisé les caustiques au début des chancres ; il s’est servi pour cela de la pn(c do Vienne, ou d’un mélange d'acide suif irrigue et de poudre de charbon végétal. Ricord pensait que tout chancre à son début est une affection locale; mais cette manière de voir ne peut plus être admise aujourd’hui, et il finit reconnaître deux espèces de chancres: 1° le chancre mon , accident local; 2° le chancre dur ou infectant, accident constitutionnel qui marque le début de la diathèse syphilitique et qui est, non pas cause, mais effet.

Nous avons dit plus haut que tout agent infectieux pouvait être détruit ou neutralisé dans les premiers moments qui suivent son application ou son insertion dans nos tissus; mais cela ne dure que pendant quelques heures; passé ce temps, il esl trop lard, et la maladie doit suivre son cours. Ricord, dans ses leçons, publiées par Fournier, s’est rangé h l’opinion nouvelle et a adopté la cautérisation, surtout poulie chancre mou : « Voulez-vous, dit-il, connaître d’un mot toute la thérapeutique du chancre mou ? La voici : réduire l’ulcération spécifique à l’état d’ulcère simple; transformer une plaie possédant sa cause spéciale d’entretien en une plaie qui n’ait plus de raison d’être. »

Ricord propose une cautérisation profonde et destructive.

Rollet. surtout a insisté sur la méthode de cautérisation dans le cas de chancre simple ou de chancre mixte (1856). Il s’est servi de là pâte au chlorure de zinc , déjà employée par Diday (pâte de Canquoin). Voici comment procède Rollet dans l’emploi de la pâte au chlorure de zinc : les parties étant lavées, on taille des rondelles de caustique de môme forme et de môme dimension que les chancres, et l’on en recouvre ceux-ci, de telle façon que toute la plaie est couverte et que les tissus sains sont épargnés. On fixe ensuite le caustique à l’aide de charpie et de bandelettes agglutinatives. On laisse le caustique eu place pendant deux heures, afin que la cautérisation soit aussi complète que possible.

L’eschare se détache du troisième au quatrième jour, et le chancre est changé en une plaie simple, suivant l’expression de Ricord.

Ces cautérisations ne sont pas très-douloureuses et elles n’entraînent pas de complications. Rollet en a pratiqué U\ en deux mois sur 15 malades. Il y a des chancres qui se prêtent mal à la cautérisation, tels sont les chancres de l’urèthre et ceux de la rainure ou du frein de la verge en cas de phimosis. Mais, dans Ce dernier cas, ou peut inciser le prépuce et mettre à nu le chancre, que l’on cautérise alors à ciel ouvert. Dans les cas de phagédénisme, la plaie sera traitée autrement.

Les avantages de la cautérisation sont tellement évidents qu’il est à peine nécessaire de les indiquer; en \oici quelques-uns : durée très-courte du chancre «*i transformation qui rend toute contagion impossible, soit sur une personne étrangère, soit sur le malade lui-même, le bubon évité, si la cautérisation esl faite en temps utile.

Chancre phagédénique. — Nous avons donné plus haut la description du phagédénisme. Cet accident peut compliquer toutes les espèces de chancres, et mêrrtc les bubons suppurés, et paraît tirer son origine de la constitution propre du malade.

Le phagédénisme résiste au traitement interne, et, employer ce traitement, c’est, suivant l’expression de Rollet, prendre le chemin le plus long. C’est donc par le traitement local qu’il faut attaquer cette complication dangereuse el rapidement envahissante.

SYPHILIS. — TRAITEMENT

Rollet préfère à tout autre moyen la cautérisation avec le fer rouge, qu’il pratique de la façon suivante : on peut endormir le malade à l’aide du chloroforme ; on lave la plaie et on la sèche avec la charpie, puis on promène le fer rouge sur toute la surface chancreuse, en ayant soin de pénétrer dans toutes les anfractuosités, sans épargner les bords. Il faut cautériser profondément et dépasser les limites du chancre en profondeur et en surface. On panse ensuite la plaie avec l’eau blanche et avec le vin aromatique.

Ricord traite le chancre phagédénique par des cautérisations répétées avec l’acide nitrique monohydraté. Si les douleurs sont vives et l’inflammation étendue, il recommande les lotions émollientes et sédatives, les bains tièdes et mucilagineux. On peut employer les opiacés à l’intérieur et à l’extérieur. iMelchior Robert recommande le pansement avec les solutions suivantes :

Eau distillée de laitue ‘200 gram. | Extrait gommeux d’opium Ix gram.

On peut aussi avoir recours à la pommade suivante, préconisée par Ricord :

Stéarate de fer. 7i0 parties. | Huile essentielle de lavande. ... ô parties.

L’étal général du malade doit être pris en considération, et il convient de lui administrer des toniques et des reconstituants, du fer, des tisanes amères, gentiane, houblon, quinquina, préparations iodées, huile de foie de morue.

Chancre induré. — Le chancre induré ne peut être traité utilement par les caustiques, à moins de complications ; il faut, néanmoins, panser ce chancre; on peut, pour cela, employer le traitement suivant : deux ou trois fois par jour, étendre des plumasseaux de charpie recouverts de :

7- Cératen pommade deconcombre. 30 grain. ] Calomel à la vapeur. . 1 à h gram.

Mêlez.

Dans les cas de chancre uréthral, afin d’éviter les érections douloureuses, ou pourra se servir des pilules camphrées de Ricord :

Camphre pulvérisé. .

Tiiridace

Mêlez pour !20 pilules.

aa 3 gram.

Mucilage.

Nous renvoyons le lecteur, pour le traitement des bubons, aux traités de pathologie externe.

Traitement de la syphilis eonstitutîoiinclle. — Ull coup d’œil rapide jeté sur le passé nous permettra de passer en revue les différentes médications qui ont été préconisées pour combattre la syphilis constitutionnelle.

Les premiers observateurs, à la fin du xvu et au commencement du xvie siècle, ne manquaient pas de purger les malades, de les saigner, de les soumettre à une diète sévère, de composer des drogues destinées à purifier le sang et à chasser les mauvaises humeurs. C’étaient le tamarin, la manne, le. séné et la casse, la chicorée et la bourrache, l’asperge, le fenouil, le houblon. Ils employaient aussi les bains

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

aromatisés. Dos préparations pharmaceutiques très-compliquées étaient appliquées aux mêmes cas : c’étaient l’électuairc lénitif, le diacatholicon, les pilules d’or de Nicolas, etc. Les accidents locaux étaient traités par des onguents gras, des huiles mêlées avec l’encens, la myrrhe, la litharge. Les étuves étaient fort en honneur pour guérir les accidents à la peau, mais le procédé employé était pénible; on plaçait les malades dans des fours.

L’insuffisance de ce traitement, auquel manquait précisément le spécifique, était une sorte de stimulus pour l’imagination trop féconde des médicastres. Astruc (cité par ltollct) s’exprime ainsi sur ce sujet : « Tous ces remèdes pouvaient bien, à la vérité, adoucir la violence du mal, corriger la virulence des humeurs, et disposer enfin à des remèdes plus efficaces, mais n’étaient nullement en état d’emporter une si cruelle maladie, et d’éteindre un virus qui corrompait toute la masse des humeurs. » On ne doit donc pas s’étonner si les médecins employaient inutilement cette méthode. Aussi Fallope avoue-t-il que les médecins de ce temps-là désespérèrent de réussir, voyant qu’ils ne pouvaient point découvrir de méthode certaine; que par là, ils se rendirent si méprisables à tout le monde, que, si quelques chirurgiens très-hardis n’eussent trouvé par hasard l’usage du mercure, et s’il n’était survenu des Espagnols qui savaient comment la maladie se traitait dans les Indes, la vérole aurait été et serait encore incurable.

Le traitement par le mercure date de 151A, c’est à Béranger de Carpi et à Jean de Yigo qu’il faut rapporter l’honneur d’avoir introduit cet agent thérapeutique dans la pharmacopée régulière. C’était surtout par les frictions que l’on agissait à cette époque, et la salivation mercurielle était un accident fréquent bien propre à décourager le patient et à discréditer la méthode nouvelle. Aussi faut-il dire que ces frictions étaient faites avec profusion, sans ménagement, sur les aines, les

jarrets, les aisselles.

Les fumigations étaient aussi fort employées ; on les faisait soit avec des parfums seulement, soit avec divers mercuriaux, tels que le précipité rouge, le cinabre et le sublimé. On faisait suer les malades à outrance, en les plaçant dans un cabinet rempli de vapeurs et de fumigations.

On hésita pendant quelques années à donner le mercure à l’intérieur; ce ne lut qu’en 1535 que cette répugnance fut surmontée par Pierre-André Mathiole. A cette époque, on recherchait la salivation, que l’on considérait comme le signe d’une saturation salutaire, et les plus graves accidents s’ensuivaient. La réaction contre l’usage du mercure ne pouvait manquer de survenir, et elle fut telle, que malades et médecins renoncèrent presque partout à cette médication au commen-

cement du XVIe siècle.

Le gaïac ou bois saint remplaça le mercure. Ce remède, préconisé par les médecins qui avaient été en Amérique, fut employé dans les armées par ordre de Charles-Quint et devint d’un usage vulgaire. On employait le gaïac en décoction, et l’on faisait suer les malades, afin de faire traverser l’organisme par le remède, Cette pratique, continuée pendant plusieurs semaines, était fatigante. On employa également la squine, la salsepareille, la bardane, le bois de genièvre.

Dans les temps modernes, il y a eu aussi des écoles qui se sont opposées au trailement par le mercure. Ferguson, Rose, Guthrie, Thomson (1813-1817), osèrent se passer du mercure pour le traitement de la vérole. L’expectation, la diète, le

SYPHILIS

TRAITEMENT

repos, les purgatifs et les antiphlogistiques étaient les seuls remèdes. Plusieurs milliers de malades furent ainsi soumis à l’expérience. Mac Gregor etA>. f rancklin déclarèrent l’abstention préférable au traitement mercuriel.

En France, Jourdan (1) et Broussais, Desruelles (2), Ilichond des Brus (3), par-

tagèrent cette erreur.

En Allemagne, la réaction fut plus violente et plus intolérante, Fricke, de Hambourg (4), puis Kluge, de Berlin (5), proscrivirent le mercure.

Plus tard, à une époque très-rapprochée du moment présent, la syphilisation fut précitée et entraîna quelques adeptes. Nous en parlerons plus loin.

Le traitement par l’iocle est d’origine toute moderne. "Wallace, le premier, eu indiqua l’usage raisonné et fit entrer dans la pratique Yiodure de potassium. Ses expériences, commencées en 1832, furent publiées en 1836. Celte publication produisit une immense sensation. Un grand nombre d’expérimentateurs, parmi lesquels Ricord, Trousseau, Robert Williams, Gauthier (de Lyon), vérifièrent les résultats annoncés. Ce spécifique, qui s’adresse surtout aux accidents avancés de la syphilis, est d’un elfet aussi sûr que le mercure et a rendu d’immenses services à la thérapeutique.

Traitement des accidents secondaires. — Le mercure est le véritable spécifique Contre les accidents secondaires. Il suffit, dans la plupart des cas, pour arrêter ou retarder les accidents imminents, et souvent amène une guérison complète, c’est-àdire s’oppose à la venue des accidents ultérieurs.

L’action physiologique du mercure est complexe : localement il produit une légère irritation des tissus; à l’intérieur, il semble agir sur la plasticité du sang et rendre le caillot diffluent ; il prédispose aux hémorrhagies, amène une salivation abondante, une stomatite avec gonflement excessif des gencives, des troubles gastriques, une faiblesse et une aménie qui peuvent entraîner la mort. Ce tableau, à coup sûr, est chargé de couleurs sombres; mais Yhydrargyric est rarement portée à ce point.

La stomatite mercurielle mérite d’être signalée; c’est un accident fréquemment causé par le mercure. Il y a d’abord goût métallique, puis salivation, haleine fétide, puis tuméfaction douloureuse de la muqueuse buccale, avec dénudation et ébranlement des dents, ulcérations gangréneuses, engorgement douloureux des ganglions lymphatiques cervicaux. Poussée à ce degré, la stomatite mercurielle est un accident des plus graves. Dès les premiers symptômes, il faut arrêter l’usage du mercure et instituer un traitement actif.

(1) À. J. L. Jourdan, Traité complet de la maladie vénérienne. Paris, 1826.

(2) Desruelles, Mémoire sur le traitement sans mercure employé h l’hôpital militaire dé instruction du Val-de-Gràcc. Paris 1827. — Truité pratique des maladies vénériennes , comprenant T examen des théories et des méthodes de traitement qui ont été employées dans ces maladies et principalement la méthode employée au Val-dc-Grdcc. Paris, 1836.

(3) Richond des Brus, De la non-existence du virus vénérien , prouvée par le raisonnement , T observation et l’expérience ; avec un traité théorique et pratique des maux vénériens. Paris,

(A) J. C. G. Fricke, Annalen der chirurgischen Abtlieilung des allgcmeincn Krankenhauscs

in Ilumburg. Hamburg, 1828, Band 1.

(5) C. A. F. Kluge. C. //. Dzondi’s Heilart der Lust souche, geprï'ft und beurtheilt. : Berlin, 1828.

Vacleix, 5e édit.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

Ricord recommande un collutoire avec :

Fleur de soufre 4 gram. | Miel. 30 grain.

Pour tisane, limonade citrique.

Toucher les ulcérations avec un pinceau imbibé d’acide chlorhydrique fumant. Gargarisme avec :

Eau de laitue 150 gram. J Acide chlorhydrique 20 gouttes.

Mielrosat 50 gram. |

On peut employer les gargarismes avec l’alun, le borax et autres astringents. Le chlorate de potasse est un excellent remède dans les stomatites en général, et en particulier dans la stomatite mercurielle. On l’emploie à l’intérieur dans une potion gommeuse, à la dose de h ou 5 grammes. Les injections d’eau acidulée avec le jus de citron, les oranges, les boissons acides, sont recommandées en pareil cas.

Effet thérapeutique du mercure. — Il est inutile de disserter sur le mode d’action intime du mercure vis-à-vis de l’organisme.

Les théories chimiques et physiologiques émises jusqu’ici sont vaines. En disant qu’il y a antagonisme entre la syphilis et le mercure, on se contente d’un mot. Le mode d’administration du mercure, la durée de son action, et le temps pendant lequel il convient d’en user sont les peints importants à connaître.

Le mercure peut être administré en frictions, en bains, en fumigations, ou pris à l’intérieur. C’est celte dernière méthode qui est la meilleure. La peau absorbe peu, et ce mode d’absorption semble favoriser la salivation, qu’il faut éviter. C’est donc à l’intérieur surtout qu’il faut administrer le mercure. Voici les règles tracées par Ricord pour l’administration du mercure :

1° L’administrer à l’intérieur toutes les fois que l’état des voies digestives le

permet.

2° Dans les cas contraires, l’appliquer sur la peau.

3° Chez les sujets dont les muqueuses s’irritent trop tôt et dont la peau, également irritable, ne permet pas de conduire le traitement à terme, il faut savoir alterner à propos.

Un II est des malades inaccessibles par la peau et les muqueuses digestives, et chez lesquels on peut encore tirer parti de l’inspiration des vapeurs mercurielles.

5° Les effets sensibles du mercure comme agent morbide ou comme agent curatif se font rarement attendre plus de huit jours; aussi, tant qu’aucun accident ne vous arrête et qu’on n’a obtenu aucun changement favorable dans la maladie, la dose journalière du médicament doit être augmentée tous les huit jours.

6° Dès qu’on obtient une amélioration, il faut s’arrêter à la dose qui l’a amenée, et n’augmenter qu’autant qu’on arrive à un statu quu.

7° Si le mercure produit des accidents, il en faut modifier l’emploi ou le suspendre complètement, l’observation ayant rigoureusement appris, à part quelques rares exceptions, que si les symptômes syphilitiques n’étaient pas toujours aggravés dans ces cas, la guérison au moins était presque constamment enrayée.

8° Lorsque, les accidents mercuriels ont cédé et que les symptômes syphilitiques persistent on reprend l’usage du mercure avec les modifications exigées par la nature particulière des accidents relatifs, soit à la surface sur laquelle avait été

SYPHILIS. — TRAITEMENT

appliqué le médicament, soit à la forme sous laquelle il avait été donné, soit encore à sa dose.

9° Les mêmes inconvénients ne se produisent pas toujours en reprenant le remède après l’avoir sagement suspendu, ou simplement modifié. Il arrive cependant, comme l’a fait observer Hunier, qu’on est sou\ent obligé de suspendre eide reprendre le mercure plusieurs fois dans le cours de certaines affections syphilitiques.

Vsnge externe du mercure.— Frictions. — On peut employer l’onguent napolitain à la dose de U à 10 grammes par jour; on emploie également la pommade suivante :

Calomel . . .

5 gram. | Axonge

5 gram.

Ces frictions sont faites sur la face interne des bras ou des cuisses; on ne les

fera pas tous les jours, et l’on changera le siège des frictions pour éviter l’irritation i de la peau.

Bains. — Ces bains seront donnés surtout dans le cas d’éruption tenace. Ils m’ont pas une efficacité très-grande. On les compose en ajoutant à l’eau du bain 10 ou 15 grammes (cette dose peut être portée au double et même au delà) de bi chlorure de mercure dissous dans l’alcool ou dans l’éther.

Fumigations. — Le cinabre (sulfure de mercure) est le plus souvent employé à lia dose de 8 à 12 grammes. Ces fumigations ne doivent pas se prolonger au delà i d un quart d’heure et n’être pas répétées plus de deux ou trois fois par semaine I Jusqu 'ici, ce mode d’administration du mercure n’a pas été étudié suffisamment 'dans ses effets; peut-être cette méthode thérapeutique, applicable à un -rand inombre de médicaments, est-e'le destinée dans l’avenir à prendre faveur. *

Voies digestives. — La liqueur de Van Swieten est depuis longtemps employée aavec succès. K J

Formule de Alialhe.

Eau distillée.

Blanc d’cBuf

Sel marin

Chlorhydrate d’ammoniaque.

Bichlorure de mercure.

A prendre trois cuillerées à bouche par jour.

aa ! gram.

30 centigr.

La formule suivante offre des avantages, surtout chez les personnes qui ont les voies digestives délicates : ^

Sirop de Larrey.

’irop de cuisinier

500 gram.

A prendre de une à six cuillerées par jour.

Chlorhydrate d’ammoniaque.

Bichlorure de mercure

Extrait thébaïque

aa 30 centigr.

Les pilules mercurielles sont un des modes les plus usités cl les plus faciles à Idministrer. 1 1 ’ 1 d

MALADIES CONSTITUTIONN ELLES.

:»oo

Formule de lUcord.

Prolochlururc d’hydrargyre. . . / Tliriduce j aa

o grani.

M. F. s. a. GO pilules.

Extrait Ihébaïque

Extrait de ciguë ou conserve de roses.

1 grani.

G grain.

Ou donne d’abord une pilule, puis, au bout de quelques jours, deux, et l’on ne dépasse pas le chiffre trois.

Pilules de iJupuylreu.

Sublimé corrosif. 40 centigr.

Faites 40 pilules, à prendre jusqu’à trois par joui

Extrait d’opium .

Extrait de gaïae.

50 centigr. GO centigr.

Formule d’Alphée Cazenuce.

l'roloiodure de mercure . 50 centigram. | Thridace I«' .50

Four ‘20 pilules. On en prend de deux à quatre en vingt-quatre heures.

Un peut administrer aussi les pilules de Sédillot, de deux à quatre par jour; elles contiennent : onguent mercuriel et savon médicinal, parties égales. — Les Anglais emploient de même les pilules bleues.

Diverses préparations pharmaceutiques contenant des mercuriaux ont été taillées, mais ces remèdes ne doivent point être employés avec la même confiance que les formules du Codex.

Comme adjuvants du traitement spécifique, il faut employer les amers, les ferrugineux et ordonner un régime tonique.

Traitement par l'or. — Chrestien (de Montpellier) a vanté les préparations aurifères (1). Le chlorure et le cyanure d’or à la dose de 2 à 5 milligrammes ont été employés; mais cette médication n’a pas justifié le succès que l’on en espérait.

l 'acide arsénieux et ïarsénite de potasse (liqueur de Fowler ) ont été aussi employés dans le traitement de la syphilis. Il est difficile de se prononcer sur les résultats obtenus par cette médication.

Traitement local des accidents secondaires. — Nous avons dit plus haut comment on traitait le chancre. Divers traitements seraient appliqués aux accidents secondaires à la peau et aux muqueuses, suivant la constitution du sujet. En général, on peut, avec avantage traiter de la façon suivante les éruptions papuleuses et tuberculeuses de la peau.

Pommade.

2 L l'roloiodure de mercure. ..... 4 grain. | Axonge »ial,l<

Pommade au goudron.

if. Goudron purifié 4 gram. J Axonge 30 grain.

(1) j. A. Chréstien, Recherches et observations sur les effets des préparations d or dans le traitement de plusieurs maladies syphilitiques. Paris, 1822.

SYPHILIS. — TRAITEMENT

Melchior Robert recommande, pour le traitement des papules muqueuses, la formule suivante :

Liqueur de Labarraque 50 grain, j Eau 1>0 grain.

Faites dissoudre.

On fera sur les plaques muqueuses deux lotions par jour, puis on saupoudrera les parties de calomel (1).

Traitement des accidents tertiaires. — Le mercure est le spécifique des accidents secondaires; l’iodure de potassium remplit le même office par rapport aux accidents tertiaires. Le plus souvent, la syphilis résiste à l’action du mercure; cependant il convient, dans quelques cas, d’associer le mercure à l’iodure de potassium et d’employer une médication mixte qui offre de grands avantages.

Action physiologique de l’iodure de potassium. — L’iodure de potassium agit sur la peau lorsqu’il est administré à l’intérieur. Il produit une éruption acniforme, constituée par des boutons acuminés, entourés d’une auréole rouge; ces boutons siègent sur tout le corps, surtout aux fesses; on les voit aussi apparaître sur le tronc et sur le visage. Quelquefois l’éruption est semblable à l’érythème, ou à l’eczéma, à l’urticaire.

Les muqueuses peinent être influencées par l’iodure de potassium; il survient quelquefois du coryza, du gonflement des paupières et de la conjonctivite.

Administré à petites doses, i’ioduredc potassium surexcite les fonctions digestives et augmente l’appétit , et produit une légère chaleur à la peau. A des doses élevées, il amène de la dyspepsie et des coliques avec diarrhée, du ptyalisme. L’iodure de potassium trop longtemps administré peut entraîner les accidents connus sous le nom d’iodisme (Rillict) (2).

Mode d'administration. — L’iodure de potassium est administré, surtout à I intérieur, a des doses assez fortes; généralement on débute par 1 gramme; on ne doit guère dépasser la dose de 1 U à 12grammes en vingt-quatre heures; encore estil rare qu’on atteigne cette dose. Le plus souvent c’est en dissolution, dans des sirops, en capsules, qu’on administre l’iodure de potassium. Associé à des sirops toniques, tels que le sirop de Cuisinier, de salsepareille, de quassia amant, de saponaire, il est plus facilement supporté. On peut l’associer aussi aux sirops opiacés,

Formule.

3" Sirop de salsepareille. ... 500 gram. | lodure de potassium 20 à 30 grain.

'De une à quatre cuillerées par jour.

Ce liaitement peut etie continué pendant deux ou trois mois sans danger. Ou s’arrêtera lorsque se manifesteront des troubles digestifs, [ou [s’il survient un malaise général avec affaiblissement.

(1) Melchior Robert, Nouveau Imité des maladies vénériennes, d’après les documents puisés dans la clinique de Ricord et dans les services hospitaliers de Marseille Paris 1801 n 731

(2) F. R i 1 1 i et , Mémoire sur r iodisme constitutionnel, présenté à nJdémie Te méded^ . I janvier 1859, publié dans la (,azet te hebdomadaire de médecine, 1800. — Consultez

le rapport de Trousseau ( bulletin de /’ .Académie de médecine , t . XXV, 18001

502 MALADIES CONSTITUTIONNELLES

Dans ce cas, on aun recours à une médication excitante et tonique et à un régime reconstituant.

Rarement on emploie localement l’iodure de potassium; cependant ou peut, dans le cas d’accidents, tels que plaies, ulcérations, se servir, pour pansement, do • la solution suivante :

IP teinture d’iode. 2 à 6 gouttes. I lodure de potassium

Eau distillée 200 gram. |

Médication mixte. — S’il y a à la fois des accidents secondaires et des accidents tertiaires, ou si l’on est dans le doute, ce qui arrive quelquefois, enfin, si la médication mercurielle seule ou la médication iodée ne donnent pas le succès attendu, on mélange les deux remèdes.

?P Iode cristallisé 1 grain. I lodure de potassium 20 gram.

Biiodure de mercure. . 50 centigram. J Sirop d’œillet rouge 500 gram.

Faites un sirop composé. . '•

Commencer par une cuillerée par jour.

La formule suivante est plus simple :

'If Biiodure de mercure. ... 50 centigram. [Sirop de sucre », 500 gram.

lodure de potassium. ... 50 centigram. |

A prendre trois ou quatre cuillerées par jour.

Iraitement de la syphilis des nouveau-nés. — Le traitement de la syphilis des enfants nouveau-nés comprend différentes indications : 1° le mode d’alimentation; 2° le traitement indirect ou médiat ; 3° le traitement direct.

Lorsqu’il y a soupçon de • syphilis chez le nouvfau-né, l’honnêteté vent qu’on ne le confie pas à une nourrice étrangère. C’est à tort que quelques médecins ont cru pouvoir parer à tous les accidents et accorder la morale a\ec l’intérêt de leurs clients, en soumettant, dans des cas pareils, la nourrice à un traitement mercuriel ou autre, soit qu’elle fût prévenue, soit, ce qui est plus grave, sans la prévenir. Cette manière d’agir est tout à fait répréhensible, et les tribunaux en ont. jugé ainsi dans plusieurs cas. On ne saurait, en effet., faire courir de pareils risques à une nourrice ignorante, qui peut, malgré le traitement, devenir victime de son imprudence ou de celle des parents de l’enfant.

C’est à la mère, en pareille circonstance, qu’incombent la charge et les dangers de l’allaitement. Toutes les précautions conseillées pour soustraire la nourrice au contact infectant de l’enfant sont insuffisantes; l’usage de corps gras appliqués sur les mamelons, le biberon, ne la préserveraient pas suffisamment. Il en est de même des cautérisations pratiquées sur la bouche du nourrisson, ce sont là des précautions tout à fait précaires.

Si la nourrice a été elle-même infectée, soit antérieurement à cet allaitement, soit par le fait de çp nourrisson, les conditions sont différentes, et l’on peut à la fois traiter la nourrice et le nourrisson, et les laisser sans danger au contact l’un de l’autre. On traitera de même la mère et l’enfant, si la mère peut allaiter. Dans le

SYPHILIS. — TRAITEMENT

cas contraire, on aura recours à l’allaitement artificiel, soit par une chèvre ou une vache, soit à l’aide du biberon ou du petit pot. On a conseillé, dans le cas où l’enfant serait nourri par une chèvre ou une vache, de traiter cet animal par les préparations mercurielles, et de donner ainsi à l’enfant le traitement par l’intermédiaire du lait qu’il tette. Des essais tentés par Labourdette pour obtenir du lait de vache légèrement mercurialisé ont donné des résultats positifs; mais les animaux sont bientôt fatigués par ce traitement, qui peut tarir la source du lait.

Le traitement indirect ou médiat par la mère ou la nourrice consiste à administrer à celle-ci le protoiodure ou le sublimé aux doses ordinairement employées pour les adultes; mais il faut agir avec précaution de peur de fatiguer la nourrice • et de supprimer la lactation.

On doit s’arrêter dès qu’apparaissent, soit la salivation, soit les troubles digestifs. D’ailleurs, la quantité de mercure qui peut être transmise, par cette voie indirecte, au lait qu’absorbe l’enfant, est extrêmement faible. II y a des cas où ce passage même n’a pas lieu, ainsi que l’a démontré Personne.

if ne faut donc pas se contenter du traitement indirect, et il convient de soumettre l’enfant lui- même à un traitement direct.

Le traitement direct est externe ou interne. Le traitement interne prête à certaines objections; l’intolérance, les troubles digestifs provoqués par le mercure, le danger de provoquer des désordres qui mettent obstacle à l’alimentation de l’enfant, sont des raisons qu’il faut prendre en considération.

La plupart des syphilographes donnent la préférence au traitement externe sur le traitement interne. Brodie, Cullerier, se sont déclarés pour cette méthode. On fera donc des applications d’onguent mercuriel simple ou double sous les aisselles et sur les parties latérales du thorax; ces frictions seront faites tous les jours; on aura soin de laver ensuite ces parties avec de l’eau savonneuse.

Les bains médicamenteux seront aussi employés fréquemment, tous les trois jours, par exemple. On emploiera 3 ou h grammes de sublimé pour 60 litres d’eau. Ce traitement conviendra surtout dans les cas d’éruption cutanée, lesquels sont, à la vérité, les plus fréquents.

Le traitement interne consistera dans l’administration de doses faibles de mercuriaux. On se servira surtout du sublimé, à la dose de ù, 5 et même B ou 10 milligrammes en vingt-quatre heures. N. Guillot a donné la formule suivante :

-, 'f Solution de gomme.

Sirop

100 gram.

15 gram.

Protoiodure de mercure

25 milligr.

On donnera, s’il y a lieu, c’est-à-dire dans le cas de persistance des accidents, des préparations iodées en même temps que les mercuriaux. L’iodure de potassium sera administré dans du lait, en commençant par des doses faibles, 5 centigrammes, en augmentant progressivement la dose. Langlebert propose des inhalations d’iode et fait placer quelques grammes d’iode dans la chambre où couche l’enfant, afin qu’il en respire les vapeurs (1).

Le traitement doit être continué tant qu’il y a des manifestations syphilitiques,

(1) Langlebert, Traité théorique et pratique des maladies vénériennes , ou feront <■/ iniques xur les affections blennorrhagiques, le chancre et ta syphilis.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

si l’organisme ne paraît pas être en souffrance par suite des remèdes. Diday s’ex" prime ainsi à cet. égard : « Évitez l’irritation gastro -intestinale; mais attendez, au contraire, qu’un certain degré d’agacement aux gencives, l’odeur mercurielle aux gencives, se manifestent. Lorsqu’il y a danger de mort, ce précieux critérium peut seul indiquer à quel point il convient de porter l’administration du remède. Il faut donc aller jusque-là, car au-dessous, on risquerait de laisser empirer les désordres (1). »

Syphilisation ou vaccination syphilitique. — On ne peut omettre cette méthode de traitement de la syphilis malgré la répugnance qu’elle a rencontrée, dès le début, dans ce pays. Auzias-Turenne (2) a le premier formulé les préceptes de cette méthode dans une communication à l’Académie des sciences en 1850. Sperino (2) • s’empressa del’appliquer dans le syphilocome de Turin, et obtint des résultats importants qui furent communiqués à l’Académie de Piémont en 1851. Depuis, Bœck (de Christiania) a appliqué cette méthode aux enfants nouveau-nés principalement, avec l’assentiment du gouvernement suédois. Cette doctrine n’est donc pas restée à l’état de tendance platonique ; elle s’est réalisée dans les faits et a pris une place, assez importante dans la pratique, pour mériter d’être citée et expliquée dans les traités classiques de médecine. Diday avait tenté des essais dans ce sens ; il avait essayé d’inoculer des accidents tertiaires à des malades atteints d’accident primitif; le but était de faire marcher la syphilis plus vite, de lui faire franchir le long espace des accidents secondaires, de lui faire parcourir son cycle entier en quelques mois. Rendre l’homme impuissant à contracter la syphilis, le vacciner contre la syphilis, serait en effet un bienfait inappréciable. Est-ce possible? Cette pratique est-elle ce qu’elle croit être, est-elle sans danger? Telles sont les questions à résoudre.

Auzias expérimenta d’abord sur les animaux, chien, chèvre, singe, et vit qu’ils étaient susceptibles de contracterun chancre vénérien dont la matière était recueillie sur l’homme, et. qu’au bout d’un certain nombre d’inoculations, le pus virulent restait sans effet. Ces premières expériences datent de 18/i/i.

Hunter avait tenté sans succès les inoculations sur les animaux, quoiqu’il eût essayé de divers procédés opératoires. Ricord avait, sans plus de succès, tenté la même entreprise ; c’est en vain qu’il avait inséré du pus de chancre sur des lapins, des chats, des cochons d’Inde. Cullerier éprouva la même déception. Auzias Turenné, plus convaincu et plus patient, réussit là où tout le monde avait échoué ! Il démontra publiquement la possibilité de transmettre le chancre aux animaux : deux singes ainsi inoculés furent mis sous les yeux de l’Académie ; ces animaux présentaient de véritables chancres. Un pas de plus fut fait par Robert de AVells, lequel s’inocula à lui-même (1850) du pus chancreux d’un animal (singe et chat). Il obtint sur lui-même quatre chancres bien caractérisés qu’il dut détruire ensuite par la cautérisation. En 1851, Diday s’inocula de la même façon, en prenant le pus d’un chancre qu’il avait fait développer sur l’oreille d’un chat. Il résulta de celle ino-

(J) P. Diday, Traité dp. la syphilis des nouveau-nés et des enfants a la mamelle. Paris, 1854, p. 414.

(2) Auzias Turpnne, De la syphilisation [Archives jlc médecine , 1851).

(3) Sperino. I.a syphilisation . Paris, 1853.

SYPHILIS

TRAITEMENT

cniation un chancre qui prit le caractère phagédénique et un bubon qui suppura.

Basset, depuis (1860), a repris et multiplié ces essais de transmission du chancre, de l’homme aux animaux.

Est-ce la syphilis ou est-ce un chancre simple qui est transmis aux animaux ? Auzias Turenne crut quec’était la syphilis elle-même, il s’exprimait ainsi (1)»: «Quand on communique à un animal des chancres successifs par inoculation, quelle que soit la distance qu’on mette dans leur succession, ou de quelque manière qu’on les combine, le premier chancre se manifeste plus vite, devient plus large, fournit plus de pus, s’accompagne d’une inflammation plus grande, et enfin dure plus que le deuxième. Celui-ci est au troisième ce que le premier est au deuxième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’animal ne puisse plus en contracter aucun. Cet animal se trouve ainsi vacciné contre la syphilis. Je désigne cet état par le mot syphilisation. » Auzias Turenne, dans différents mémoires (2), multipliait les exemples et formulait les lois de la nouvelle méthode. Le livre de Sperino contient un résumé de tous ces travaux, et une série de propositions très-nombreuses contenant les principes ou les lois de la syphilisation (3). Cet état y est défini ainsi : « Les chancres sont les analogues des pustules vaccinales ou des pustules varioliques. La syphilisation correspond à l’état général dans lequel nous sommes après une éruption vaccinale on une éruption variolique. La syphilisation est le plus haut degré de l’état constitutionnel. «Parmi ces propositions nous citons les plus saillantes:

« Le virus syphilitique est le meilleur remède contre l’action du virus syphilitique.

» On devrait syphiliser : 1° tous ceux qui ont la syphilis, n’importe sous quelle forme; 2° toutes les filles publiques ; 3° tous les militaires et tous les marins; h° tous ceux qui passent leur vie en commun et en grand nombre (prisons, bagnes, manufactures) ; 5° enfin, tous ceux qui peuvent être exposés à la contagion.

■> On pourrait éteindre, dans le monde, la syphilis par une syphilisation universelle. »

On voit que l’auteur rêvait une vaste entreprise philanthropique ayant pour objet Y extinction de la vérole , comme celle qui, sous le nom de vaccination, répand ses bienfaits sur le monde en le préservant de la variole. Cette doctrine souleva de violentes contradictions; l'Académie de médecine, saisie de la question, donna un grand retentissement à ces faits nouveaux, et de nombreux orateurs se déclarèrent contre celle pratique (A). Bégin s’exprimait ainsi : « Pour se prémunir contre une maladie qu’il est possible d’éviter et que l’on guérit sûrement dans l’immense majorité des cas, commencer par se la donner à soi-même avec des circonstances aggravantes et avec tous les dangers qu’elle comporte, ou pour la guérir

(1) Auzias Turenne, Lettre à /’ Académie des sciences, 1 8 novembre, reproduite clans : 1)e ta syphilisation et de.la syphilis constitutionnelle. Paris, 1853, p. 3.

(2) Auzias Turenne, Archives générales de médecine, juin et août 1851, t. XXVI, p. 174 et Comptes rendus de l'Académie des sciences, 17 novembre 1851, communication reproduite dans le volume : De la syphilisation etdela contagion des accidents secondaires. Paris, 1853.

(3) Sperino, La syphilisation, étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennes, traduit de l’italien par A. Trésal. Turin.

(4) Bégin, De la syphilisation et de la contagion des accidents secondaires de la syphilis, extrait du bulletin de l'Académie, Paris, 1853, communications à l’Académie de médecine, par Ricord, Bégin, Malgaigne, Velpeau, Dépend, C.ibert, I, agneau, Larrev, Michel I.évv, fîer.lv. Roux.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

eu multiplier d’abord les accidents, se saturer d’un virus pour mieux l’éteindre, c’est ce que ni la raison ni la science ne sauraient admettre. » Ricord combattit les propositions d’Auzias Turenne, au nom des principes mômes de la syphilographie, et déclara la nouvelle méthode inefficace et dangereuse. Cullerier, dans un rapport sur l’ouvrage de Sperino, n’était pas moins absolu dans le jugement qu’il portail sur la nouvelle doctrine (1858), laquelle était, suivant lui, inutile, dangereuse et immorale.

Sperino a pratiqué plus qu’Auzias lui-même, la syphilisation ; en deux années, il a syphflisé quatre-vingt-seize personnes. Il a multiplié les inoculations sur le même individu ; sur un seul patient, en une seule séance, il a fait quatre-vingts inoculations.

Les iqoculateursont prispour type le chancre mou, lequel est inoculable à l’infini, inoculable au porteur, et non le chancre induré, lequel nes’inocule qu’une foisau même individu et ne s’inocule pas au porteur ni au sujet syphilitique, quelque soit le degré de sa maladie. Ainsi, prendre du pus de chancre mou (lequel ne donne pas la vérole et n’est qu’un accident local) et le transporter sur un homme soit sain, soit malade, et multiplier à l’infini chez lui cet accident local qui n’a rien de la syphilis, telle est la doctrine, telle est l’erreur plutôt des syphilisateurs. En ce cas pourquoi ne pas appliquer de simples vésicatoires, comme l’a dit fort à propos Cullerier? Un chancre mou ou vésicatoire c’est Une plaie simple, si, au contraire, on inoculait un chancre induré, on inoculerait la syphilis elle-même et rien que la syphilis, et l’on ne pourrait pas multiplier ce chancre induré. Ainsi l’on aurait donné simplement la syphilis à un homme qui ne l’avait pas, car h un syphilitique on ne peut inoculer le chancre induré. Unefois l’homme atteint de syphilis on ne peut plus que le piquer et le couvrir de plaies ulcéreuses simples, de chancres mous, qui n’ayant rien de commun avec la syphilis, n’influent aucunement sur la marche de cette maladie. On peut se convaincre qu’il s’agit de chancres mous et non d’autre chose, par ce passage du livre de Sperino : « Le troisième jour après l’inoculation, la pustule est ordinairement bien caractérisée... ; vers le quatrième ou le cinquième jour, les pustules s’ouvrent et le pus s’écoule; il se forme une croûte qui recouvre le chancre... (1). » C’est bien là la description du chancre mou non syphilitique ; le chancre syphylitique débute après vingt jours au moins en moyenne, par une papule. La plus éclatante démonstration de ce fait a été donnée par des expérimentateurs qui ont opéré sur eux-mêmes. Lindmann s’est inoculé deux mille deux cents chancres simples. Or, après douze inoculations suivies de douze chancres simples, cet expérimentateur s’étant inoculé du pus de chancre syphilitique, a eu un chancre induré le douzième jour; quarante-cinq jours après vinrent les accidents secondaires à la peau. A la suite, il a exécuté sur lui-même le nombre prodigieux d’inoculations que nous avons rapporté. Warnery, de Lausanne (2), Danielsen, ont fourni des exemples identiques de l’inutilité des inoculations de chancres mous, par rapport à la syphilis. Un autre enseignement ressort de ces expériences, c’est

(1) Sperino, La syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennes , traduit de l’italien par A. T régal. Turin, 1853.

(2) Lasègue, De la contagion de la syphilis secondaire ( Archives de médecine , 1 858, t. I, ou 5e série, t. XI).

SYPHILIS. — TRAITEMENT

que l’organisme n’est jamais saturé par le chancre simple, puisque deux mille chancres peuvent être suivis d’un nombre indéfini de pareilles ulcérations, saris profit, et même avec la perspective de quelque grave accident causé par ces opérations. Le phagédénisme, l’érysipèle, et les suites de ces complications sont à redouter. L’immunité existât-elle après un nombre déterminé d’inoculations, que cette pratique n’en resterait pas moins inutile; mais cette immunité est tout à fait contestable. Le docteur Laval, qui était réputé syphilisé, a été soumis par Ricord à de nouvelles inoculations qui ont réussi. Le chancre induré seul donne cette immunité parce que la syphilis en résulte, et parce que ce chancre lui-même est l’indice de la saturation de l’organisme par ce principe spécifique.

L)e Bœk (de Christiania) pratique a syphilisation sur les jeunes enfants atteints de syphilis congénitale ou acquise, et s’applaudit de cette pratique.

Le professeur Sigmud (de Vienne), après avoir pratiqué la syphilisation sur un grand nombre de sujets, est arrivé à conclure que cette méthode n’a aucune efficacité réelle.

Peut-être l’avenir réserve-t-il à l’expérimentation entreprise sur les animaux et sur l’homme des succès qui n’ont point été réalisés jusqu’ici. Il est prudent, en attendant de nouveaux faits, de ne pas se lier à une méthode dangereuse pour le patient et compromettante pour le médecin.

Formulaire et indications thérapeutiques. — NOUS 110US bornerons à indiquer, d’après Melchior Robert, sans en donner la formule, les tisùnes que l’on a de tout temps employées dans le traitement de syphilis :

Tisane de gentiane.

— de houblon.

— de quassia amara.

— sudorifique.

— de Felz.

. — de Zittmann, n° 1.

— idem. n° 2.

— de Pollirii.

— d’Arnoud.

— de Vigaroux.

— de salsepareille simple.

De toutes ces boissons, les plus usitées aujourd’hui sont la douce-amère, le houblon, la gentiane et la salsepareille, mais nous ne les conseillons qu’a titre d’adjuvants.

Sirops.

Sirop. • ’ *

Sirop de gentiane 500 grammes. | Iodure de fer de A à 8 grammes.

Trois cuillerées à bouche par jour.

(Syphilis compliquée de lymphatisme et blennorrhée ancienne.)

Salsepareille hachée Eau commune

Sirop sudorifique. (Ricord.)

200 grammes. I f.aïac râpé. . .

2000 grammes. |

200 grammes.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

Macération pondant vingt-quatre heures; réduire îi moitié sur un fou doux, passer avec expression, ajouter :

Sucre blanc : ........ 1 000 grammes.

DO à 100 grammes par jour dans les tisanes.

On peut ajouter à ce sirop les préparations ferrugineuses, mercurielles ou iodurées à des doses convenables.

Sirops de Portai , de Larrey, de Cuisinier , de Pouchnrdat.

Sirop antistrumeux. (Puclie.)

Inde cristallisé 1 gram. 1 Induré de potassium 20 gram.

Tannin du Codex 10 gram. | Sirop de gentiane. , £09 gram.

Deux à trois cuillerées à bouche par jour.

Sirop d’iodhydrargyrate de potassium.

Uiiodure de mercure 15 centigr. I lodurede potassium 10 gram.

Sirop de gomme 500 gram. |

Peux cuillerées à bouche par jour dans les accidents de transition.

Sirop d’iodure de potasse ferrugineux. (Poche.)

lodure de potassium 10 gram. Eau de cannelle. 20 gram.

Tartrate ferrico-potassique 10 gram. Sirop de sucre '. . £80 gram.

De 25 à 100 grammes dans un demi-litre d’eau froide : en trois fois dans la journée.

Sirop ioduré. (Ricord.)

Sirop de salsepareille 500 gram. | lodure de potassium 10 gram.

De trois à six cuillerées à bouche par jour.

(Accidents tertiaires de la syphilis; période prodromique des accidents secondaires.)

Sirop d’iodure d'ammonium *

lodure d’ammonium 25 centigr. | Sirop de gomme 100 gram.

Employé par Gambérini et Galligo comme succédané de l’iodure de potassium.

Potion au chlorate dépotasse.

Eau distillée 150 gram. | Chlorate de potasse ù à 6 gram.

Sirop de limons 50 gram. j

(Slomat ite mercurielle. )

Pilules de profoiodure de mercure. (Ricord.)

Proloiodure de mercure) „ Extrait tliébaïque. . ,

Thridace ) ’ ® * Extrait de ciguë....

F. s. a. 00 pilules. De une à trois par jwrr.

1 grain.

G gram.

SYPHILIS. ~ TRAITEMENT

Ou remplace quelquefois l’extrait tle ciguë par 0 grammes de conserve de roses, (.'.es pilules doivent être administrées pendant la période secondaire de la syphilis.

Pilules de üupuijtren.

Sublimé corrosif /il) centigr. | Extrait de gaïae.

Extrait d’opium 50 centigr.

F. 40 pilules. De une à trois par jour.

6 grain.

Pilules de deutoiodure de mercure. (Magendie.)

Deutoiodure de mercure û centigr. j Poudre de réglisse q. s.

Extrait de genièvre 50 centigr. |

F. 8 pilules. Deux le matin et deux le soir, puis quatre le matin et quatre le soir.

Pilules d'iodure de potassium.

lodurc de potassium . . . . parties égales. | Extrait de noyer. ...... parties égaler-

F. des pilules de 20 centigrammes. De cinq à douze par jour.

Pilules de stannate d’or. (Puchc.)

Slaiiuate d’or Amidon

50 centigr.

a grain.

F. 50 pilules. De deux à quatre par jour.

Gomme arabique

Eau distillée rj. s.

\ gram.

Pilules de chlorure d’or. (Chrestieu.)

Chlorure d’or et de sodium 25 centigr. [Mucilage dégommé adragant q. s.

F. 60 pilules. Deux par jour.

Pilules (V amalgame d’or et de mercure.

Amalgame d’or et' dè mercure. . 60 centigr. 1 Conserve de roses 30 centigr.

Thridacc. . '. 20 centigr. j Poudre de réglisse ou dégommé. q. s.

F. 10 pilules. Une, deux, trois par jour.

Chaque pilule contient 6 centigrammes d’amalgame, et l’amalgame est composé de 5 centigrammes de mercure et de 1 centigramme d’or.

Ces pilules qjit été administrées par Ricord avec beaucoup de succès et à Ireshaute dose, sans provoquer la salivation. La formule différait; mais la dose de l’amalgame était la même dans chaque pilule.

Solutions.

Liqueur de VanSmeten.

Bichlorurc de mercure.

1 gram. I Alcool .

Eau pure 900 gram. |

iOO gram.

Dissoudre d’abord le bichlorurc dans l’alcool et ajouter ensuite l’eau distillée. Une cuillerée à bouche dans la tisane.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

Liqueur mercurielle normale. (Mialhe.)

Iîau distillée. . .

Sel marin.

Sel ammoniac.

1 gram.

Blanc d’œuf

Sublimé corrosif. .

500 gram.

30 centigr.

Battre le blanc d’œuf dans l’eau distillée, filtrer, faire dissoudre ensuite les trois composés salins élans I eau albumineuse et filtrer de nouveau.

Deux ou trois cuillerées à bouche par jour dans un verre d’eau sucrée.

Solution cl’iodhydrargyrate de potasse. (Puche.)

Biiodure de mercure 50 centigr. Alcoolat de safran ....

lodure de potassium . 50 centigr. Eau distillée

De 25 à 100 grammes par jour dans la tisane.

20 gram.

279 gram.

Solution de deutoiodure de mercure. (Lagneau.)

lleulo ou protoiodure de mercure. 1 gram. | Alcool à 36° h 5 gram.

Dix à vingt gouttes par jour dans l’eau sucrée.

Solution simple d’iodure de potassium.

Eau distillée. 500 gram. | lodure de potassium 20 gram.

De une à trois cuillerées par jour.

Salsepareille ioduréc.

Tisane de salsepareille 500 gram. | lodure de potassium 1 gram.

A prendre dans la journée; augmenter graduellement la dose jusqu’à 3 à h grammes et plus, si le cas l’exige.

Pommades. — Nous les employons très-rarement Celles dont nous usons le plus sont les onguents mercuriels double et simple, dans les cas où nous voulons obtenir la salivation par les frictions, ou lorsque nous voulons agir sur une tumeur ganglionnaire. Nous pansons aussi souvent le chancre induré avec la pommade au calomel. Voici, du reste, celles que l’on emploie le plus fréquemment :

Pommade au calomel.

Calomel à la vapeur 1 à 4 gram. | Gérât ou pommade de concombre. 30 gram.

Pour panser le chancre induré et certaines ulcérations secondaires dont la base est dure.

Pommade au protoiodure cl’hydrargyre .

Protoiodure d’hydrargyre 1 gram. | Axonge • • 30 gram.

Pommade au turbith minéral. (Ricord.)

lurbith minéral 1 gram. (Axonge 20 gram.

(Sypliilidcs sèches, chroniques.)

SYPHILIS. — TRAITEMENT

Pommade de goudron.

Coudron purifié 4 gram. | Axonge 30 grain.

(Syphilides squameuses. )

Pommade au stéarate de fer. (Braille.)

Stéarate de fer 40 gram. | Huile essentielle 5 parties.

(Chancres phagédéniques. )

Extrait de ratanhia Camphre

Autre.

à gram. Extrait thébaïque.

1 gram. Axonge

2 à 4 gram.

30 gram.

Sparadrap au stéarate de fer.

Savon de Marseille 2 parties. I Sulfate de protoxyde de fer. ... . 1 partie.

(Ulcérations phagédéniques. )

Gargarismes , collutoires. — îsoiis ne ferons que mentionner les gargarismes émollients à l’eau de pavot, de guimauve, d’orge miellée et de laitue.

Gargarisme opiacé.

Eau de laitue 200 gram. | Extrait thébaïque 50 centigr.

(Stomatite douloureuse, ulcérations douloureuses. )

Gargarisme antisyphilitique. (Piicord.)

Décoction de ciguë et de morelle. 250 gram. j Deutochloruré de mercure, ... 10 centigr.

(Accidents de la bouche et de la gorge.).

Eau distillée

Iodure de potassium

Gargarisme iodé. (Kicord.)

200 gram.

. 50 gram.

Teinture d’iode

(Accidents tertiaires de la bouche et du gosier.)

Gargarisme astringent.

Eau de laitue 200 gram. j Alun

Miel rosat. 30 grain, j

Autre.

Eau de laitue. 200 gram. | Borax . . .

Gargarisme contre la salivation.

tau de laitue 150 gram. I Acide chlorhydrique

Miel rosat 40 gram. |

2 à 4 gram.

5 à 10 gram.

4 a 8 gram.

15 gouttes.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

Autre gargarisme contre la salivation.

Eau 200 g ram.

Chlorate de potasse 6 *ram.

Sirop de mûres 60 gram.

(Stomatite mercurielle et ulcérations secondaires.)

Solutions pour lotions et pansements.

Solution opiacée.

Eau distillée de laitue 200 gram. | Extrait gommeux d'opium

(Chancres gangréneux, paraphimosis.)

Solution de sel ammoniac.

Eau 250 gram. | Hydrochloratc d’ammoniaque..

(Un application sur les bubons strumeux.)

Solution iodée.

’-\ gram.

250 gram.

Teinture d’iode 2 à û gram.llodure de potassium. ..

Eau distillée 200 gram.|

(Pour panser les syphilides tertiaires ulcérées.)

Eau

Eau alcaline.

200 gram. | Carbonate de soude.

iO grain.

(Plaques muqueuses.)

Lotion chlorurée, (lticord.) Liqueur de Labarraque 50 gram. | Eau distillée.

150 gram.

(Plaques muqueuses : on saupoudre la partie malade avec le calomel.)

Solution de sublimé.

Eau distillée 200 gram. | Bichlorure de mercure 10 cculigr.

(Lotions sur les plaques muqueuses; effets très-rapides.)

Autre.

Eau distillée 200 gram. I Alcool. .... q. s.

Bichlorure de mercure bOccntigr. |

(Contre les parasites. )

Solution de nitrate d'argent.

Eau distillée 30 gram. | Nitrate d’argent

50 centigr.

(Pour barbouiller avec un pinceau les parties affectées dans la balanoposlliite.)

SYPHILIS. — TRAITEMENT

Autre.

Nitrate d’argent 50 centigr. | Eau distillée lOOgram.

(Pour panser les chancres mous multiples à leur début. )

Vin aromatique , simple ou opiacé.

(Chancres simples ou phagédéniques. )

Solution de tartrate ferrico-potassique -

Eau distillée 200 gram. | Tartrate ferrico-potassique 10 gram.

Mêlez.

Deux ou trois cuillerées à bouche par jour, pures ou dans un verre d’eau sucrée. Pansement des chancres phagédéniques.

Solution d’alcoolé de (juaco. (Pascal.)

Alcoolé de guaco 20 gram. | Eau distillée 100 gram.

(Pansement des chancres simples et phagédéniques, lotions abortives, on se sert de l’alcoolé pur avec un pinceau pour pratiquer des cautérisations abortives au début du chancre.)

Bains, fumigations.

Pédiluvc mercuriel.

Deutochlorure de mercure 1 gram.

Dans un bain de pieds.

(Syphilides des pieds et du bas des jambes.)

Bain de sublimé.

Deutochlorure de mercure 10 à 16 gram.

Faites dissoudre dans :

^*co°l 120 gram.

Versez dans une baignoire de bois.

(Syphilides anciennes invétérées. )

Fumigation de cinabre.

Cinabre 8 à 12 gram.

On peut ajouter parties égales de benjoin, de sucre, etc.

Poudres.

Calomel à la vapeur.

Poudre au muriate d’or et de soude. (Chrestien.) Lycopodc ou iris lavé à l’alcool. 15 centigr. | Muriate d’or et de soude Mêlez.

5 centigr.

Divisez d’abord en 15, puis en 14, 13, 12 et même progressivement 8 parties, en commençant par les plus faibles.

On fait une fois par jour des frictions sur la langue et les gencives avec un de ces paquets. Valleix, 5e édit. i oo

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

Poudre contre les végétations.

Poudre de sabine \

Oxyde de fer ...."! { aa lx gram.

Alun calciné J

Mêlez. J

(Pour saupoudrer les végétations.)

Escharotiques.

Pute de Vienne.

(Chancres, bubons. )

Acide nitrique monohydraté.

(Chancres simples, phagédéniques, végétations.)

Nitrate acide de mercure.

(Végétations, plaques muqueuses du gosier et de la bouche.)

Acide hydrochlorique .

(Stomatite ulcéreuse mercurielle.)

Pâte carbosulfurique. (Ilicord.)

Acide sulfurique 6 gram. | Charbon pulvérisé et tamisé q. s.

Pour une pâte molle non fluide.

Conservez dans un flacon bouché à l’émeri et dans un endroit sec. Cette pâte attire avec avidité l’humidité de l’atmosphère et s’altère rapidement.

(Chancres mous, simples ou phagédéniques. )

Pâte au chlorure de zinc. (Lyon.)

Chlorure de zinc partie égale. | Farine partie égale.

Ajoutez :

Alcool q. s.

On étend cette pâte sur des bandes de sparadrap.

(Chrancres et bubons chancreux. ) ]

ARTICLE VII

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