‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 18 sur 369 · FIÈVRE TYPHOÏDE. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

FIÈVRE TYPHOÏDE. — DIAGNOSTIC

•osées lenticulaires, les symptômes abdominaux, le météorisme, les sudamina. Si, i»n effet, on trouve quelquefois ces symptômes dans les autres affections, c’est dans des cas rares, et encore ne se montrent-ils pas réunis.

Les mômes réflexions s’appliquent aux fièvres rémittentes et pseudo-continues. Quant au typhus nosocomial et au typhus fever, nous aurons à nous expliquer sur ;e point de diagnostic dans l’article suivant.

Il nous reste à donner le diagnostic de la fièvre typhoïde, de V entérite et de la fièvre simple continue , et à nous assurer que leurs symptômes diffèrent, à toutes ■es époques, de ceux de la fièvre typhoïde.

Dans l 'entérite, la diarrhée est plus considérable et cède avec une extrême prompitude; les douleurs de ventre sont également plus intenses et plus promptement ■nlevées. Il y a, dans un certain nombre de cas, du ténesme. Le météorisme manque presque constamment, et, s’il existe, il est léger et disparaît promptement. ..a rate n’est pas tuméfiée. Dans la majorité des cas, l’appétit n’est pas perdu. La angue est à peine blanchâtre. Le pharynx est à l’état normal. La céphalalgie n’existe oresque jamais, et, dans le cas contraire, elle est légère. Pas de somnolence; inelligence intacte ; pas de prostration, ni d’éblouissements, ni de spasmes, ni de jourdonnements d’oreille. Ouïe et vue à l’état normal. Ni épistaxis, ni sudamina, n taches rosées lenticulaires. A peine quelques légers frissons dans quelques cas; >eu ou point de chaleur. Pouls de 50 à 70 pulsations, rarement à 80. Durée de rois à quatre jours à partir de l’entrée des malades à l’hôpital. L’entérite attaque ous les âges ; ne cause pas la mort. Nous n’avons pas besoin de rappeler les symptômes de la fièvre typhoïde pour montrer combien ils diffèrent. Nous les mettrons en regard de ceux que nous venons d’énumérer, dans le tableau synoptique.

Les signes diagnostiques de la fièvre simple continue ont été notés avec soin par I. Davasse (1). Nous indiquerons rapidement les principaux : Dans la fièvre simple continue, le pouls est plein, fréquent, d’une régularité parfaite à toutes les ipoques de la maladie; la chaleur de la peau n’est jamais acre ni brûlante; pas de stupeur ni de prostration considérable; pas de taches rosées lenticulaires ; langue seulement blanche ou jaunâtre ; pas de fuliginosités ; symptômes abdominaux nuis ou égers ; frissons nuis ou rares et légers ; début brusque ; guérison sans convalescence.

l’eus a exposé ainsi qu’il suit le diagnostic différentiel de la peste et de la fièvre yphoïde (2) :

« Dans la fièvre typhoïde il y a des prodromes, il n’y en a point dans la peste ; lans la fièvre typhoïde il y a de la diarrhée, il n’y en a point dans la peste; dans la ièvre typhoïde il y a des taches lenticulaires, il n’y en a point dans la peste; dans i fièvre typhoïde, il y a du météorisme et du gargouillement dans la fosse iliaque roite, il n’y en a point dans la peste.

» Dans la peste il y a des bubons, les bubons sont très-rares et tout à fait excepionnels dans la fièvre typhoïde ; dans la peste il y a des pétéchies, elles sont rares ans la fièvre typhoïde; dans la peste il y a engorgement des ganglions lvmphaiques de tout le corps, ecchymoses dans le péricarde, dans les plèvres, etc. ; dans

(1) Des fièvres éphémère et synoque, thèse. Paris, 1847.

(2) Rapport ii l’Académie de médecine sur la peste {Bull, de l’Acad. de méd., Paris, 1847, XII, p. 1042).

FIÈVRES

la fièvre typhoïde, engorgements des ganglions mésentériques seulement, accidentellement dans les autres parties; éruptions et ulcérations intestinales. »

Il me resterait maintenant à parler de certaines phlébites, de la résorption purulente; mais, dans la grande majorité des cas, le point de départ de ces maladies étant dans une blessure, une plaie quelconque, il n’y a pas d’erreur à craindre; et, pour les autres, il suffira de recourir à I article Infect ion purulente (1).

Enfin, ainsi que nous l’avons dit plus haut, il est des cas de fièvre typhoïde latente , et, dans quelques-uns de ces cas, quelle que fût leur bénignité apparente, on a vu survenir un accident mortel : la perforation intestinale. 11 est évident que la plupart des symptômes manquant, ces cas offrent toujours de grandes difficultés. Cependant on peut arriver au diagnostic en tenant compte de la longue durée des symptômes ; il faut soupçonner une fièvre typhoïde quand il y a un mouvement fébrile dont aucune lésion appréciable ne rend compte, quand il dure plus de huit ou dix jours, et cela quelque léger qu’il soit.

TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC

1° Signes distinctifs de la fièvre typhoïde et de ï entérite simple.

FIÈVRE TYPHOÏDE

Diarrhée médiocre ; de longue durée.

Douleurs de ventre •peu intenses; durent longtemps.

Pas de ténesme.

Météorisme .

Rate tuméfiée; parfois douloureuse.

Anorexie.

Langue sèche, brune, fendillée, etc.

Pharynx offrant souvent des lésions.

Céphalalgie constante.

Prostration, somnolence ; éblouissements, bourdonnements d’oreille; spasmes, épis taxis. Taches rosées lenticulaires, sudaminu.

Appareil fébrile plus ou moins intense.

Durée toujours plus ou moins longue.

Mortalité toujours notable.

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