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RACHITISME

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

On donne le nom de rachitisme à une altération particulière des os propres à l’enfance, d’où résultent des changements dans le volume de ces parties, des déviations, un arrêt de l’ossification, qui, joints à une altération de l’économie tout entière, constituent l’ensemble de la maladie.

Cette affection a reçu également les noms de rakitis, raehitis, englische Krankheit (ail.). Elle peut être rangée parmi les maladies chroniques assez fréquentes qui atteignent la seconde enfance.

§ II. — Causes.

Rufz (1) a étudié avec soin l’étiologie du rachitisme. Nous lui ferons de nombreux emprunts.

Il est bien rare que celte affection se manifeste avant \'âge de six mois ou un an. Cependant on connaît quelques exemples d’enfants rachitiques à leur nais-

(1) Rufz, Ilech. sur le rachitisme chez les enfants ( Gazette méd ., février 1834).

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

sauce. Guersant (1) lésa rassemblés. A six mois, et même à un an, les faits de rachitisme sont encore assez rares, et c’est dans le courant de la deuxième année que se manifestent principalement les premiers symptômes. Bien rarement l’affection commence au delà de trois ou quatre ans.

N résulte des recherches de Rufz que les idées qu’on s’était faites généralement sur l’influence de la constitution ne sont pas très-exactes, et que les attributs du tempérament lymphatique, tels qu’ils sont exposés par les auteurs, ne sont pas ceux qui se rencontrent le plus souvent chez les rachitiques.

La mauvaise alimentation, le sevrage prématuré, le défaut des soins hygiéniques, l’habitation dans les lieux froids et humides, la misère, toutes les causes qui peuvent débiliter la constitution , sont rangés parmi les causes prédisposantes du rachitisme. « Sur cent enfants rachitiques, quatre-vingt-dix-huit, dit Trousseau (‘2), n’ont point été allaités ou ont été prématurément sevrés. » J. Guérin (3), dans des travaux que nous aurons à citer plus Ipin, a démontré par les faits que le régime trop exclusivement animal est chez les enfants une des causes principales du rachitisme, et il en est résulté pour lui une conséquence toute naturelle relativement au traitement. Nous l’indiquerons plus loin.

Rien 11e peut nous porter à penser que le rachitisme résulte d’une grossesse pénible, d’un accouchement prématuré, d’une fécondité épuisée à cause du nombre des enfants, de l’influence de vieux parents, d’un vice héréditaire de famille ou de quelque transformation du vice scrofuleux, toutes causes assignées au rachitisme. (Rufz).

L’influence d’un mauvais vaccin ne saurait être regardée comme une cause réelle de la maladie.

La mauvaise alimentation paraît être la cause la plus importante.

§ III. — Symptômes.

Incubation du rachitisme. — Celte période manque très-rarement, c’est ii peine si l’on peut citer trois ou quatre cas où il en soit ainsi. Très-fréquemment elle succède à une maladie grave et de longue durée. En pareil cas, les enfants, qui paraissaient entrer en convalescence, ne se remettent pas complètement ; ils restent tristes, abattus; leur embonpoint 11e revient pas; ils sont faibles, suent au moindre exercice. [Les digestions sont troublées, il existe de la diarrhée, et les urines, en se refroidissant, laissent au fond du vase un dépôt calcaire abondant. Ils présentent, en un mot, tous les signes de la langueur générale. Chez un certain nombre de sujets, ces phénomènes, qui caractérisent la période d’incubation, se manifestent sans avoir été précédés d’une maladie plus ou moins grave, et c’est surtout alors qu’il faut rechercher si l’alimentation est insuffisante ou mauvaise (5).] « Trousseau (5) attache une grande importance à l’arrêt de Y évolution dentaire

(l) Guersant, Dictionnaire de médecine. Paris, 1843, art. Rachitisme, t. XXVI I .

^2) Trousseau, Journal des connaiss. méd.-chir., 15 mai 1852. ;

(3; .Iules Guérin, Mém. sur les caractères généraux clu rachitisme , lu a l’Académie de médecine, le 1 7 juillet 1837 {Gazette méd., 1839). . ■ IV

A) Guérin, Recherches. — Bouvier, Bulletin de l' Acad, de méd. Paris, 18o.l, t. 1\, p. oJ, et Leçons cliniques sur les maladies de l’appareil locomoteur. Paris, 1858.^

(5) Trousseau, Clinique médicale de V Hôtel-Dieu, 2e édit. Paris, 1865, t. III. Noy.

Bevlard , Du raehitis, de la fragilité des os et de V ostéomalacie. Paris, 18;i2, in-'i" avec 8 pl.

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