‹ Guide du médecin praticien (volume 3)Chapitre 186 sur 369 · RACHITISME. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

RACHITISME. — SYMPTÔMES

comme manifestation (lu rachitisme; pour lui, un enfant d’un au qui soutire des dents, et chez qui elles n’apparaissent pas, est sous le coup de la maladie.

Période de déformation. — Cette période est celle qui a attiré spécialement l’attention, parce qu’alors les signes deviennent évidents.

Le rachitisme se manifeste d’abord par la tuméfaction des articulations. Les épiphvses des os longs, et principalement des poignets, des genoux et de chaque cou-de-pied, se gonflent et forment des espèces de nœuds; ce qui fait dire dans le vulgaire que les enfants s<‘ nouent.

■ Puis viennenl les de for mations, qu’il serait trop long de décrire en détail, et qu’on peut indiquer d’une manière générale. Les os longs se courbent, se tordent, se dévient de leur direction naturelle. Ce n’est pas toujours, à beaucoup près, l’exagération de la courbure normale; très- fréquemment, au contraire, il y a courbure en sens opposé.

Les côtes se redressent; le sternum est porté en avant et fait saillie comme celui des oiseaux; parfois il offre des dépressions, ainsi que les os du bassin, qui sont déviés dans des sens très-divers; il en est de même de la colonne vertébrale, dont les déviations ont été l’objet d’études toutes spéciales (1), et qui, par conséquent, ne doivent pas nous occuper davantage. Il nous suffit de dire que, par suite de ces déformations, les parois des cavités splanchniques peuvent avoir subi des modifications qui gênent les fonctions des organes internes, et que les membres peuvent être déviés au point de gêner beaucoup les mouvements.

Il faut faire une exception en faveur de l’encéphale, car Ilufz a remarqué que jamais les rachitiques n’ont présenté quelque symptôme qui puisse être rapporté à une altération de l’organe encéphalique. Cependant le crâne, chez les rachitiques, est volumineux, et les os de la face eux-mêmes acquièrent parfois un excès de volume.

Les symptômes du côté de lu poitrine sont, au contraire, souvent remarquables, et ils le sont d’autant plus, que les déviations de la colonne vertébrale et des côtes sont plus considérables. Rufz décrit ainsi ces symptômes :

« La gène de la respiration est extrême. La respiration, même dans l’état normal, se fait en grande partie au moyen du diaphragme.

» Cette gène de la respiration imprime au faciès des petits malades un caractère particulier; ils ont les yeux largement ouverts, les narines fréquemment dilatées, la bouche demi-béante, et le teint pâle avec une nuance violacée.

-> La toux de ces petits malades est empêchée; elle a lieu par une ou deux secousses très-faibles ; ils ne crachent pas comme tous les enfants.

» La percussion et l’auscultation appliquées à l’étude de leurs maladies ne nous ont offert aucun résultat particulier. »

Le même auteur, poursuivant l’examen des autres fonctions, s’exprime comme il suit :

«< Le seul symptôme des affections abdominales qu’il a été facile de bien apprécier a été la diarrhée. Cette diarrhée n’a jamais paru très-abondante, et n’a offert aucun caractère particulier.

(I) Guérin, Recherches , etc. — Bouvier, Bulletin de l'Acad. de raid. Paris, 1830, l. IV, P- 59, et Leçons cliniques sur les muludies de L'appareil locomoteur. Paris, 1858.

Valleix, 5e édit.

MALADIES CONSTITUTIONNELLES

» Le développement naturel de l’abdomen s’oppose à une appréciation exacte du météorisme et de la sensibilité de cette partie.

» Les rachitiques ne vomissent pas plus souvent que les autres enfants : ils n’offrent ni dans leur appétit, ni dans leur soif, rien de particulier; mais la plupart ont le pouls peut-être plus fréquent que chez les enfants ordinaires, et ils présentent surtout une disposition à la sueur d’autant plus remarquable, que cette sécrétion est très-rare dans les maladies des jeunes enfants. »

§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

Nous avons dit qu’il existe une période d'incubation , suivie d’une période de déformation. Celle-ci, ainsi que l’a très-bien fait remarquer J. Guérin, peut avoir une marche aiguë ou une marche chronique , et l'on voit même souvent celte dernière marche succéder à l’état aigu.

La durée n’a rien de fixe; en général, elle est de plusieurs mois, et quelquefois elle est fort longue.

La terminaison par la mort n’est pas la plus fréquente. Lorsqu’elle a lieu, les os se ramollissent toujours, la déformation augmente sans cesse. Les enfants s’affaiblissent de plus en plus, ils pâlissent; leurs chairs deviennent molles et fiasques; ils maigrissent beaucoup. Ils présentent souvent un œdème plus ou moins étendu, puis survient une affection abdominale ou pectorale à laquelle ils succombent. Dans les cas, au contraire, où s’opère la guérison, la constitution se raffermit, l’appétit revient, la gaieté renaît, et bientôt les enfants présentent une très-bonne santé, en conservant toutefois les déviations qui se sont opérées dans les os. Ceux-ci, comme l’anatomie pathologique l’a démontré, acquièrent une consistance plus grande qu’à l’état normal. Aussi Guérin a-t-il fait de celte terminaison une période particulière sous le nom de période d'éburnation.

§ V. — Lésions anatomiques.

Les lésions anatomiques ont été étudiées avec le plus grand soin par Ruiz, j. Guérin, Beylard (1), Bouvier (2), [Broca (3) et Lebert (4)]. Nous en donnerons une description succincte :

« 1» La texture desos rachitiques, dit Guérin, offre descaractères tout à fait différents, suivant qu’on les observe pendant la période A' incubation du rachitisme , pendant sa période de déformation , pendant sa période de résolution, differents au commencement et à. la fin de chacune de ces périodes, différents enfin suivant les degrés et V ancienneté de l’affection.

» 2U Pendant la période d’incubation du rachitisme, il se fait un épanchement de matière sanguinolente dans tous les interstices du tissu osseux, dans les cellules du tissu spongieux, le canal médullaire, entre le périoste et l’os, entre les lamelles

H) j. Guérin, Mémoire sur les caractères généraux, et Beylard, /oc. cit.

(2) Bouvier, Leçons cliniques sur les maladies chroniques de l’appareil locomoteur.

PaI(B) ^Broca, Recherches sur quelques points de l’anatomie patho/og. du rachitisme (Bull. Soc. anat., 1852).

' pebert. Traité iPanatomicpatholog ., 1 8S1 , t. H, p. 509 et 585, pl. LIAVIIJ, CLXIX.

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